Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Football

En Turquie, un ancien footballeur du Havre se fait un nom et prend une nouvelle dimension

vendredi 6 avril 2018 à 13:24 Par Bertrand Queneutte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Après trois ans passé au HAC, le latéral droit Issam Chebake a rejoint la Turquie et le club de Malatyaspor l'été dernier. Son choix, sa nouvelle vie, le championnat, la ferveur du public et ses objectifs : l'international marocain se confie, au micro de Bertrand Queneutte.

Issam Chebakle (24 matchs) a toujours été titularisé par son coach quand il était disponible cette saison
Issam Chebakle (24 matchs) a toujours été titularisé par son coach quand il était disponible cette saison © AFP - Fatih Aktas

Le Havre, France

Bertrand Queneutte : Issam, après le monde amateur puis le HAC, vous êtes en Turquie depuis le début de saison. Comment ça se passe à Malatya et en D1 turque ? 

Issam Chebake : Très bien. L’accueil a été très bien. On est neuvièmes au classement, le maintien est quasiment assuré. Il nous reste de très bons matchs à jouer. Franchement, cela se passe hyper bien.

BQ : Vous êtes rapidement devenu titulaire (23 matchs).

IC : J’ai la confiance du coach. Cela me fait plaisir. Pour moi, c’était important de m’imposer ici en Turquie. C’est à moi de faire en sorte que ça dure. 

"Quelque chose qui m’arrangeait sportivement et financièrement"

BQ : Vous aviez plusieurs propositions l'été dernier. Pourquoi avoir choisi la Turquie ?

IC : Je ne vais pas faire de la langue de bois. A 28 ans, je devais trouver quelque chose qui m’arrangeait sportivement et financièrement. C’est ce que j’ai trouvé en Turquie. Le championnat est hyper compétitif. Tu joues tous les week-end contre des grands joueurs, que ce soit Samuel Eto'o ou Samir Nasri. Je me retrouve dans de que je recherchais. 

BQ : Vous avez un parcours atypique. Vous êtes arrivé tard dans le monde pro. L’aspect financier compte forcément un peu plus dans ces conditions ? 

IC : Exactement. Une carrière de footballeur se termine très tôt. Je me suis posé, j’ai réfléchi, et j’avais du mal à me projeter avec les offres que j’avais en France. J’ai eu une offre très intéressante en Turquie. J’ai tout fait pour la saisir. C’était important pour moi de me projeter, de pouvoir penser à l’après football. Je n’ai pas toujours été footballeur, je sais ce que c’est de travailler, et je voulais pouvoir réaliser plus tard tous les projets que j’ai dans la tête.

"Je n'ai pas toujours été footballeur, je sais ce que c’est de travailler"

Issam Chebake a délivré une passe décisive cette saison face à Genclerbirligi  - AFP
Issam Chebake a délivré une passe décisive cette saison face à Genclerbirligi © AFP - Volkan Kasik

BQ : L’idée, en rejoignant la D1 turque, était-elle aussi de vous faire remarquer encore un peu plus par votre sélectionneur (Maroc) ? 

IC : Rejoindre un club de première division, c’est aussi ce que l’on me demandait en sélection, parce que je n’avais joué qu’en Ligue 2 et en amateur. J’ai eu l’opportunité de jouer en Super Lig, qui est beaucoup plus médiatisée. C’était un objectif, et à titre personnel je fais plutôt une bonne saison. Ce n’est pas fini, je vais essayer de terminer sur les chapeaux de roues, et essayer de postuler parmi les 23 pour la Coupe du Monde. C’est un objectif, et je ne baisse pas les bras. Cela me tient à cœur.

"Terminer sur les chapeaux de roue (...) postuler parmi les 23 pour la Coupe du Monde (...) Je ne baisse pas les bras"

BQ : Hervé Renard a du voir votre passe décisive, le week-end dernier. La première cette saison… 

IC : Cette saison, cela a mis un peu de temps a démarré, mais cette passe dé fait du bien. Elle fait plaisir. Surtout que c’était un match hyper important, qu’il fallait absolument gagner à domicile, contre une équipe relégable.  Et disons que cette passe décisive tombe au moment. 

"Je crois que je suis maudit (rires)"

BQ : Il y a quelques français et francophones dans votre équipe. Et notamment Fabien Farnolle. 

IC : On est un petit groupe de cinq six joueurs français ou francophones, certains passés par la Ligue 1 ou la Liga espagnole. Il y a aussi Fabien Farnolle, qui avait bien commencé. Après, on a changé de coach et le nouveau a mis l’ancien gardien qui avait connu la montée avec Malatyaspor. Du coup Fabin n’a pas beaucoup joué cette saison, mais il travaille dur à l’entraînement, il a le potentiel pour jouer, et il va rebondir très rapidement. 

BQ : Quel joueur vous a le plus impressionné dans ce nouveau championnat ? 

IC : Le premier c’était Babel, je lai eu de très près. Mais aussi Adebayor, Etoo, Nasri, Feghouli, Belanda, Dira. Il y a énormément de bons joueurs, notamment offensivement. 

BQ : Est-ce que vous prenez toujours autant de coups ? 

IC : Oui (sourires), je crois que je suis maudit. 

BQ : Le visage est toujours autant marqué ? 

"Quand le stade chante, c’est tout le stade, pas seulement le KOP"

IC : Toujours, mais il me reste moins de dix ans de football, après j'espère que je me reposerai. 

BQ : Est-ce que vous faîtes toujours autant de grands ponts ? 

IC : Cela m’arrive. C’est un championnat avec beaucoup d’espaces. Offensivement, c’est plaisant. Quand j’ai l’occasion d’en faire, je n’hésite pas. 

BQ : Comment est l’ambiance dans les stades turques ? 

IC : L’ambiance est exceptionnelle. Et nous qui venons de monter deuxième division, quand on joue des gros matchs, le stade est plein. Il n’y a que des fans. Et quand le stade chante, c’est tout le stade, pas seulement une partie ou le KOP. C’est ça qui est fou ? Et encore, on n’a pas joué les plus gros matchs, Galatassaray et Besiktas à l’extérieur. Ce sont des moments uniques, surtout pour moi qui n’ai pas connu des grands stades dans ma vie. C’est quand même impressionnant. 

"Des moments uniques, surtout pour moi..."

BQ : Issam, vous suivez la Ligue 2 et ce que fait le HAC. Vous avez du voir que le Stade Océane a été envahi la semaine dernière après le match contre QRM ? Qu’avez-vous ressenti ? 

IC : C’est assez triste. Le club fait tout pour monter en Ligue 1, et cette année c’est compliqué. Pourtant, cela avait très très bien commencé, et j’en étais très heureux. Là, franchement, ça fait bizarre. Quand les gens voient ça, ça donne une mauvaise image des supporters, mais moi je sais que les supporters sont quand même derrière le club. Sur le coup, ça m’a vraiment attristé. 

"Ce qu'il s'est passé au HAC m'a vraiment attristé"

Issam Chebake pourrait bien être convoité par de gros clubs turcs en fin de saison - AFP
Issam Chebake pourrait bien être convoité par de gros clubs turcs en fin de saison © AFP - Ensar Ozdemir

BQ : Avez-vous déjà joué un match à huis-clos ? 

IC : J’en ai joué un cette saison, le premier match à domicile pour une sanction datant de l’année dernière. C’est compliqué pour les joueurs de jouer sans les supporters. J’espère qu’après ce match (contre le Gazelec Ajaccio), les supporters reviendront. Et il faut essayer de bien finir, même si beaucoup pensent que la saison est ratée. Il faut trouver la régularité pour monter en Ligue 1, parce que c’était accessible. 

"Rafik Guitane au HAC ? C’est dommage qu’il n’ait pas joué plus cette saison, parce qu’il aurait pu faire beaucoup de bien."

BQ : L’une des principales actualités de la saison havrais, c’est le transfert de Rafik Guitane à Rennes. Avez-vous été surpris ? 

IC : J’ai été surpris que cela se fasse au mercato d’hiver, je pensais que cela se ferait plutôt en fin de saison, mais c’est une suite logique. C’est un joueur hyper talentueux. Je l’ai toujours boosté à l’entraînement, pour qu’il donne toujours plus pour lui. C’est un joueur qui, techniquement, a des qualités qu’on ne trouve pas chez n’importe qui. Cela m’a donc fait hyper plaisir pour lui, parce qu’il mérite de jouer dans un gros club. C’est dommage qu’il n’ait pas joué plus cette saison, parce qu’il aurait pu faire beaucoup de bien. Je le félicite encore, même si je l’ai déjà fait. J’espère qu'il jouera en fin de saison, pour montrer toutes ses qualités et finir en beauté. Comme a pu le faire Lys, ou d’autres qui sont passés par ce grand club qu’est le HAC. 

BQ : Issam, en France on mettant parfois à tort un accent sur la dernière lettre de votre nom : « Chebaké ». Comment les turcs prononcent-ils votre nom ? 

IC : On m’appelle « Issam Chabeke » (rires). Pourtant, je leur ai dit à plusieurs reprises que ce n’était pas ça. Finalement, je commence à m’y habituer. Tant que le prénom est bien épelé, ça me va (rires).