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Dossier : 100% AJA

AJA : "Mon rêve, c'est d'aller en Ligue 1" clame le coach Jean-Marc Furlan avant le début de saison

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Par , France Bleu Auxerre

La reprise, les angoisses liées à la crise sanitaire, le mercato, la pression sur ses épaules d'entraîneur, son ambition de monter en L1 : le coach de l'AJA Jean-Marc Furlan s'est confié à France Bleu Auxerre peu avant le début du stage (11-18 juillet) de pré-saison à Munster (Haut-Rhin).

Avec un groupe de joueurs qu'il estime meilleur que l'an passé, l'entraîneur de l'AJA, Jean-Marc Furlan, ambitionne de monter en L1 pour sa deuxième saison sur le banc icaunais.
Avec un groupe de joueurs qu'il estime meilleur que l'an passé, l'entraîneur de l'AJA, Jean-Marc Furlan, ambitionne de monter en L1 pour sa deuxième saison sur le banc icaunais. - Crédit photo : AJA

Comment allez-vous ?

Ça va très bien, notamment depuis la reprise de l'entraînement fin juin. C'est satisfaisant d'avoir pu reprendre notre passion, au-delà d'être notre métier. Et ça fait plaisir d'avoir retrouvé les joueurs après une telle période. On est passé par différents (il hésite)… Comment dire, différents états d'âme ou humeurs variées. Je crois que c'est un peu pareil pour tous les métiers. En ce qui me concerne, je pensais reprendre la saison qui était en cours et faire les dix derniers matches. Après, il faut se plier à l'avis de nos gouvernants. Ceci étant, on était assez stressés et tendus à l'idée de reprendre. Il y a aussi cette crainte : comment toutes nos professions vont pouvoir se tirer de ce mauvais pas, à la fois sur le plan économique et sur le plan sanitaire ? 

La période est encore un peu stressante pour tout le monde

Donc c'est vrai que la période est encore un peu stressante pour tout le monde. Mais ce qui nous ferait plaisir, vraiment, c'est de donner du bonheur aux gens. C'est le sens que je donne à mon métier. Ma passion, c'est déjà de faire bénéficier aux joueurs de périodes très agréables. Surtout en Ligue 2, pour leur permettre de faire une carrière de dix ou 12 ans, parce que ce que le peuple français sait peu, c'est qu'en L2, tu fais quatre ans et demi de carrière en moyenne, pas comme les joueurs du PSG, Marseille ou Lyon. On a donc des joueurs très stressés et angoissés quant à leur présent et avenir. Le sens premier de ma mission, c'est de les faire grandir et de les faire durer. Et puis, mon second but, c'est de donner du plaisir aux gens. Qu'ils viennent et aient envie de voir des matches de football, de boire des bières ensemble, de partager des choses (on lui souffle l'expression de passeur d'émotions). Oui, exactement. C'est une belle expression, passeur d'émotions. Tiens, je n'avais pas pensé à ça. C'est pas mal, c'est bien dit.

Comment trouvez-vous vos joueurs et comment ont digèrent-ils, physiquement et psychologiquement, la crise sanitaire toujours en cours ? 

La Fédération Française de Football et la Ligue de Football Professionnel ont demandé un suivi sur le plan psychologique, parce que n'importe quel citoyen, après une crise sanitaire de ce type et le confinement qui en a découlé, peut se retrouver en détresse. Pour nous, le football reste une passion, un grand plaisir. Et ce que j'ai ressenti, c'est que les joueurs étaient très heureux de retoucher au ballon et de rentrer sur le terrain. Après, il y a une très forte angoisse liée à la maladie et à la crise sanitaire. Et ça, on le voit dans les réponses au questionnaire distribué par les médecins de Ligue 1 et Ligue 2 à destination des joueurs. 

La reprise est beaucoup plus passionnante que ce que j'ai connu l'année dernière

Mais ce qui est magique avec les footballeurs et les sportifs en général, c'est que lorsqu'ils se retrouvent sur le pré, comme on dit chez nous dans le Sud-Ouest pour le rugby, ils se lâchent. Ils sont heureux, ils échangent. Moi, en tant qu'entraîneur, j'ai voulu, après quatre mois d'arrêt, faire une reprise volumineuse, mais pas dangereuse pour les joueurs. C'est-à-dire une reprise assez analytique avec le ballon, mais pas d'opposition avant huit ou dix jours, pour leur faire reprendre des repères sans qu'il y ait de blessure. Parce que quatre mois sans jouer, c'est beaucoup. Normalement, c'est juste 20 ou 25 jours d'arrêt. Mais pour être clair, cette reprise est beaucoup plus passionnante, beaucoup plus intéressante que ce que j'ai connu l'année dernière, où il y avait un groupe très traumatisé, très tendu, très nerveux. Il y a beaucoup plus de joie et d'enthousiasme. Mais ce qui est dommage, c'est que l'on ne peut pas encore le partager avec le public auxerrois à l'entraînement à l'Abbé-Deschamps. C'est regrettable, mais ça viendra. 

L'une des satisfactions de la reprise, c'est ce groupe qui a rapidement été étoffé par de nombreuses recrues… 

Oui, on a vraiment travaillé en très bonne coordination depuis de nombreux mois avec la direction, Cédric Daury (le directeur sportif), le président et les recruteurs. Pour préparer la saison, Cédric m'avait demandé des points de repères, des ancrages pour le recrutement, avec des fondements que j'estime très importants. Même si je suis conscient que dans le football, chacun à son avis. Prenez n'importe quel être humain, homme ou femme de 7 à 77 ans, il a sa certitude sur le foot. Mais il faut savoir que plus tu entraînes dans le très haut niveau, plus tu t'appelles Guardiola ou Ancelotti, et moins tu dis que tu sais ! Plus tu vieillis et plus tu coaches dans le haut du panier et moins tu dis que tu connais le foot ! Tu te remets toujours en question, c'est ça qui est magique. Le football, c'est à l'image de la vie, c'est pareil. Comme disaient certains théoriciens, c'est le paradigme de la politique et c'est très complexe. 

Il y aurait une possibilité de faire venir un défenseur central en plus pour ce mercato

Pour en revenir au groupe et au travail effectué avec Cédric, on a effectivement fixé des repères, avec de nombreuses réunions, pour décider ce dont on avait besoin. Et ce qu'il y a de bien, c'est qu'en plus, la plupart des joueurs se connaissent bien. Les recrues, ceux qui étaient là avant… Donc, je croise les doigts pour qu'on ait du bonheur, tous ensemble. Les supporters, l'environnement, les gens qui aiment l'AJA. Je croise les doigts parce qu'on ne sait jamais à l'avance. Mais l'investissement et le plaisir à l'entraînement, depuis le début, il est très net. 

Avez-vous le groupe qu'il vous faut avant d'attaquer la saison ? Ou y a-t-il encore besoin d'ajustements au niveau du mercato ?

Il peut y avoir des opportunités à saisir, on en parle avec le président Graille, Monsieur Zhou (le propriétaire), ou Cédric Daury. Mais par rapport à ce que l'on avait fixé avec Cédric et le staff, j'aurais souhaité quatre défenseurs centraux. Il y aurait peut-être une possibilité de faire venir un défenseur central en plus pour ce mercato, mais c'est tout. Rien d'autre par rapport à ce que l'on s'est dit avec le directeur sportif. Sauf, comme je l'ai dit, en cas d'opportunité flagrante qui nous tomberait dessus et que l'on serait obligé de saisir. L'idée, ça serait peut être d'avoir un joueur de plus, mais on ne veut pas forcer les choses et aller au tampon.

Qu'attendez-vous de ce stage de pré-saison à Munster, et de la suite de la préparation ?

Je suis beaucoup dans l'observation pour savoir comment les joueurs vont digérer les quatre mois d'arrêt de football. Déjà, j'ai modifié mes plans de travail. L'intensité s'élève à partir du stage, pendant 15 jours. Mais surtout, je vais voir comment les gens vivent ensemble, quelles sont les interactions entre les joueurs… C'est très important. Mais j'insiste sur les quatre mois d'arrêt. C'est la première fois que l'on vit ça. Depuis que je suis dans le football professionnel, depuis l'âge de 15 ans, je n'ai jamais vécu ça. Aura-t-on des matches à huis clos, ou avec 5 000 spectateurs maximum ? Cela fait partie des interrogations, mais il va falloir s'adapter. D'ailleurs, les gens qui sont forts, ce ne sont pas les plus intelligents, mais ceux qui savent le mieux s'adapter. Surtout en matière de football, c'est souvent ce que je dis aux joueurs. On peut l'appliquer aussi dans la vie de tous les jours. Comment tu t'adaptes vite, comment tu sais rebondir, être heureux, donner de la joie aux gens en étant dynamique… 

Avec moi, ce sera une forte identité AJA, une identité de vie, et de jeu

Pour en revenir à ce qui m'intéresse dans cette préparation, c'est que tout le monde soit en bonne santé, qu'il n'y ait pas de blessé, de façon à ce que l'on fasse monter une mayonnaise, une dynamique très importante, collective, de groupe, pour donner une image forte. C'est ce qui m'importe. Bien évidemment, les gens disent qu'il faut gagner. Mais nous, implicitement, on veut tous gagner ! Mais avec quel état d'esprit, quelle identité ? Avec moi, ce sera une forte identité AJA, une identité de vie, et de jeu. C'est ce qui me plaît le plus. 

Avez-vous encore plus de pression pour votre deuxième année en tant qu'entraîneur de l'AJA, avec l'objectif affiché de monter en L1 ?

Oui, on a toujours plus de pression. Parce que la première année, on ne t'en met pas, ou moins. Et puis en plus, il faut savoir que pour nous, coaches, la précarité est plus qu'extrême. Tu n'as plus de vie d'entraîneur. D'ailleurs, c'est un gros problème dans notre société de football. Un entraîneur qui reste quatre, cinq, six ans dans un même club, ça n'existe plus. T'es toujours à te dire : "Quand est-ce que je vais me faire dégager ?" 

Mon ambition, c'est d'aller en Ligue 1

Effectivement, t'as la pression. Sauf que quand tu as 62 ans comme moi, et que tu as à peu près plus de 45 ans de vie de professionnel derrière toi, pour t'ébranler, il faut quand même s'y mettre ! Tu sais tout ce que tu risques. Tu sais que tu peux être viré du jour au lendemain, mais tu sais aussi que tu peux réussir. Et tu as des objectifs que tu te fixes. L'un d'eux, pour moi, c'est de réussir à séduire les gens. Mais attention hein, mon ambition, c'est d'aller en Ligue 1. Mon rêve, c'est d'aller en Ligue 1. Des fois, dans l'entourage du club, on me parle des jeunes. "Oui, mais les jeunes…" Et je réponds : occupez-vous des jeunes, moi je m'occupe de voir comment je vais monter en Ligue 1. Avec ou sans jeune, tu vois ! S'il y en a un très bon, il va jouer. Donc oui, j'ai la pression. Mais la différence, c'est que j'ai un tel vécu dans ce championnat français de Ligue 1 et Ligue 2, à la fois en tant que joueur et entraîneur... Pfiouuuu (il soupire)… Ça va, ça coule sur moi, je te le dis de suite ! Ça ne m'effraie pas du tout. C'est surtout moi qui me mets personnellement la pression. Plus que l'environnement.

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