Football

Foot : après la sanction de joueurs, le PSG et l'OM veulent boycotter Canal+

Par Germain Arrigoni, France Bleu samedi 11 avril 2015 à 19:09

Le PSG et l'OM ont mené un boycott des journalistes du groupe Canal+
Le PSG et l'OM ont mené un boycott des journalistes du groupe Canal+ © Maxppp

Les suspensions de Zlatan Ibrahimovic et Dimitri Payet jeudi soir pour des propos grossiers envers les arbitres révélés par les images de Canal+ ont entraîné une riposte inattendue : jusqu'à la fin de saison, les joueurs des deux clubs n'adresseront plus la parole aux journalistes de la chaîne de télévision.

Après les suspensions de Zlatan Ibrahimovic et Dimitri Payet, fondés notamment sur des images filmées par Canal+, le PSG et l'OM ont publié un communiqué qui reprend exactement les mêmes termes et qui stipulent que les joueurs, les membres du staff et les dirigeants ne parleront pas aux journalistes de la chaîne. 

"Soucieux d'éviter tout nouveau malentendu et afin de préserver l'intérêt et la régularité du championnat à sept journées de son terme, les dirigeants du Paris Saint-Germain/de l'Olympique de Marseille ont pris la décision de ne plus faire de déclarations publiques auprès des journalistes et devant les caméras des chaînes du groupe Canal Plus jusqu'au samedi 30 mai", date de la finale de la Coupe de France (PSG-Auxerre), ont publié dans un même communiqué les deux grands clubs français. 

Les interviews pendant et après les matches, ainsi que les conférences de presse, étant régies par une simple "charte médias" signée par la Ligue de football professionnel (LFP) et les diffuseurs, l'OM et le PSG ne s'exposent à aucune sanction. 

La LFP du côté des clubs ?

De toutes façons, ce n'était vraiment pas l'intention de la Ligue, qui semble dans cette affaire se ranger du côté des clubs. Comme le révèle samedi matin le quotidien L'Equipe, la LFP compte en effet envoyer en début de semaine à Canal+ un courrier de mise en demeure lui demandant de respecter les dispositions de l'article 8 du contrat de diffusion qui lie les deux parties. 

Celui-ci prévoit que les attributaires des droits de diffusion s'engagent "à ne pas promouvoir des scènes contraires à l'image du football (attitudes inappropriées des acteurs ou des spectateurs) et à donner une image positive du football en mettant l'accent sur les beaux gestes et le beau jeu". 

"Plus généralement, tout attributaire s'engage à ne pas dévaloriser l'image de la Ligue 1, des clubs, de la LFP et du football professionnel", peut-on également lire dans ce texte. 

Dans les bureaux parisiens de la Ligue, on considère donc qu'en diffusant les insultes de "Zlatan" et Payet, Canal+ a enfreint ces règles. Et on explique clairement que si la chaîne n'obtempère pas, la LFP envisagera de l'empêcher de filmer en dehors du terrain. De son côté, Canal+ a réagi en indiquant "regretter vivement" la prise de position des deux clubs et souhaité "qu'ils reviennent sur leur décision".

Défiance envers Canal+

Alors comment en est-on arrivé là, alors que Canal+, partenaire du football français depuis plus de 30 ans, est aussi avec ses investissements (420 millions d'euros par an, 540 à partir de 2016) le principal garant de son équilibre économique ?

Certains arguments de l'OM, du PSG (naturellement très proche de BeIn Sports, le concurrent qatari de C+) et de la Ligue peuvent s'entendre : avec la médiatisation croissante de certains joueurs et clubs, l'équité serait menacée, la frustration d'un latéral caennais ou messin attirant a priori moins les caméras que celle d'Ibra.

Mais au-delà de cela, plusieurs dirigeants de clubs de L1 se sont aussi de plus en plus braqués contre Canal+ depuis l'arrivée dans le jeu en 2012 de BeIn, au traitement jugé moins critique et plus bienveillant.

Pour autant, les clubs entretiennent parfois eux-mêmes une ambiguïté vis à vis de l'image. Lorsque le Bastiais Brandao avait mis un coup de tête au Parisien Thiago Motta dans les couloirs du Parc des Princes en août dernier, le PSG s'était empressé de proposer les images de vidéo-surveillance à RMC-BFM.