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ENTRETIEN - FC Nantes. Dennis Appiah : "Pendant le confinement, j'ai découvert que je ne savais pas bricoler"

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Par , France Bleu Loire Océan

A huit semaines de la reprise de la Ligue 1, l'arrière droit du FC Nantes Dennis Appiah s'est longuement confié à France Bleu Loire Océan, ce mardi juste avant de rejoindre ses coéquipiers pour l'entrainement. Il y évoque le football, l'après, ses lectures et la découverte du bricolage. Entretien.

Dennis Appiah est sous contrat avec le FC Nantes jusqu'au 30 juin 2023.
Dennis Appiah est sous contrat avec le FC Nantes jusqu'au 30 juin 2023. © AFP - Loïc Venance

C'est un Dennis Appiah grand sourire qui s’assied dans une salle de presse vidée de tous ses sièges, ce mardi midi à la Jonelière, juste avant de filer rejoindre ses coéquipiers pour l'entrainement du jour. Pendant près d'une demi-heure, le latéral droit arrivé au FC Nantes sur la pointe des pieds le 21 juin 2019 et qui s'est imposé dans le couloir droit de la défense à la faveur de la blessure de Fabio s'est confié sur sa première saison, ses axes de progression et son avenir. Mais pas que. Interview. 

"Ça ne me dérangerait pas de finir dans un club comme le FC Nantes"

Votre contrat court jusqu'en juin 2023. Voyez-vous vous inscrire dans la durée avec le FC Nantes ? 

Je sais très bien qu'au foot, rien n'est jamais acquis ni fixé. Si j'ai signé quatre ans, ce n'est pas pour rien non plus, c'est pour chercher une certaine stabilité. Après, on verra comment ça se passe et comment se passe la prochaine saison. Depuis que j'ai commencé ma carrière, je fais des cycles de trois ans, je suis resté au moins trois ans dans chaque club et peut-être que ce sera également le cas ici aussi. Je ne cherche pas forcément à bouger le plus vite possible. Les joueurs qui font ça saisissent des opportunités, après chacun fait ses choix. Du moment que ça se passe bien, que je progresse et que je touche à de nouvelles choses à chaque fois, je ne ressens pas le besoin de partir. Par contre, si je vois que je ne progresse plus, que je stagne ou que je n'ai plus l'envie, c'est à ce moment-là que je commence à aller chercher ailleurs. Mais ça ne me dérangerait pas de finir dans un club comme le FC Nantes, le FC Nantes c'est un grand club.

Et votre après-carrière ?   

On m'a toujours dit qu'il faut jouer le plus longtemps possible parce que quand ça s'arrête, c'est chiant et c'est compliqué. Certains me disent que ça serait bien que je devienne entraîneur, mais pour l'instant je n'en ai pas envie. Je n'ai pas de projet, c'est ça le problème. Je ne sais pas si c'en est un d'ailleurs. Mais il va falloir commencer à y penser tranquillement parce qu'il y a une vie après le football.   

Pourquoi pas consultant ?   

Je ne sais pas si ce que je vais dire va plaire, mais j'aime bien ce métier et il y en a qui le font bien. Mais j'ai peur de perdre mon âme de footballeur en étant consultant, c'est-à-dire de vouloir critiquer trop facilement et d'oublier que j'ai été footballeur. Beaucoup de joueurs disent, y compris moi, que certains consultants ont oublié qu'ils ont été des joueurs. Si je suis amené à faire ça, pourquoi pas. Mais je n'ai pas envie d'oublier ce que c'est d'être footballeur, à quel point c'est difficile et contraignant.   

Je suis très dur envers moi et des fois, ça me dessert, je ressasse beaucoup ce qui vient de se passer, des petites choses que certains joueurs pourraient laisser passer et moi je n'arrive pas à passer outre et des fois ça peut m'empêcher d'aller au niveau au-dessus.

Vous avez une réputation de gros consommateur de matchs de football, que faites-vous quand vous ne jouez pas ou ne regardez pas du football à la télévision ?  

Pas grand chose (rire). Je suis beaucoup, beaucoup, beaucoup foot même si ça a changé depuis que je ne vis plus tout seul. Je suis beaucoup films et beaucoup musique également mais c'est vrai que je n'ai pas de grosse, grosse passion à part le football.   

Ça n'a pas dû être facile pendant le confinement avec l'arrêt de tous les championnats ...   

Pendant trois mois, j'ai changé. J'ai fait beaucoup de Playstation, quelques bouquins aussi. Je me suis un peu occupé de la maison aussi, chose que je ne faisais pas avant. Je ne me suis pas ennuyé.   

Vous vous êtes donc découvert une facette bricoleur ?   

(Rire) J'ai surtout découvert que je ne savais pas bricoler. Mais j'ai quand même fait quelques trucs comme essayer d'organiser notre terrasse, notre jardin pour pouvoir passer l'été comme il faut. 

Vous disiez avoir lu pas mal de livres pendant le confinement. Vous êtes quel genre ?   

J'en avais acheté plein quand j'étais à Anderlecht et il fallait que je les lise. Là, je suis en train de lire un livre sur "Comment réussir son échec". C'est intéressant (rire) et sinon je lis pas mal de bouquins d’entraîneurs aussi.   

Ce sont des lectures qui peuvent vous aider dans votre vie de footballeur ?   

Mentalement, oui. Sans le savoir, certains ont un fort mental et ils peuvent s'appuyer dessus et moi je pense qu'il fallait développer cette aptitude pour pouvoir aller plus haut. Je suis très dur envers moi et des fois, ça me dessert, je ressasse beaucoup ce qui vient de se passer, des petites choses que certains joueurs pourraient laisser passer et moi je n'arrive pas à passer outre et des fois ça peut m'empêcher d'aller au niveau au-dessus. Et puis, je suis dans un état d'esprit où j'aime bien savoir ce que pensent les autres et me mettre à leur place sur certaines situations. Je ne dis pas non plus que je veux devenir entraîneur parce que ce n'est pas ce que je veux faire mais quand on est joueur, on se demande souvent pourquoi l’entraîneur fait cette préparation, nous donne cette charge de travail, etc. Après, je pense qu'il y a des trucs que l'on ne comprend pas tant qu'on n'est pas entraîneur.   

Aujourd'hui Dennis, jouez-vous le football que vous aimez regarder à la télévision ?   

J'essaie de tendre vers là. Quand j'étais à Caen, j'étais un joueur très axé sur la défense et les contre-attaques, un jeu qui allait très vite vers l'avant. A Anderlecht, c'était différent, c'est une équipe qui aime avoir la possession du ballon avec des attaques placées et forcément moins de contre-attaques. Avec le coach, on essaie d'être dans l'entre-deux : pouvoir contre-attaquer quand on le peut mais surtout d'avoir une certaine maîtrise dans le jeu. Ce n'est pas un truc que j'avais avant mais c'est ce football que j'aime et que j'essaie d'acquérir avec le coach. Je pense avoir fait beaucoup de progrès par rapport à ça la saison dernière et comme on en apprend tous les jours, j'essaie de m’améliorer tous les jours.  

Avant d'arriver au FC Nantes, en juin 2019, Dennis Appiah a joué à l'AS Monaco, au Stade Malherbe de Caen et à Anderlecht.
Avant d'arriver au FC Nantes, en juin 2019, Dennis Appiah a joué à l'AS Monaco, au Stade Malherbe de Caen et à Anderlecht. © AFP - Loïc Venance

Pour la saison qui se profile, votre but est donc de gommer les imperfections dans votre jeu ?   

Complètement. Ma première année était en quelque sorte une période d'adaptation, un peu comme tout le monde car le coach est arrivé sur le tard. Il lui a fallu imposer ses idées rapidement, là on aura plus le temps avec la préparation. Et c'est vrai que c'était parfois pas très clair dans mes montées et c'était un peu à tâtons et c'est ce que j'essaie de corriger pour cette année.  

Il faut que des gens se révèlent cette année et que chacun prenne ses responsabilités pour prendre le leadership. Je pense que c'est ce qu'il nous manque.  

Et marquer un but ?   

C'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup. Après, il faut que je me mette en position, il faut que je prenne mes responsabilités de temps en temps et que je me fasse plaisir aussi. Parfois, j'ose pas et si je ne tire pas c'est que je considère que je ne suis pas dans la meilleure position, peut-être que je la cherche trop, sauf qu'elle n'existe pas la meilleure position. Et puis je suis très formaté à faire des passes plutôt qu'à tirer. 

Estimez-vous que vous progressez d'année en année ?   

A Anderlecht, j'étais meilleur qu'à Caen, ça c'est sûr. En ce qui concerne mon année à Nantes, ce n'était peut-être pas la meilleure, honnêtement

Il a manqué de régularité dans votre jeu et vos performances, la saison passée. Est-ce l'axe de travail numéro 1 à l'orée de ce nouvel exercice ?   

Je pense que c'est ce que le staff et le coach essaient de mettre en place. C'est également ce que nous recherchons. On travaille beaucoup la complémentarité entre joueurs pour avoir la même idée du football, je dirais. Pour y arriver et être régulier, il faut répéter les mêmes choses, les mêmes actions, les mêmes entraînements. Il nous reste huit semaines de préparation et je pense que ça nous suffira pour être à la fois prêts tactiquement et dans l'idée du jeu que nous voulons avoir pour pouvoir faire une saison cohérente et moins irrégulière.   

Pour y parvenir, ne manque-t-il pas d'un vrai leader sur le terrain et/ou dans le vestiaire ?   

Pas forcément un, mais plusieurs peut-être. Il faut que des gens se révèlent cette année et que chacun prenne ses responsabilités pour prendre le leadership. Je pense que c'est ce qu'il nous manque, ce qu'il manque au groupe parce qu'il est jeune et vient de débuter. Maintenant, tout le monde a à peu près joué, connait la Ligue 1, on est sur une deuxième année pour certains et ça va être celle de la confirmation. Il va falloir de la maturité et de la personnalité.   

Et vous ?   

Je m'inclue dedans, honnêtement, je ne parle pas forcément des autres. Après, j'essaie de le faire de façon naturelle, je n'aime pas forcer les choses. Quand c'est le cas, j'ai l'impression que c'est faux et je n'en ai pas envie. Mais je commence à comprendre que j'ai une certaine légitimité au niveau du groupe par rapport aux jeunes, notamment et j'essaie de leur faire passer des messages pendant les entraînements. En match, je suis peut-être un peu concentré sur moi-même, c'est vrai, et je devrais peut-être me détacher de moi-même pour aller vers les autres et les aider. J'essaie de le faire de temps en temps et cette année, je vais peut-être devoir le faire un peu plus.   

Avec le groupe tel qu'il est aujourd'hui, pensez-vous pouvoir enfin finir dans le top 10, un objectif qui vous échappe depuis plusieurs saisons maintenant ?   

Je pense qu'il y a des joueurs qui sont capables de nous amener à faire une bonne saison. Sur les côtés, on a pas mal d'armes, ça va très vite, c'est technique aussi. Il y a moyen de faire quelque chose si collectivement on est bons et on arrive à être réguliers et à progresser. Il ne faudra pas être très bon en août et ensuite régresser. Le problème d'une saison est qu'elle est longue et que même pendant celle-ci on doit progresser. L'année dernière, on avait très bien commencé mais ensuite les autres clubs ont progressé, et nous l'avons fait moins rapidement que les autres. C'est pour ça qu'on s'est fait rattraper.

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