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Euro de football : nos consultants analysent l'échec des Bleus

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Eliminée dès les huitièmes de finale de l'Euro par la Suisse, l'équipe de France doit désormais se pencher sur les raisons du naufrage. Problème d'animation offensive, une défense fragilisée, fatigue physique, les consultants football de France Bleu analysent la performance des Bleus.

Au lendemain de l'élimination de l'équipe de France par la Suisse, les consultants football de Radio France analysent la contre-performance des Bleus Au lendemain de l'élimination de l'équipe de France par la Suisse, les consultants football de Radio France analysent la contre-performance des Bleus
Au lendemain de l'élimination de l'équipe de France par la Suisse, les consultants football de Radio France analysent la contre-performance des Bleus © AFP - FRANCK FIFE

Les supporters français avaient perdu l'habitude de ressentir la frustration de voir son équipe éliminée si tôt dans une compétition internationale. Au lendemain de la défaite des Bleus face à la Suisse en huitième de finale (3-3, 5-4 t.a.b), l'heure est à la recherche des raisons d'une telle contre-performance. 

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Des "erreurs défensives", une "attaque insuffisante"

Pour l'ancien champion du monde et consultant football de France Bleu Bixente Lizarazu, "l'équipe de France ne respirait pas ce qu'elle respire d'habitude". Sur franceinfo, il a jugé que les Bleus n'ont jamais été "à 100%" physiquement et ont fait "beaucoup d'erreurs défensives". 

Pour Jérôme Alonzo, lui aussi consultant football pour France Bleu, la défaite des Bleus face à la Suisse est "relativement méritée". Il estime que les "Français ont survécu dans ce match", malgré "trente très bonne minutes" côté tricolore. De son côté, Nadia Benmokhtar, consultante football pour France Bleu, estime qu'il y a eu "des manques flagrants", notamment au niveau de la "solidité défensive alors que c'était l'une des grands qualités de l'équipe de France qui a fait son succès en 2018". Elle pointe également de "nombreuses erreurs techniques" et "des prestations individuelles en dents de scie".

Nadia Benmokhtar exprime sa frustration à l'encontre du trio d'attaque des Bleus. "On a eu un aperçu pendant 25 minutes de ce qu'aurait dû être l'animation offensive des Bleus avec un football rythmé, de la qualité, des combinaisons. 25 minutes sur quatre matchs, c'est forcément insuffisant". Jérôme Alonzo estime qu'il faut se poser "les bonnes questions". "Les trois jours de repos en moins, les blessures à répétition, l'animation offensive", tout cela faisait "beaucoup pour que la France puisse être complètement performante".

La Suisse, impressionnante

Mais plus que la forme moyenne des Bleus, c'est la performance de la Suisse qui a impressionné le consultant Jérôme Alonzo : "Techniquement, tactiquement, mentalement. Il ont tout mis. Ils ont fait un petit peu mieux que les Français". Selon l'ancien gardien du PSG, les Bleus auraient néanmoins pu s'en sortir, mais "l'arrêt fantastique" du portier suisse à la fin de la séance de tirs au but a mis fin à tous les espoirs.

Nadia Bemokhtar aussi a été impressionnée par la Suisse avec "son milieu de terrain très fluide, sa réussite devant le but" et "leur force mentale". Une équipe qui a eu "les ressources psychologiques collectives pour renverser" le match. "Une prestation incroyable" conclut-elle. 

Tirer les leçons de cet Euro raté 

Depuis le début de cet Euro, les Bleus n'ont pas su se montrer au niveau de 2018. A part lors du très solide match de poules contre l'Allemagne, l'équipe de France était en demi-teintes. "Il s'est passé quelque chose en 2018 et là, pas du tout" estime Bixente Lizarazu. Pour lui, il faut aller chercher les raisons de ce piètre parcours du côté de la préparation des Bleus. Comme le fait d'avoir "passé pas mal de temps à Budapest sous une chaleur absolument étouffante" ou que "les joueurs ont eu une mauvaise récupération dans ces conditions difficiles"

L'autre problème pour Lizarazu, c'est le fait que les Bleus ont passé leur temps "à chercher le meilleur système" tactique. "Didier Deschamps a essayé plein de choses" mais n'est pas arrivé "à trouver la meilleure formule pour nos attaquants". 

Pour Nadia Benmokhtar, il faudra tirer des leçons des cet Euro, notamment au niveau individuel "parce qu'on a eu des joueurs-cadres que l'on attendait à un niveau au-dessus, qui n'ont pas eu le rendement espéré". Et des leçons à tirer également au niveau collectif, "parce que cela doit tourner dans la tête de Didier Deschamps" avec "cette incapacité qu'il a eue à trouver le bon système, la bonne organisation pour mettre son équipe dans les meilleures conditions possibles". La consultante regrette le manque de certitude du sélectionneur. "Quatre compositions différentes, trois ou quatre schémas tactiques différents utilisés", "on s'est beaucoup cherchés dans cette compétition". 

Et maintenant ? 

Les Bleus devront rapidement rebondir et se remettre en selle avec la Coupe du monde 2022 au Qatar qui arrivera beaucoup plus vite que d'habitude en raison de cet Euro repoussé d'un an. Sous contrat jusqu'au prochain mondial, Didier Deschamps a semble-t-il écarté tout départ anticipé. Et c'est une "bonne nouvelle" pour Nadia Benmokhtar. "Avec cet Euro qui a été décalé d'un an, la prochaine compétition est moins loin que d'habitude. Tout de suite, cela laisse à l'équipe de France la possibilité de se projeter à court terme et de se dire : 'Pour la Coupe du monde en 2022, on essaye de rattraper ce qui n'a pas été, de gommer nos erreurs et on essaie d'aller la chercher'

Et les affaires courantes reprendront très vite, dès le 1er septembre avec la réception de la Bosnie-Herzégovine pour les qualifications au Mondial-2022. Trois jours plus tard, les Bleus se déplaceront en Ukraine puis recevront la Finlande le 7 septembre à Lyon. Autre rendez-vous pour l'équipe de France, le carré final de Ligue des nations, en octobre en Italie. Les Bleus affrontent la Belgique en demi-finale à Turin le 7 octobre et espèrent atteindre la finale du tournoi contre l'Espagne ou l'Italie. Un titre, même honorifique, pourrait leur remettre un peu la tête à l'endroit. 

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