Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Football

PORTRAIT - Coupe du Monde 98 : "Mémé" Jacquet, héros du football français au cœur forézien

mercredi 9 mai 2018 à 12:49 Par Nerissa Hemani, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

Ce jeudi, Aimé Jacquet, revient dans son village natal de Sail-sous-Couzan (Loire) pour un match de gala entre des anciens de l'AS Saint-Étienne et de l’équipe de France de football. L'occasion de revenir sur l'histoire de "Mémé" Jacquet, l'enfant du Forez devenu héros de la Coupe du monde 1998.

Le sélectionneur de l'équipe de France championne du monde, Aimé Jacquet (C), applaudit, le 03 octobre dans son village natal, Sail-sous-Couzan, les enfants de l'équipe locale de football venus l'ovationner au milieu de plusie
Le sélectionneur de l'équipe de France championne du monde, Aimé Jacquet (C), applaudit, le 03 octobre dans son village natal, Sail-sous-Couzan, les enfants de l'équipe locale de football venus l'ovationner au milieu de plusie © AFP - Philippe Desmazes

L'équipe de France lui doit sa première et son unique Coupe du Monde lors du mémorable été 1998. Aimé Jacquet, "Mémé" pour les intimes, a façonné l'histoire du football français. L’ex-sélectionneur des Bleus à l'accent chantant du Forez était connu pour son franc-parler et son contact direct avec les joueurs, qui reconnaissaient en lui un "passé de bosseur". Un passé qu'Aimé Jacquet a forgé dans le petit village de Sail-sous-Couzan, dans la Loire.

Profession : footballeur-fraiseur

Le petit Aimé voit le jour le 27 novembre 1941 à Sail-sous-Couzan. Fils de bouchers, il se prend de passion pour le football et intègre tout naturellement le club local de l'US Couzan. En 1958, l'équipe remporte même la coupe de la Loire.  Aimé joue alors au poste de gardien mais échange rapidement pour marquer des buts, comme attaquant.

À 18 ans, pour gagner sa vie, le footballeur amateur devient tourneur-fraiseur aux Aciéries de la marine d'Homécourt à Saint-Chamond. Aimé est sur tous les fronts. Alors qu'il obtient son CAP en métallurgie, il aide également son club à monter d'une division.  "Mémé" sort petit à petit de l'ombre.  

Le 3/10/1998, Aimé Jacquet présente la Coupe de France à Sail sur Couzan. De gauche à droite : Jean Gidrol ; adjoint aux sports de la mairie de Saint-Etienne, Roland Mitoraj, Aimé Jacquet, Georges Bereta, Georges Polny et Illes Peycelon. - Maxppp
Le 3/10/1998, Aimé Jacquet présente la Coupe de France à Sail sur Couzan. De gauche à droite : Jean Gidrol ; adjoint aux sports de la mairie de Saint-Etienne, Roland Mitoraj, Aimé Jacquet, Georges Bereta, Georges Polny et Illes Peycelon. © Maxppp - Maxppp
 Photo prise le 23 août 98 à Sail-sous-Couzan (Loire) d'un homme prenant en photo sa famille devant le bar des sports, siège de l'équipe de football locale où évoluait Aimé Jacquet, natif de ce village de la Loire.  - AFP
Photo prise le 23 août 98 à Sail-sous-Couzan (Loire) d'un homme prenant en photo sa famille devant le bar des sports, siège de l'équipe de football locale où évoluait Aimé Jacquet, natif de ce village de la Loire. © AFP - Gerard Malie

Les débuts avec les Verts 

En 1960,  Aimé devient Vert et signe comme amateur à l'AS Saint-Etienne. Des débuts difficiles puisque le jeune joueur doit jongler avec ses horaires d'ouvrier. Il est ensuite victime d'une maladie infectieuse de la moelle épinière qui le paralyse sur le terrain. En 1961, le devoir militaire l'appelle, il doit effectuer ses classes en Algérie où il prendra pour la première fois la casquette d’entraîneur de l'équipe de son régiment.  

La saison 65 marque le début d'une belle période pour les Verts et leur milieu de terrain, Aimé Jacquet. L'équipe remporte le championnat de France de division 2 et celui de division 1 la saison suivante. L'AS Saint-Étienne remporte quatre championnats de France consécutifs, et deux Coupes de France, en 1968 et 1970. Aimé Jacquet, soutenu par son entraîneur, un certain Jean Snella, est au sommet de sa carrière.

Comme tout bon joueur, Aimé Jacquet est alors appelé à rejoindre les Bleus en 1968, mais l'aventure ne dure que deux matchs.  Après un rapide passage chez les Lyonnais, Aimé Jacquet tire le rideau sur sa vie de footballeur à l'âge de 34 ans.

De sélectionneur critiqué à héros adulé 

Le Forézien embrasse alors une nouvelle carrière, celle qui fera sa gloire : entraîneur.  Il fera d'abord l'âge d'or des Girondins dans les années 80. Les Bordelais fournissent à l'équipe de France l'ossature de l'équipe qui remporte l'Euro 84. 

En 1994, Aimé Jacquet devient le sélectionneur des Bleus. L'équipe de France se qualifie alors difficilement pour l'Euro 96 avec de nouveaux joueurs clés comme Didier Deschamps et Laurent Blanc. Les choix tactiques du coach font grincer des dents dans les médias malgré une défaite honorable en demi-finale.

1998, autre année, autre épreuve. La France accueille la Coupe du Monde et tous les yeux sont braqués sur le sélectionneur forézien. Lors des matchs de préparation, l'équipe affiche un jeu très défensif qui ne fait pas l'unanimité. En première ligne, L’Équipe.

Le sélectionneur national Aimé Jacquet répond aux questions des journalistes lors du point presse de l'équipe de France, le 21 avril à Stockholm, où la France doit rencontrer, le 22 avril dans la soirée, la Suède en match de pré - AFP
Le sélectionneur national Aimé Jacquet répond aux questions des journalistes lors du point presse de l'équipe de France, le 21 avril à Stockholm, où la France doit rencontrer, le 22 avril dans la soirée, la Suède en match de pré © AFP - Gabriel Bouys
 Le président de la République Jacques Chirac est accueilli par le sélectionneur national Aimé Jacquet, à l'issue de l'entraînement des Français, le 03 juin 1998 à Clairefontaine.   - AFP
Le président de la République Jacques Chirac est accueilli par le sélectionneur national Aimé Jacquet, à l'issue de l'entraînement des Français, le 03 juin 1998 à Clairefontaine. © AFP - Gabriel Bouys

Pourtant les Bleus surprennent lors de l'été 1998. Le 12 juillet, c'est la consécration. L'équipe de France bat le Brésil 3-0 en finale de la Coupe du Monde. Aimé Jacquet passe alors du statut de sélectionneur critiqué à celui de héros adulé.  

Aimé Jacquet brandit la Coupe du monde de football après la victoire de la France contre le Brésil, le 12 juillet 1998.   - AFP
Aimé Jacquet brandit la Coupe du monde de football après la victoire de la France contre le Brésil, le 12 juillet 1998. © AFP - AFP

"Ma vie pour une étoile"

Un an après le sacre, Aimé Jacquet pose en Une de son autobiographie "Ma vie pour une étoile", Coupe du Monde à la main. Philippe Tournon, alors chef de presse de l'équipe de France, prête sa plume à son ami sur 300 pages. Un livre dans lequel l’enfant du Forez en profite pour régler ses comptes avec le journal L'Equipe. "Je ne pardonnerai jamais", explique-t-il alors. 

En 2002, on le retrouvera en tête d'affiche d'une publicité pour les cafétérias Casino, le sponsor officiel des Verts depuis toujours. A 66 ans, Aimé abandonne son poste à la direction technique nationale de l'équipe de France alors même que les Bleus échouent aux portes d'une deuxième étoile en finale de la Coupe du Monde 2006. La preuve que l'équipe de France n'a pas encore retrouvé son "Mémé". 

Aimé Jacquet au Stade de France pour la Finale de l’Euro 2016 (France/Portugal) - Maxppp
Aimé Jacquet au Stade de France pour la Finale de l’Euro 2016 (France/Portugal) © Maxppp - MaxPPP/Stephane Guiochon