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L'intouchable Tadej Pogačar remporte son deuxième Tour de France

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Tadej Pogačar a remporté la Grande boucle pour la deuxième année consécutive, à l'issue de la dernière étape ce dimanche 18 juillet sur les Champs-Elysées. Le jeune slovène a fait sensation mais suscite aussi la polémique.

Tadej Pogacar remporte son deuxième Tour de France d'affilée. Tadej Pogacar remporte son deuxième Tour de France d'affilée.
Tadej Pogacar remporte son deuxième Tour de France d'affilée. © AFP - Anne-Christine POUJOULAT

À 22 ans, Tadej Pogacar (UAE) a remporté son deuxième Tour de France dimanche 18 juillet après une première victoire surprise en 2020. Solide maillot jaune, avec plus de cinq minutes d'avance sur son premier poursuivant, vainqueur de trois étapes dont deux dans les Pyrénées, le Slovène endosse également le maillot blanc et le maillot à pois. "C'est déjà incroyable de monter sur un podium au Tour. Le jaune a toujours été la priorité. Ce qui arrive en complément, c'est simplement un gros bonus", a commenté le coureur, après l'arrivée à Luz-Ardiden le 15 juillet. Des performances remarquables qui ont suscité la suspicion et alimenté les rumeurs de dopage.

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Un succès prévisible

Chez les juniors, le Slovène figurait déjà parmi les meilleurs de la catégorie, rappellent toutefois ses défenseurs. Tadej Pogacar, qui a commencé le vélo à l’âge de 8 ans dans un club de Ljubjana, a notamment remporté en 2018 le Tour de l'Avenir, l'épreuve de référence dans la catégorie espoirs. Quatrième du tour de Tour de Slovénie à 19 ans, vainqueur du Tour de Californie l’année suivante, il a terminé troisième de la Vuelta, son premier grand tour, en gagnant trois étapes, en 2019, lors de sa première saison dans le peloton de l'élite.

Avec ce deuxième succès sur le Tour, le Slovène rejoint des coureurs du calibre de Fausto Coppi (1949, 1952), Bernard Thévenet (1975, 1977), Laurent Fignon (1983, 1984) ou encore Alberto Contador (2007, 2009).

Une équipe au passé trouble

Dans le contre-la-montre , Tadej Pogacar a battu l'un des spécialistes de la discipline, le champion d'Europe en titre, le Suisse Stefan Küng. Dans la première étape de montagne, il a réalisé une montée-record des deux derniers cols bien que les références soient limitées sur l'enchaînement Romme-Colombière. Une domination écrasante, suspecte pour ses détracteurs.

"Ce sont des questions inconfortables car l'histoire du cyclisme n'a pas été rose, mais je comprends totalement pourquoi il y a toutes ces questions", a réagi le cycliste ors d'une conférence de presse organisée par son équipe à l'occasion de la seconde journée de repos. "Je n'ai pas préparé mes réponses. J'aime monter sur mon vélo et peu importe ce que ça implique, je l'accepte", a-t-il ajouté, justifiant son choix de ne pas publier ses données de performance : "Si tu partages tes données, ça peut influencer la tactique. D'autres équipes peuvent voir quelle est ta limite sur certains terrains".

Les plus suspicieux pointent également du doigt son équipe, UAE, l'une des plus argentées du peloton, qui bénéficie du soutien de la puissante compagnie aérienne Emirates et est dirigée par Mauro Gianetti et Matxin Fernandez, deux anciens responsables de la sulfureuse et défunte équipe Saunier-Duval dont les chefs de file ont tous eu maille à partir avec les autorités antidopage (Ricco, Piepoli, Cobo, Mayo) à la fin de la décennie 2000. Son directeur sportif Andrej Hauptman a pour sa part été recalé au départ du Tour de France 2000 pour un hématocrite supérieur à la norme.  

Pogacar paye aussi son identité slovène, un pays au cœur de l'affaire Aderlass, (un réseau de dopage mis au jour en 2019, d'abord en Autriche puis dans d'autres pays dont la Slovénie). Toutefois son nom n'a jamais été cité dans cette affaire de dopage sanguin qui a touché plusieurs sports.

"La suspicion, grand sujet du cyclisme d'aujourd'hui"

Tous les contrôles antidopage subis par le coureur durant cette édition de la Grande boucle se sont d'ailleurs révélés négatifs. "Je n'ai pas de raison de douter du résultat", a déclaré le président de l'Union cycliste internationale (UCI) David Lappartient. "La suspicion est le grand sujet du cyclisme d'aujourd'hui", a pour sa part commenté le président du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), Roger Legeay, auprès de l'AFP. "On voit bien que les contrôles sont faits (...) Mais la suspicion reste et il faut la diminuer, la réduire le plus possible". Le MPCC, en pointe sur l'antidopage, demande à ses adhérents de respecter des règles plus strictes que celles en vigueur. Lancé en 2007 sur la base du volontariat, il regroupe notamment 14 des 23 équipes participant au Tour. Parmi les neuf équipes qui n'en sont pas membres figurent plusieurs des formations les plus performantes du peloton, dont celle de Tadej Pogacar, UAE. 

"Comment faire pour chasser la suspicion ?", a poursuivi Roger Legeay. "Cela ne passera pas par les contrôles puisqu'ils sont faits. Les seuls qui peuvent faire quelque chose de plus sont les patrons des équipes, les responsables directs ou les sponsors". "Pour notre part, nous n'avons jamais été pris en défaut même si on peut regretter que des équipes aient quitté le MPCC", a-t-il conclu.  

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