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Douze clubs européens annoncent la création d'une Superligue, concurrente directe de la Ligue des Champions

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Par , France Bleu

Douze grands clubs ont annoncé ce lundi le lancement d'une Superligue, une compétition privée vouée à supplanter la Ligue des Champions. Une véritable déclaration de guerre pour l'UEFA qui a promis d'exclure les équipes dissidentes et leurs joueurs.

 Douze clubs européens lancent leur Superligue, déclenchant la colère de l'UEFA
Douze clubs européens lancent leur Superligue, déclenchant la colère de l'UEFA © AFP - OSCAR DEL POZO

La guerre est déclarée entre l'UEFA et douze grands clubs européens. En près de 70 ans de compétitions sur le continent, et après des décennies à agiter le spectre d'un schisme, les cadors européens ont fini par franchir le pas avec à leur tête le Real Madrid, le FC Barcelone, Liverpool ou Manchester United, tous multiples vainqueurs de la C1 et marques d'envergure planétaire. Ebranlé par la pandémie de Covid-19, le sport roi en Europe voit son avenir s'inscrire en pointillé, de même que l'actuel système pyramidal de redistribution des ressources télévisuelles entre la C1, compétition phare, et les championnats nationaux. 

Les clubs rebelles prétendent, semble-t-il, instaurer un controversé système de ligue quasi fermée comparable aux championnats nord-américains de basket (NBA) ou de football américain (NFL), une perspective "désapprouvée" lundi par la FIFA. "Douze des clubs européens les plus importants annoncent avoir conclu un accord pour la création d'une nouvelle compétition, 'The Super League', gouvernée par ses clubs fondateurs. AC Milan, Arsenal, Atlético Madrid, Chelsea FC, FC Barcelone, Inter Milan, Juventus, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Real Madrid et Tottenham se sont unis en tant que clubs fondateurs" peut-on lire dans un communiqué diffusé par les sites internets de plusieurs clubs concernés. "La saison inaugurale (...) démarrera aussitôt que possible" poursuit le texte, sans fixer de calendrier précis. 

Selon une source proche du projet, "au minimum deux clubs français" seront présents chaque année en Superligue, sans préciser l'identité ou le mode de sélection des clubs concernés. L'hypothèse serait par exemple que le vainqueur de la Ligue 1 puisse être qualifié pour cette nouvelle épreuve. 

Le Bayern Munich et Dortmund disent non 

Les deux clubs allemands du Bayern Munich et le Borussia Dortmund, qui siègent au conseil d'administration de l'Association européenne des clubs (ECA) se sont clairement prononcés contre le projet de création d'une Superligue, a affirmé le patron du club de Dortmund, Hans-Joachim Watzke. Les deux équipes ont "présenté des points de vue 100% identiques dans toutes les discussions" a expliqué le directeur exécutif du BVB dans un communiqué paru sur le site du club.

Dans la soirée de dimanche, l'ECA s'était affirmée comme "fortement opposée à un modèle de Superligue fermée". Cette déclaration confirme que le Bayern Munich, éliminé cette saison de la Ligue des Champions mais toujours tenant du titre, ne souhaite pas s'associer à l'aventure de la Superligue, dans laquelle tous les autres vainqueurs de la compétition ces dix dernières années sont engagés. 

Des revenus supérieurs à ceux de l'UEFA 

"En contrepartie de leur engagement, les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l'ordre de 3,5 milliards d'euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l'impact de la crise du Covid-19" poursuivent les organisateurs, qui promettent aussi une Superligue féminine. Si ce chiffre est confirmé, il suppose des revenus bien supérieurs à ceux obtenus par l'UEFA pour l'ensemble de ses compétitions de clubs (Ligue des Champions, Ligue Europa et Supercoupe d'Europe), qui avaient généré 3,2 milliards d'euros de recettes TV en 2018-2019, avant une pandémie qui a fortement plombé le marché européen des droits sportifs. 

Selon ses promoteurs, la Superligue fonctionnerait sous la forme d'une saison régulière opposant 20 clubs, quinze d'entre eux (les 12 clubs fondateurs cités précédemment et trois autres restant à déterminer) étant qualifiés d'office chaque année et les cinq autres choisis "à travers un système basé sur leur performance de la saison précédente". Au terme de cette première phase débutant au mois d'août, des play-offs seraient organisés jusqu'en mai pour décerner le trophée. Les matchs se tiendraient en principe en milieu de semaine, entrant en concurrence directe avec les cases réservées pour la Ligue des Champions, mais pas avec les championnats nationaux traditionnellement organisés le week-end. 

Lundi, la banque américaine JPMorgan a annoncé qu'elle allait financer le projet de Superligue. "Je peux confirmer que nous finançons l'opération" a indiqué à l'AFP un porte-parole à Londres de la banque, ajoutant ne pas avoir d'autre commentaire à faire à ce stade. 

L'UEFA menace d'exclure les clubs dissidents 

L'UEFA a réagi dimanche en menaçant d'exclure les équipes dissidentes souhaitant participer à ce tournoi fermé et très lucratif. Ce lundi, l'UEFA doit justement présenter sa réforme de la C1. Ce n'est pas la première fois que l'instance européenne brandit des menaces à l'encontre de clubs voulant faire sécession. Serpent de mer du football européen, souvent ravivé par les cadors du continent pour obtenir davantage de concessions, cette fois la menace que la Superligue voit vraiment le jour semble suffisamment sérieuse et pousse l'UEFA à réagir. 

Les clubs "ont signé pour être membres fondateurs ou exprimés leur intérêt". "Quelques clubs anglais, espagnols ou italiens pourraient prévoir d'annoncer la création d'une soi-disant Superligue fermée" a écrit l'UEFA dans un communiqué co-signé par plusieurs fédérations et ligues nationales de football, qualifiant le projet de "cynique". 

Le Bayern Munich et le Paris SG loyaux à l'UEFA

L'UEFA a en revanche dit remercier les clubs d'autres pays, "en particulier les clubs français et allemands, qui ont refusé de s'engager sur cette voie", signe que le Bayern Munich et le Paris SG, finalistes de la dernière édition de la Ligue des Champions, semblent rester loyalistes. Selon une source ayant connaissance des tractations, Bayern et PSG ont été tout de même approchés, mais les quatre clubs qui semblent pousser le plus en faveur du projet seraient Manchester United, la Juve, le Barça et le Real. 

Comme en janvier dernier, lorsque la FIFA et l'UEFA avaient signé un communiqué commun fustigeant tout projet dissident, les instances du football ont menacé les clubs et leurs jours d'exclusion des compétitions actuelles, dont l'Euro ou la Coupe du monde. "Les clubs concernés se verront interdire la participation dans toute autre compétition au niveau national, européen ou mondial, et leurs joueurs pourraient se voir refuser la possibilité de représenter leurs équipes nationales" écrit l'UEFA. 

Cette menace serait lourde de conséquences puisqu'elle aboutirait à priver les joueurs concernés de toute carrière en sélection, alors même que les formations pressenties regorgent d'internationaux. Reste à voir si elle est conforme au droit européen de la concurrence, ce qui laisse présager une éventuelle bataille juridique. 

"Véritable séisme" pour Roxanna Maracineanu

Invitée ce lundi sur franceinfo, Roxanna Maracineanu, ministre déléguée aux Sports, a déclaré que si cette Superligue voyait le jour, cela serait un "véritable séisme". Elle demande à l'Union européenne de se "positionner" sur ce dossier. Selon la ministre, ce nouveau tournoi marquerait une "rupture entre les plus riches et le reste des clubs". Roxanna Maracineanu estime que dans cette période "sanitaire difficile pour tout le monde, nous avons besoin de solidarité entre les différents pays, entre le monde professionnel et le monde amateur". La ministre dit regretter un tournoi qui se "baserait uniquement sur du marketing et sur du commercial et pas sur du sportif. Envisager un championnat qui perd son âme et qui n'est plus basé sur des critères sportifs ni d'accession à ce championnat, ni même de compétition, c'est triste pour le monde du sport". 

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Symbole de l'importance du dossier, l'Elysée a réagit en fustigeant un projet "menaçant le principe de solidarité et le mérite sportif". Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson a estimé que cette Superligue serait "très dommageable pour le football". La Fédération français de football et la Ligue de football professionnel ont émis un communiqué commun pour critiquer les "rêves hégémoniques d'une oligarchie". Margaritis Schinas, commissaire en charge de la Promotion du Mode de vie européen a juge cette Superligue contraire aux valeurs européennes de "diversité et d'inclusion". 

Dans son communiqué, l'UEFA a appelé "tous les amateurs de football, les supporteurs, les responsables politiques à [les] rejoindre pour combattre un tel projet s'il venait à être annoncé", se disant prête à utiliser "tous les moyens en sa possession, à tous les niveaux, judiciaire comme sportif"

Quid de la réforme de la Ligue des champions ? 

Face à cette possible révolution, difficile de savoir ce qu'il adviendra de la réforme attendue de la Ligue des champions à l'horizon 2024. Cette refonte bâtie en lien avec l'Association européenne des clubs (ECA) qui réunit les ténors du continent, est censée être adoptée lundi par l'UEFA avec le remplacement de la phase de poules par un mini-championnat à 36 clubs destiné à garantir plus de matchs, et donc plus de revenus, aux grands clubs. 

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