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DFCO - François Rebsamen, maire de Dijon : "C'est une catastrophe, c'est même une honte"

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"C'est une catastrophe, c'est même une honte". Le maire de Dijon, François Rebsamen, grand supporter du DFCO et invité dans 100% Sport jeudi 3 novembre, a livré une analyse cinglante sur la mauvaise série du club en Ligue 2. Il a également évoqué le futur, qu'il rêve en Ligue 1.

François Rebsamen était l'invité de 100% Sport sur France Bleu Bourgogne François Rebsamen était l'invité de 100% Sport sur France Bleu Bourgogne
François Rebsamen était l'invité de 100% Sport sur France Bleu Bourgogne © Radio France - Adrien Beria

Il ne rate presque jamais un match à domicile. Supporter immodéré du DFCO, le maire de Dijon et président de Dijon Métropole, François Rebsamen, était l'invité de l'émission 100% Sport sur France Bleu Bourgogne, jeudi 3 novembre 2022. Les "Rouges" sont dans une très mauvaise passe, aucune victoire sur les neuf derniers matchs et une élimination prématurée contre des amateurs en Coupe de France. François Rebsamen a fait part de son agacement à propos de cette pente dangereuse sur laquelle le club est engagé. 

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"On a une équipe, et je l'ai dit au président, que je trouve moins bonne que l'année"

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François Rebsamen, êtes-vous énervé et inquiet, à l'image des supporters dijonnais en ce moment ? 

C'est une catastrophe, c'est même une honte. Certains joueurs ont employé ce mot, et effectivement, vu le budget du DFCO... En général, il y a quand même une relation. Ce n'est pas parce qu'on a le premier budget qu'on est les premiers, mais c'est rarement, quand on a un très bon budget, qu'on est parmi les derniers, et c'est ce qui nous arrive aujourd'hui. Il y a erreur quelque part, cherchez l'erreur. 

D'où viennent ces difficultés ? 

Il manque un patron dans cette équipe, il manque un joueur au milieu qui sache jouer au ballon. Dans le milieu de terrain, il n'y a pas un joueur qui soit capable de créer du jeu, ce qui est quand même un problème. Finalement, on a une équipe, et je l'ai dit au président, que je trouve moins bonne que l'année dernière, donc c'est inquiétant. Il y avait au moins un joueur qui s'appelait Benzia, on en pense ce qu'on veut, qui était un joueur niveau Ligue 1 l'année dernière. Mais à part Le Bihan, je pense que devant, au milieu, c'est faible. 

Les saisons passent, mais les mêmes problèmes perdurent ! Est-ce qu'il y a selon vous un problème au niveau de la mentalité, de l'état d'esprit des joueurs ? 

Bien sûr. On le voit, ce n'est pas possible de prendre des buts à la dernière minute. A la limite, il ne vaut mieux pas en avoir marqué avant, parce qu'on peut être sûr que les autres marqueront après, il faut faire attention ! Excusez-moi de cet humour, mais il faut bien sourire un peu de cela, il ne faut pas désespérer, et espérer qu'ils se reprennent. Ce n'est pas l'entraineur qui est responsable, ce sont les joueurs. Il faut quand même renforcer certains postes, certains joueurs ne sont pas au niveau, il faut dire la vérité. 

Si vous étiez président du DFCO, maintiendriez-vous votre confiance en Omar Daf ? 

On ne peut pas changer d'entraîneur tout le temps. Depuis trois ans, les entraîneurs se succèdent, mais les résultats ne suivent pas. Le problème est ailleurs, il faut le chercher dans la psychologie, dans la capacité à avoir quelqu'un qui sait mobiliser ou montrer l'exemple par la qualité de son jeu. Or nous n'avons pas aujourd'hui ce joueur, ni des meneurs d'homme comme on a pu en connaître avec Cédric Varrault ou Stéphane Grégoire, des joueurs qui en imposent aux autres. Reynet le faisait dans le temps, mais il le fait moins maintenant, et puis ce n'est pas le rôle d'un gardien. Il nous manque un grand joueur au milieu et je pense que ça suffirait largement pour que le DFCO remonte, parce que dans ce championnat, tout le monde se vaut à peu près. Il faut juste avoir un peu de niaque. 

Le DFCO, 15e, est très proche de la zone de relégation. Craignez-vous une descente en National ? C'est un réel danger selon vous ? 

Je le crains. Je le crains pour la ville, pour l'image que ça donne. On a du mal à se rappeler que récemment, le DFCO a battu le PSG (en 2019). On a eu des équipes, on a fait plusieurs saisons en Ligue 1, il ne fallait pas descendre, parce que c'est difficile de remonter. Et puis avec ces joueurs qui manquent vraiment d'énergie, peut-être pas de volonté individuelle mais de volonté collective ! On ne les sent pas animés par une flamme, par une envie. Le match commence, ils passent leur temps à se faire des passes en retrait. 

"Le DFCO a sa place, durablement, en Ligue 1"

Parlons de l'avenir, où imaginez-vous le DFCO dans dix ans ?

Le DFCO a sa place, durablement, en Ligue 1. C'est un jeune club, qui a 24 ans, j'ai accompagné financièrement la rénovation du stade, on a refait le stade, on l'a suivi dans la montée, Ligue 2, Ligue 1, redescente, remontée. Je ne pensais pas qu'on redescendrait comme ça. Dijon est la 15e ville en termes de population, il n'y a pas de raison qu'on ne soit pas dans les 18 premiers, en foot, en basket, en hand, dans tous les sports, que ce soit pour les hommes ou les femmes.

Olivier Delcourt, président du club depuis 2012, déclarait en janvier dernier : "je ne pense pas faire encore dix ans au club". Est-ce qu'il a évoqué l'après avec vous ? 

Je pense que c'est usant, fatigant. Il s'investit vraiment beaucoup, et il n'a pas le retour sur l'investissement moral, je ne parle même pas financier. Et pourtant, il a créé un club qui a des fondations solides en matière d'infrastructures, il suffit de voir le centre de formation. Vraiment, il faut que les joueurs se ressaisissent. Ce n'est pas digne, de notre ville, de l'engagement du président, du staff, ni de l'équipe municipale, qui porte aussi le sport à Dijon.  

De plus en plus de clubs français sont détenus par des propriétaires étrangers. Que penseriez-vous de cette perspective si cela arrivait à Dijon ? 

S'il y a vente du club, je préfèrerais que ce soit un investisseur français, d'abord. Sochaux est dirigé par des chinois, Auxerre aussi. D'ailleurs j'en profite pour dire que je regrette que l'effort de la Région ne soit pas équivalent pour Sochaux, Auxerre et Dijon, qui lui est dirigé par un chef d'entreprise de notre Métropole et de notre région. 

Quel est votre rôle vis-à-vis du DFCO ? Tentez-vous d'influer sur les compostions d'équipe ?

Non, non. J'échange avec Olivier Delcourt. Le président est un ami, je lui dis en amitié ce que je pense, et je pense mieux connaître le football que lui. Mais ce n'est pas lui qui fait l'équipe, c'est l'entraîneur qui fait l'équipe, il lui fait confiance, c'est bien normal. Vu qu'il est intéressé par ce club qu'il préside, parfois il pousse des coups de gueule et il a raison quand ça ne va pas du tout, et c'est le cas en ce moment. 

Président du DFCO, ça ne vous a jamais tenté ? 

Ah si ! Si je n'avais pas fait de politique, j'aurais aimé soit être journaliste sportif, soit diriger un club de football, ça m'aurait plu. 

Il parait que vous suivez de très près le mercato du DFCO... 

J'échange avec le président, je lui dis des choses, il me dit "ça va être fait dans une heure", donc j'ai le "privilège" de l'avoir une heure avant, mais je n'essaye pas d'avoir des secrets avant les autres. Simplement, je donne mon avis comme je le donnerai à n'importe quel président de club. 

Avez-vous une anecdote mercato à nous raconter ? 

J'ai le souvenir d'un joueur qui a explosé au niveau international, Pierre-Emerick Aubameyang (passé à Dijon en 2008-2009). Rudi Garcia, avec qui je suis très ami, disait : "jamais il n'ira à ce niveau-là".  Il est devenu un buteur incroyable. Je disais à Rudi Garcia : "il a des qualités incroyables de vitesse et tout", et il me répondait : "il n'est pas assez technique, il ne percera pas". Et quand j'ai revu Rudi il m'a dit : "je ne penserai pas qu'il irait à ce niveau-là, vraiment". Mais je n'ai pas toujours raison, sinon ce serait trop simple. Je suis un passionné, de tous les sports d'ailleurs. 

Interview tac-au-tac, en une touche de balle 

  • Le meilleur joueur de l'histoire du DFCO ? Julio Tavares. 
  • Votre joueur préféré ? Cédric Varrault
  • Votre chouchou dans l'effectif actuel ? Mickaël Le Bihan, il a de la technique, il amène du jeu, et il a envie, ça se voit, ça se sent, et il le dit. 
  • Celui dont vous êtes le plus proche en dehors des terrains ? Baptiste Reynet, et avant Sébastien Larcier. 
  • Votre meilleur souvenir de supporter ? Je pourrais dire la victoire contre le PSG, mais la victoire contre Lyon 4-2 (en août 2016) qui avait mis en rage Jean-Michel Aulas. Il se met vite en colère
  • Votre pire désillusion ? Je vais prendre la dernière, se faire éliminer par un club dans les derniers National 2, en menant 1-0, comme d'habitude une occasion, un but pour les autres. 
  • Le plus beau but ? Jeannot, une frappe de plus de 30 mètres, une reprise de demi-volée. On en réussit une dans sa vie, il l'a fait, malheureusement il n'en n'a pas mis beaucoup d'autres (six au total avec Dijon). 
  • La plus belle ambiance à Gaston-Gérard ? Lyon, le PSG, Marseille, les grands clubs ! 
  • L'entraîneur passé par le DFCO avec lequel vous aviez le plus d'affinités ? J'aime beaucoup Rudi Garcia, je le vois encore et même si ça c'est mal terminé, Olivier Dall'Oglio était un bon entraîneur pendant de nombreuses années, avec du beau jeu.  
  • L'entraîneur avec lequel le courant passait moins bien ? Je n'ai pas eu beaucoup de contacts avec Patrice Garande par exemple l'année dernière, mais c'est peut-être parce qu'on n'a pas eu l'occasion.  
  • Question bonus, le football c'est de droite ou de gauche ? C'est bien, c'est transpartisan, c'est Macron. D'ailleurs c'est un vrai supporter de foot, et quand il se lève en finale de la Coupe du monde, je me dis c'est quelqu'un qui est bien parce qu'il aime le foot et qu'il est là". Le plus grand supporter de foot, ancien président, c'est François Hollande. 
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