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Football
Dossier : Euro 2020 de football

Euro 2020 - Didier Deschamps : "L’objectif c'est la qualification qui est historiquement difficile voire chaotique"

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Par , , , France Bleu

Didier Deschamps s'est confié à France Bleu en cette fin d'année au micro de jacques Vendroux, le patron des sports de Radio France. Le sélectionneur des Bleus fait le bilan de 2018 et se projette sur 2019, année qualification pour l'Euro 2020 "qui est historiquement difficile voire chaotique".

Didier Deschamps
Didier Deschamps © Radio France -

L'heure est au bilan de l'année 2018 et à la projection sur l'Euro 2020. Et elle fut riche pour Didier Deschamps : le sélectionneur des Bleus a permis à la France de remporter la deuxième Coupe du monde de son histoire en battant la Croatie en finale (4-2) le 15 juillet dernier.

Seul point noir : les hommes de "DD" ont été éliminés précocement de la Ligue des Nations en novembre. La France lancera son parcours qualificatif pour l'Euro 2020 avec un déplacement le 22 mars prochain en Moldavie dans le groupe H.

Didier Deschamps s'est entretenu de longues minutes au micro de Jacques Vendroux, le patron des sports de Radio France, au siège de la Fédération Française de Football (FFF), à Paris, en cette fin d'année.

Est-ce que votre vie a changé depuis le 15 juillet ? 

"Depuis ce titre de champion du monde, les sollicitations sont un peu plus importantes. Il y a le côté agréable car on me remet pas mal de prix par rapport à ce succès. Hors des rendez-vous pour l'équipe de France, les sollicitations sont plus importantes. Sans me la raconter, on a eu à travers cette  épopée en Russie et ce titre, on a eu le privilège de donner et de partager énormément d'émotion avec tous les Français. Et ils nous le rendent bien au quotidien : c'est beaucoup de remerciements et ils ont envie d'avoir un souvenir comme un autographe, un selfie, une photo. Ce sont des choses plutôt sympas et agréables."

Est-ce que 2018 c'est plus fort que 1998 ?

"Je ne vais pas dire plus ou moins : c'est autant. La grande différence c'est quoi ? France 98 a marqué une génération. Et la génération qui a aujourd'hui entre 5 et 25 ans elle est marquée par 2018 car ils n'étaient pas nés ou ils n'étaient pas en âge de comprendre en 98. Là ils ont vibré. De marquer cette génération-là, c'est quelque chose de  très important. Plus l'équipe de France sera championne du monde le plus de fois possibles, tant mieux. 

Quelles sont les différences en termes de ferveur entre 2018 et 1998 ?

"J'aime pas trop comparer mais la Coupe du monde 98 était en France c'était palpable à chaque fois. En 2018, c'était en Russie, on était dans notre bulle. Les joueurs et moi avons réalisé à notre retour à Paris et sur les Champs-Elysées et par la suite dan la vie au quotidien. C'est ce que je leur ai dit à la fin du match (de la finale, ndlr) : "A partir de ce soir vous n'êtes plus les mêmes". Ils sont devenus champions du monde et le regard des autres est forcément  différent."

Ça fait quoi de faire rêver les gens dans le contexte actuel ? 

"Quand on voit les scènes de liesse... On n'a pas la prétention de résoudre les problèmes quotidiens, les problèmes sociaux et autres mais le temps de  la compétition quand on arrive au succès, tout le monde se mélange, tout le monde s'unit et tout le monde a envie de partager et  vibrer ensemble. Et le football, qui est le sport le plus populaire, a cette capacité à rassembler une grande partie des Français. Et ceux qui sont à l'étranger sont encore plus marqués car le regard des autres changent : ce sont des Français "champions du monde". Avec ce titre, tous les Français doivent se sentir champions du monde et peuvent être fiers."

L'objectif c'est l'Euro 2020 désormais...

"L'objectif c'est la qualification en 2019 pour l'Euro 2020. "

Des vacances en attendant ? 

"Oui. Et on va basculer au mois de mars avec un parcours de qualification qui est historiquement difficile voire chaotique.  Mais l'objectif clair est de se qualifier pour cette compétition avec l'Euro 2020."

Vous rendez souvent hommage à votre staff...

"C’est la réalité. Je ne peux pas avoir la responsabilité que j'ai comme sélectionneur et de ne pas m'appuyer sur un staff. On me met moi en  lumière car je suis le responsable mais je sais tout ce q'u'ils m'apportent au quotidien dans les différents domaines. Notre objectif à l'ensemble du staff c'est de mettre les joueurs dans les meilleures conditions. Leur travail n'est pas mis en lumière mais je suis là pour le faire en termes de compétences et humainement : on était 43 - les vingt-trois joueurs et vingt membres du staff. On est dans la spécificité, l’analyse, les discussions, la planification... eux ils me disent merci mais moi je ne suis pas sur mon piédestal. La réussite est collective. L'image que doit donner le staff et essentielle pour le groupe de joueurs. L'unité, le fait de bien se connaitre, d'avoir cette proximité est quelque chose que les joueurs ressentent au quotidien."

Etes-vous hors norme ? 

"Ça me fait plaisir, je ne vais pas dire le contraire."

Vous êtes toujours lucide ? 

"Je prends suffisamment de recul pour cela, je fais tout pour être lucide. Cela doit venir de mon éducation. La réussite sportive est quelque chose de fabuleux mais il ne faut pas perdre la lucidité et l'humilité qui vont avec. C'est facile de se brûler les ailes car c'est tellement  agréable. Mais j'ai eu une vie avant et elle ne changera pas. Elle est modifiée dans le regard des autres."

Votre fils vous a-t-il fait évoluer ? 

"On discute avec Dylan. Il est de la génération de pas mal de joueurs que j'ai dans le groupe. " 

Ça vous aidé ? 

"Oui bien sûr. Des centres d'intérêt différents, des modes de communication différents.... je ne suis pas né dans le même contexte. En me taquinant il me dit : "ton époque c'était la préhistoire". Il a un peu vrai. Il faut s'adapter : c'est le maître-mot qu'on est sélectionneur."

Est-ce que vous avez une idole ?

_"Je m'inspirais des joueurs qui jouaient à mon poste comme Fabrice Poullain quand j'étais à Nantes. J'aimais les autres sports sans avoir d'idole absolue. Je n'avais pas de posters dans ma chambr_e."

Qu'auriez-vous rêver d'être dans une autre vie  ? 

"Je pense que j'ai bien fait de choisir le football. Ce serait déplacé de ma part par rapport à la réussite que j'ai connue en tant que footballeur d'avoir un autre rêve. Le rêve je l'ai eu dans ma discipline. 

Vous êtes admiratif des sportifs de haut niveau ?

Quand on arrive au très haut niveau, c'est parce qu'il y a beaucoup d'exigences. Ce n’est pas des sacrifices mais ça ne vient pas comme ça en claquant des doigts. Il y a beaucoup d'exigences au quotidien : récupération, alimentation, sommeil... Il n y a pas de hasard au très haut niveau, c’est qu'il a tout fait et qu'il a été meilleur que le autres."

Vous avez accepté d'être le parrain des pièces jaunes de Bernadette Chirac...

"C'est un honneur et une fierté pour moi de l'être. C'est une manière de sensibiliser les gens et d'améliorer le quotidien dans le milieu hospitalier pour les jeunes et les moins jeunes. Plus c'est médiatisé mieux c'est pour ces associations. Tout ce qui touche à l'enfance c'est quelque chose de très important parce que je suis papa et mon fils a la chance et le privilège de ne pas avoir de soucis. Je vois des enfants qui souffrent parce qu'ils ont des maladies et ce sont le premiers à avoir le sourire : ce sont de formidables exemples de vie. Quand on a tendance à se plaindre pour un oui ou pour un non, c'est bien de voir ça."

C’est pour ça que vous êtes lucide ? 

"Je fais en sorte d'avoir du recul et de garder toujours ma lucidité même si on peut essayer par moment de m’énerver mais je ne pense pas qu'on y arrivera (rires). La vie est trop belle et il faut faire en sorte qu'elle soit la plus belle possible."

Vous êtes resté quelqu'un de normal ...

"Oui je l'étais je vois pas pourquoi je changerais..."

Certains ont disjoncté ! 

"Oui on peut toujours à un moment ou un autre. J'essaie d'être le plus lucide possible. Et il faut prendre le temps d'apprécier à chaque fois car tout va vite. Ce qui est arrivé hier est déjà pas important. Ce qui est important est ce qui arrive aujourd'hui et demain."

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