Football

À 10 contre 11, l'ASSE ne bat pas Nancy et Galtier accuse le "terrain de merde" du Chaudron

Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu jeudi 22 décembre 2016 à 0:38

Christophe Galtier, coach de l'ASSE
Christophe Galtier, coach de l'ASSE © Maxppp - Maxppp

Il n'avait pas gratifié les médias d'une sortie virulente depuis longtemps. Cadeau de Noël avant l'heure avec la charge de Christophe Galtier contre les services techniques de Saint-Étienne Métropole, responsables selon lui de la pelouse médiocre, des blessures et du jeu triste depuis début août.

Soirée mouvementée pour les Verts mercredi pour la 19e journée de Ligue 1 dans le Chaudron. L'ASSE a d'abord concédé le point du match nul (0-0) face à Nancy, alors que les Lorrains ont joué à 10 pendant la dernière demi-heure de jeu. Les Verts ont été plutôt bons mais n'ont jamais réussi à trouver la faille. Un résultat qui place les Stéphanois à la 8e place du championnat avec 26 points, alors que débute la trêve hivernale. Il faut remonter à la saison 2012-2013 pour trouver trace d'aussi peu de points avant les vacances de Noël.

Derrière la défaite, le coup de gueule

Il y a eu le coup de gueule de Christophe Galtier, des mots très forts pour fustiger l'état de la pelouse ce mercredi soir et depuis des semaines. Des propos qui pourraient viser Jean-Jacques Fradin ou Christophe Chavanne, responsables de Geoffroy-Guichard pour Saint-Étienne Métropole.

"Ça fait six mois que je ferme ma gueule et ça fait six mois qu'on a un terrain de merde"

— Christophe Galtier, entraîneur de l'AS Saint-Étienne

La charge de Christophe Galtier contre les responsables de la pelouse

"Ça fait six mois que je ferme ma gueule et ça fait six mois qu'on a un terrain de merde. Même l'UEFA se plaint de notre terrain. Je suis même obligé de me priver de certains entraînements les veilles de match de l'Europa League. Tous les gens qui se disent connaisseurs, soi-disant supporters de l'ASSE, qui critiquent le jeu et qui travaillent à Saint-Étienne Métropole et qui sont responsables du terrain et qui sont capables de dire "avec ce que l'on voit ça donne pas envie de faire plus pour le terrain".

"Ce terrain-là est indigne d'un terrain de Ligue 1, indigne d'une équipe européenne"

— Christophe Galtier, entraîneur de l'AS Saint-Étienne

"Ce terrain-là est indigne d'un terrain de Ligue 1, indigne d'une équipe européenne. On vient de jouer 30 matches. Je sais pourquoi on a des blessés. Parce qu'on joue beaucoup, mais c'est un terrain qui pose de gros problèmes à la fois pour jouer et à la fois sur l'aspect physique. Puisque personne ne veut l'ouvrir, c'est moi qui vais l'ouvrir. Et quand ils en auront marre, je quitterai Saint-Étienne. C'est une honte. J'en appelle aux responsables, et non pas aux jardiniers qui souffrent pour que notre terrain soit bon, pour qu'ils y mettent plus de moyens et qu'ils nous rendent un terrain digne de ce nom, digne d'un club européen, digne d'une équipe qui joue l'Europe depuis trois saisons."

"Quand ils en auront marre, je quitterai Saint-Étienne. C'est une honte."

— Christophe Galtier, entraîneur de l'AS Saint-Étienne

La pelouse : un écran de fumée ?

Christophe Galtier a procédé à sa défense dans le procès que lui font les supporters et les médias, rendu plus vif encore, il le sait, par ce nul face à Nancy. Alors il prend les devants, en visant un domaine auquel il est totalement étranger : la pelouse. Personne ne peut le tenir responsable de son état et s'il parvient à convaincre que c'est elle qui est à l’origine des blessures et du faible niveau de jeu, le coach gagnera un peu de temps. C'est la sortie d'un technicien qui sait trop bien que beaucoup de questions sur son maintien à la tête du club se posent et qui a besoin de contre-feux, comme sait si bien en allumer José Mourinho dont il croisera la route, si tout va bien, en février. Emporté dans son élan, il fait même référence pour la première fois à un départ. En résumé, "si cela vous gêne que je parle, faites- moi partir". Mais il sait pertinemment que si on lui demande de s'en aller ce ne sera pas pour ses coups de gueules, mais pour ses résultats.