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Football

Girondins : "À Bordeaux, les supporters des Ultramarines sont très remontés contre la direction"

vendredi 20 avril 2018 à 5:06 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Le journal L'Equipe consacre ce vendredi en partenariat avec France Bleu un dossier spécial à la place des supporters de football en France. Exemple à Bordeaux, où les relations sont difficiles entre les Ultramarines, le principal groupe, et la direction, notamment le président Stéphane Martin.

Les Ultramarines, supporters bordelais, lors du match à Guingamp.
Les Ultramarines, supporters bordelais, lors du match à Guingamp. © Maxppp - Nicolas Créach

Bordeaux, France

C'est un sujet délicat. Le dialogue entre les clubs de football et les supporters n'a a jamais semblé aussi compliqué. Côté Ultras, on dénonce les arrêtés préfectoraux qui se multiplient, empêchant les supporters de se déplacer avec leur équipe lors des rencontres à l'extérieur. Dans le même temps, par deux fois (le 10 mars à Lille, et le 30 au Havre), des fans sont entrés au stade pour s'en prendre à leurs propres joueurs. Le journal l'Equipe consacre, en partenariat avec France Bleu, un dossier au foot et ses supporters.

Pourtant, cette saison, des efforts étaient censés être faits, dans les deux sens. En s'appuyant sur la loi"renforçant le dialogue avec les supporters et la lutte contre le hooliganisme", promulguée en mai 2016. La Ligue de football professionnel avait aussi demandé à chaque club de nommer un réferent, chargé de faire le lien entre le club et les groupes d'ultras. 

À Bordeaux, où les Ultramarines sont en situation de quasi-monopole (seul un autre groupe, les Irréductibles est reconnu, mais beaucoup moins important), cette saison est probablement la pire de l'histoire, concernant le supportérisme. Le 16 janvier dernier, Bordeaux a affronté Caen, devant un virage sud à huis clos, décision de la Ligue après l'utilisation de fumigènes. Depuis le début de l'année 2018, les supporters des Girondins sont quasiment interdits de déplacement (ou sévèrement encadrés) à tous les matchs à l'extérieur. Et les relations avec la direction du club sont loin d'être au beau fixe. 

Interview avec Emery Taisne, journaliste à L'Equipe, sur la situation à Bordeaux 

France Bleu Gironde : Les mauvaises relations des Ultramarines avec la direction sont-elles liées à Stéphane Martin lui-même, ou aux mauvais résultats ? 

Emery Taisne : Quand Stéphane Martin arrive, les relations ne sont pas forcément mauvaises. Il y a un peu de nostalgie, déjà, de la part des Ultramarines, qui avaient appris à tisser une relation de confiance avec son prédécesseur Jean-Louis Triaud. Donc il a fallu créer de nouvelles relations. En fin de saison dernière, cela ne se passe pas trop mal, parce que le club a de bons résultats sportifs.

 Je crois que le point de départ de la crispation, ce sont les mauvais résultats du club entre octobre et janvier, avec effectivement cette volonté de la part des Ultramarines de se séparer de Jocelyn Gourvennec.

 Une requête qui n’était pas entendue à l'époque par la direction. Pour le président, ne pas changer d'entraîneur était un choix fort alors que pour les Ultramarines, et c’est là qu’on devine le conflit, ne pas se séparer de Gourvennec est une absence de décision. 

Les Ultramarines réclament la démission de Jocelyn Gourvennec, lors du match contre Caen en janvier.  - Maxppp
Les Ultramarines réclament la démission de Jocelyn Gourvennec, lors du match contre Caen en janvier. © Maxppp - David Thierry

Et dans quelle mesure les « Gourvennec démission » que l'on entendait à chaque match ont fini par convaincre Stéphane Martin ? 

Je ne crois pas que ce soit ça qui ait fini par convaincre Stéphane Martin. Ils n’a pas forcément cédé aux cris des supporters mais il a changé d'entraîneur, simplement parce que les résultats étaient encore en baisse en janvier.

 Et c’est une volonté qui remonte même à l'actionnaire avec Nicolas de Tavernost, qui avait reçu les Ultramarines avant le match contre Marseille, en novembre. 

Autant les Ultramarines sont très remontés contre la direction, autant Nicolas de Tavernost et M6 sont très respectés 

Il les a aussi reçu le 18 janvier, le jour de l’éviction de Jocelyn Gourvennec… Cela montre qu’ils ont une grande importance au club ? 

Déjà, ce qu’il faut savoir, c’est qu’autant les Ultramarines sont très remontés contre la direction actuelle, autant Nicolas de Tavernost et la chaîne M6, sont très respectés par les Ultramarines. Ils n’oublient pas tout ce qui a été bien fait ces dernières années.

Effectivement, l’actionnaire qui s'exprime auprès des supporters, ce n'est pas forcément courant. Je crois qu’il a eu besoin de les rassurer. Et en même temps de poser les bases de tout ce qu'on peut entendre depuis quelques semaines, à savoir la reprise du club par les Américains. Il leur avait dit « Soyez patients ». 

Stéphane Martin trouve qu'on leur [les Ultras] accorde trop d'importance 

Et juste après cette décision, ils s’étaient dit déçus de la nomination de Gustavo Poyet, en disant qu’ils auraient préféré Michel Preud’homme.

Ce qui est sûr c'est que si vous parlez aujourd'hui aux responsables des Ultramarines, ils vous diront qu’ils tiennent un discours de patrons, en ayant bien conscience que ce ne sont pas eux les patrons.

 Le discours qu’ils ont, c’est celui qu’ils aimeraient que la direction développe de temps en temps. Il y a une volonté de la part des Ultramarines de prendre une place importante au sein du club, alors qu’elle est mineure aujourd’hui. Et ça ne se passe pas très bien avec Stéphane Martin, qui trouve qu’on leur accorde trop d’importance. 

Et un autre sujet de crispation cette saison, ce sont les interdictions de stades que subissent les Ultramarines… Ils ne se sont pas sentis assez soutenus par le club à ce sujet ?

Oui, d’abord, une de leurs banderoles avait pris feu, lors d’un match à Troyes (le 13 janvier), ce qui leur avait valu des interdictions de déplacement. Ils avaient décidé de passer outre l’arrêté préfectoral, et d’aller à Nantes, le 20 janvier. Ensuite, ils l’ont refait à Strasbourg, le 3 février, où une quarantaine d’entre eux avaient été placé en garde à vue. Et là, ça a fait du bruit. 

Les Ultramarines défendent l'idée d'un stade vivant, avec des fumigènes. C’est tout ce contre quoi lutte la direction

Il y a eu un élan de soutien par la suite dans beaucoup de stades d’Europe, et même en Amérique du Sud. Et c’est là qu’il y a un point de conflit avec le club. Parce que les Ultramarines défendent l’idée d’un stade vivant, avec l’utilisation de fumigènes. Et c’est tout ce contre quoi lutte la direction, qui en a assez de se justifier à ce sujet devant la commission de discipline.

Et, au moment des gardes à vue, les Ultras auraient préféré que le club les soutienne plutôt que de s’entendre dire que le problème c’était les fumigènes. 

Les fumigènes allumés contre Marseille ont été sanctionnés par la Ligue de football professionnel. - Radio France
Les fumigènes allumés contre Marseille ont été sanctionnés par la Ligue de football professionnel. © Radio France - Maxppp

Et c’est un combat qui leur coûte aujourd’hui…

Oui, parce que même s’il y a eu un élan de solidarité, il ne s’est pas traduit par des aides financières, qui aujourd'hui leur seraient très utile. Parce que tous leurs procès se tiennent hors de Bordeaux. Les 40 supporters qui avaient été arrêtés en allant à Marseille, aujourd’hui, comparaissent à Marseille et pas à Bordeaux, ce qui engendre des frais.

On ne peut pas exclure totalement que l'association puisse être mis en sommeil temporairement, parce que si une quarantaine de membres sont interdits de stade, cela va être difficile pour eux de continuer. 

La Une de l'édition spéciale de l'Equipe consacrée à Bordeaux. - Aucun(e)
La Une de l'édition spéciale de l'Equipe consacrée à Bordeaux. - L'Equipe

Bordeaux remplit peu son stade