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FC Metz - FC Nantes: quand Raymond Domenech et Fred Antonetti se retrouvaient au milieu d'une bagarre générale

Raymond Domenech et Frédéric Antonetti, respectivement entraîneur du FC Nantes et du FC Metz qui s'affrontent ce dimanche 24 janvier en Moselle, ne se sont rencontrés qu'une fois en match. C'était en 1989 lors d'un Bastia-Lyon épique et qui s'était terminé en bagarre générale.

Après avoir été joueur du Sporting, Frédéric Antonetti, aujourd'hui à Metz, a entraîné Bastia entre 1994 et 1998.
Après avoir été joueur du Sporting, Frédéric Antonetti, aujourd'hui à Metz, a entraîné Bastia entre 1994 et 1998. © Maxppp - Bep

"On avait perdu le match mais on avait gagné la bagarre", s'esclaffe l'entraîneur messin en se remémorant ce 25 mars 1989. Le Sporting Club de Bastia emmené par le milieu de terrain Frédéric Antonetti défie, ce soir-là, le Lyon de Raymond Domenech. Privés de leur terrain jusqu'à la fin de la saison après les violents incidents qui avaient émaillé la rencontre face à Dijon, début mars, les Bastiais sont contraints de jouer sur terrain neutre, au stade Bauer de Saint-Ouen. En lice pour accéder à la première division, les Gones l'emportent facilement, dans le froid parisien. Mais la troisième mi-temps, elle, tourne à l'avantage des insulaires

Les Bastiais étaient arrivés au stade moins d'une heure avant le match

Au lendemain de ce match qui a pris, au fil de la soirée, des allures de combat de boxe, France Football titrera : "Chronique d'une journée corsée". Doux euphémisme pour retracer les péripéties des Corses qui ont définitivement dû faire une croix sur leur montée dans l'élite, ce soir-là. "C'était l'époque où il y avait la grève générale à Bastia, rembobine Frédéric Antonetti, un sourire en coin. On devait partir la veille en avion mais à cause des grèves, il n'est pas parti. Le lendemain, il n'était pas là non plus. On a été obligés d'aller en voiture à Ajaccio pour prendre un vol et à 15 heures on était toujours à Corte alors qu'on jouait cinq heures plus tard à Saint-Ouen. Je m'en rappelle très bien. On avait loué des voitures et on était arrivé avant les autres à Corte. Du coup, en attendant on s'était assis sur un pont, il faisait très beau d'ailleurs, et on les a attendus."

Une bande de sauvages a sauté sur mes joueurs. Heureusement, mes joueurs ont conservé leur sang-froid. A Furiani, il nous aurait fallu deux heures pour sortir du stade.

Tant bien que mal, l'équipe de Roland Gransart arrive en région parisienne. "Nous sommes arrivés à Saint-Ouen à 19h32", raconte à l'époque le président du club finaliste de la Coupe de l'UEFA 1978, Pierre Fantoni, au journaliste Arnaud Lecomte. Soit 58 minutes avant le coup d'envoi de cette 29e journée de deuxième division. "On était un peu énervé, se rappelle l'actuel entraîneur du FC Metz. Il y avait eu des expulsés parce qu'on était énervés d'avoir gâché notre saison et on a perdu le match." Et les Gones ne font pas dans le détail. Devant quelque 1.830 spectateurs, Gotty, Colin et Bouafia par deux fois remplissent les valises bastiaises qui ont débordé de toute part à l'issue de la rencontre.

"Un tabouret et des chaussures ont volé. J'ai moi-même dû faire le coup de poing"

Frustré jusqu'au bout des orteils, les Corses résolus à ne pas faire le voyage pour rien s'empressent de quitter la pelouse pour regagner les sous-sols du stade Bauer. "Le couloir menant aux vestiaires s'est alors transformé en champ de bataille", racontera le journaliste de l'hebdomadaire sportif. Les coéquipiers de Frédéric Antonetti éteignent alors la lumière et attendent, remontés comme des pendules, les futurs promus. 

"Une bande de sauvages a sauté sur mes joueurs, expliquera Raymond Domenech. Heureusement, ils ont conservé leur sang-froid. A Furiani, il nous aurait fallu deux heures pour sortir du stade." Son président, Jean-Michel Aulas, confiera à Arnaud Lecomte : "Ce qui s'est passé au retour au vestiaire ne devrait plus jamais se produire. Un tabouret et des chaussures ont volé. J'ai moi-même dû faire le coup de poing. La Ligue devrait prendre plus d'initiatives pour protéger les joueurs. Ce n'est pas Bastia qu'il faut blâmer."

Sur ces incidents, il sera aussi difficile de faire la lumière que de faire fondre la glace de la banquise avec un sèche-cheveux.

Plus de trois décennies plus tard, les souvenirs sont intacts chez le nouvel entraîneur des Canaris comme chez son homologue mosellans. "Ah, j'ai l'image encore", lâche ce dernier qui promet ne pas s'être battu, ce soir-là. "Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, s'était lui contenté de déclarer, Pierre Fantoni, après-coup. Les Lyonnais auraient-ils chambré certains de mes joueurs ? Allez savoir." 

Le doute sur cette histoire ne sera jamais complètement levé comme l'anticipait Arnaud Lecomte  : "Sur ces incidents, il sera aussi difficile de faire la lumière que de faire fondre la glace de la banquise avec un sèche-cheveux." L'histoire n'aura pas eu d'incidence sur la relation entre les deux hommes qui ont passé leur diplôme d’entraîneur ensemble et qui échangeaient régulièrement du temps où Raymond Domenech était le sélectionneur de l'Équipe de France Espoirs. Et pour leurs retrouvailles, ce dimanche après-midi, ils ne manqueront sûrement pas d'en "rire" au moment de se saluer du poing, amicalement cette fois. 

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