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Conflit Mediapro / LFP : "Des risques de faillite" selon Pierre Maes, spécialiste des droits TV

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Par , France Bleu Hérault

Le football français est toujours dans l'attente d'une issue positive au bras de fer engagé par Mediapro avec la Ligue de Football Professionnel. Le groupe espagnol, détenteur de la majorité des droits télé pour la Ligue 1 et la Ligue 2, met en péril l'avenir financier des clubs professionnels.

Mediapro détient la majorité des droits tv de la Ligue 1 et de la Ligue 2 pour la période 2020-2024
Mediapro détient la majorité des droits tv de la Ligue 1 et de la Ligue 2 pour la période 2020-2024 © Getty - Oscar J. Barroso

Alors que Mediapro n'a pas pas réglé la deuxième traite du 5 octobre dernier (172 millions d'euros) et que le groupe espagnol n'a pas l'intention de régler la prochaine, le 5 décembre, puisqu'il a d'ores et déjà annoncé vouloir renégocier le tarif, le football professionnel est plus que jamais inquiet. Pour l'heure, la LFP joue les pompiers de service, en contractant des prêts afin de soulager la trésorerie des clubs de Ligue 1 et Ligue 2, mais une issue satisfaisante pour le foot français n'a toujours pas été trouvée. 

Quelles conséquences et quelle solutions possibles ? Nous avons récemment interrogé Pierre Maes, ancien négociateur des droits télé de Canal Plus pour toute l'Europe du Nord, et auteur en 2019 du livre "Le business des droits TV du foot : enquête sur une bulle explosive", aux éditions FYP. 

Sur quoi peut déboucher le bras de fer ? 

Quand une partie est en défaut de paiement, on souhaite qu'elle paie et c'est tout. On accepte de discuter une fois qu'elle a payé. Est-ce qu'ils vont et est-ce qu'ils peuvent payer, la question est là ? Certains ont déjà conclu que Mediapro était à sec et qu'une faillite rapide était inévitable. Moi, je trouve que les signes ne sont pas extrêmement positifs. Jaume Roures s'est suicidé dans le journal L'Equipe (au mois d'octobre). Ce jour là, il a tout cassé, sa réputation notamment. Aujourd'hui, il serait de bon ton de payer une partie de la facture. Or, il ne paye rien. 

Peut-on imaginer que les droits soient revendus ? 

Si Mediapro ne paie pas, l'urgence sera de rompre le contrat, retrouver sa liberté et récupérer les droits. Ensuite, il faut trouver un acquéreur. Je ne pense pas qu'ils peuvent échapper à un appel d'offre, pour les lots détenus par Mediapro. Après, en cas d'échec de l'appel d'offre, on peut imaginer de mener des négociations unilatérales avec les parties intéressées. 

Canal Plus ou beIN Sports vont-ils récupérer les droits de Mediapro
Canal Plus ou beIN Sports vont-ils récupérer les droits de Mediapro © AFP - Jeff Pachoud

Peut on craindre que la somme mise par l'éventuel nouveau diffuseur ne soit pas du tout la même que celle mise par Mediapro ? 

Il y a des étapes préalables, et je ne peux pas imaginer qu'un plan B n'a pas été imaginé en amont. Les prix, en matière de droits télé ne dépendent que d'une chose : la concurrence entre les opérateurs, au moment où les droits sont mis sur le marché. C'est ce que j'explique abondamment dans mon livre. Lorsqu'ils ont été mis sur le marché, en 2018, la concurrence était extrême. Donc la Ligue a fait bingo. Aujourd'hui, la concurrence est elle aussi forte ? Certainement pas ! On peut s'attendre à une baisse significative des droits. Or, les clubs ont budgetté ça, ils vont donc devoir diminuer leurs coûts de manière brutale. Et s'ils n'y arrivent pas, il y aura des risques de faillite

La situation que nous vivons est-elle une première en Europe ? 

Non, il y a eu un précédent au début des années 2000. Il y avait une télé, lancée par le TF1 anglais, qui avait acheté très cher les droits de Championship, la deuxième division anglaise. Quelques mois après, avec seulement quelques centaines de milliers d'abonnés, la chaîne a du jeter l'éponge. Les droits ont été repris au quart du prix par SKY. S'en est suivie la faillite de plusieurs clubs de deuxième division anglaise.

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