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Droits TV : Canal + réclame un nouvel appel d'offres, où en est la crise du foot français ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Bourgogne, France Bleu Auxerre

Un conseil d'administration extraordinaire doit se réunir jeudi à la Ligue de football professionnel. Au menu : sortir de la crise des droits TV pour la Ligue 1 alors que Canal + se fait plus que désirer en réclamant un nouvel appel d'offres pour rafler le marché au prix le plus bas possible.

Avec le désengagement de Mediapro, la LFP connaît une grave crise liée aux droits télévisés des diffusions des matchs de football en Ligue 1
Avec le désengagement de Mediapro, la LFP connaît une grave crise liée aux droits télévisés des diffusions des matchs de football en Ligue 1 © AFP - Laurent Sanson / LS Medianord

Rien ne va plus dans le business des droits TV du football français, habituellement très lucratif. Depuis le désengagement du groupe sino-espagnol Mediapro qui ne veut plus diffuser les championnats de Ligue 1 via sa chaîne Téléfoot, les acteurs du football professionnel craignent pour leur principale rentrée d'argent. 

Pour tenter de trouver une solution à cette crise sans précédent, la Ligue de football professionnel (LFP) réunit ce jeudi un conseil d'administration extraordinaire. La réunion a été déclenchée par les propos de Maxime Saada, président de Canal +, qui a douché les espoirs des clubs en indiquant qu'il ne reprendrait pas les droits TV de Mediapro en l'état. 

Les raisons de la crise 

Pour chercher les origines de l'une des plus graves crises de l'histoire du football professionnel français, il ne faut pas aller chercher plus loin que la pandémie de coronavirus. Le groupe sino-espagnol Mediapro, qui avait créé la surprise en mai 2018 en raflant plusieurs lots de diffusion de la Ligue 1, a finalement décidé de se désengager. 

En octobre dernier, le groupe annonce qu'il veut renégocier le contrat et les montants signés avec la LFP. Mediapro est en fait incapable de verser l'argent qu'il doit au football professionnel français. La raison ? L'épidémie de Covid-19 qui selon le groupe a considérablement réduit l'intérêt pour le championnat de Ligue 1 et mis à mal les recettes publicitaires. En décembre, Mediapro annonce l'arrêt de la chaîne Téléfoot. A la suite de négociations avec la LFP, le groupe verse 100 millions d'euros d'indemnités mais ne pourra pas subir de poursuites judiciaires. 

La situation créé la panique chez les clubs français, les recettes des droits de diffusion constituant leur principale source de revenus (environ 50%). Tous les regards se sont alors tournés vers Canal +, diffuseur historique du football français, avec l'espoir de voir la chaîne cryptée racheter à prix réduit les droits acquis par Mediapro et assurer la retransmission des matchs.

Canal + se fait désirer

Une interview de Maxime Saada accordée mardi au Figaro a stoppé net l'espoir de voir un dénouement rapide à cette crise. Le patron de Canal + n'a pas l'intention de faire de cadeau à la LFP et réclame un nouvel appel d'offres pour l'ensemble des matchs de Ligue 1. Il ne souhaite pas reprendre les droits en l'état et se fait donc désirer pour tenter de rafler la mise au prix le plus bas possible. 

Maxime Saada estime que "la Ligue 1 a perdu beaucoup de valeur" avec la crise du Covid-19 et le retrait du diffuseur majeur Mediapro. Il a indiqué que Canal allait restituer à la LFP son lot de matches (20% de la L1), souhaitant voir l'intégralité des matches remis en vente via un nouvel appel d'offres. 

"Nous sommes finalement arrivés à la conclusion côté Canal + qu'il était dans l'intérêt pour toutes les parties prenantes de passer par un appel d'offres", a indiqué Maxime Saada au quotidien, alors que selon plusieurs sources proches du dossier, la Ligue privilégiait une réattribution via un accord de gré à gré entre les deux parties. 

Canal + diffuse actuellement 20% des matches de Ligue 1, via une sous-licence signée avec beIN Sports pour un montant annuel de 330 millions d'euros. Les 80% restants sont toujours diffusés sur Téléfoot, la chaîne du groupe sino-espagnol Mediapro, même si celui-ci a négocié son retrait avec la Ligue en décembre.

Bras de fer en cours

Canal + peut-elle restituer son lot et réclamer un nouvel appel d'offres ? Cette question principale devrait être au coeur des débats du conseil d'administration extraordinaire décidé par la LFP et qui se tiendra jeudi. La réponse est technique et devra potentiellement être tranchée devant les tribunaux, si un accord n'est pas trouvé. Canal+ dispose en effet d'un accord avec son ancien concurrent beIN Sports, et plusieurs sources proches des négociations interrogées ces derniers jours les voyaient agir de concert sur le dossier. 

Pour la LFP, un nouvel appel d'offres signifierait une diminution drastique des droits TV de la Ligue 1, car elle remet en jeu non seulement tous les lots de Mediapro (plus de 800 millions d'euros), mais aussi celui de Canal + (330 millions d'euros pour deux matches par journée) qui pourrait être négocié, lui aussi, à la baisse. Maxime Saada a d'ailleurs insisté sur le fait que le prix de Canal pour ce lot s'était lui aussi "artificiellement envolé". 

Risque d'un "écran noir" ? 

Si aucun accord n'est trouvé rapidement, la LFP craint par dessus tout la menace d'un "écran noir". A savoir des matchs non diffusés. Selon l'accord de sortie négocié en décembre entre Mediapro et la Ligue, la chaîne Téléfoot n'était censée émettre que jusqu'au 31 janvier si aucun nouveau diffuseur n'est trouvé. 

Néanmoins, selon plusieurs sources proches du dossier, Téléfoot est prête à jouer les prolongations via un nouvel accord avec la Ligue. Actuellement, la chaîne propose d'ailleurs des offres à la journée ou à la semaine. Une solution alternative similaire est aussi proposée par Maxime Saada : Canal + se dit prête à diffuser les matches en "pay per view", un paiement à l'acte, en attendant la résolution de cet éventuel nouvel appel d'offres.

Les clubs inquiets

Déjà mis en difficulté par l'épidémie de coronavirus, les conséquences de cette crise des droits TV pourraient être désastreuses pour les clubs de Ligue 1. Que ce soit Canal + ou une autre solution, les recettes des droits TV seront forcément moins intéressantes que d'habitude. Les clubs ne peuvent pas non plus espérer s'en sortir en faisant de fructueuses opérations sur le marché des transferts. Tous les championnats européens ont été touchés par les conséquences économiques de la pandémie.

Afin d'assurer leur survie, les présidents de clubs espèrent donc pouvoir négocier des réduction de salaires chez les joueurs. Ces derniers ne comprenant généralement pas pourquoi ils devraient payer les pots cassés d'une situation dans laquelle ils n'ont pas de responsabilité. 

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