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Football - GF38 : Hugo Cianci, bad boy sentimental

France Bleu Isère dimanche 27 avril 2014 à 17:55

Natif de Grenoble, Hugo Cianci est de retour après neuf matches de suspension.
Natif de Grenoble, Hugo Cianci est de retour après neuf matches de suspension. © Radio France - Jean-Luc Mounier

Au terme de neuf matches de suspension, Hugo Cianci a effectué son retour dans l’équipe du Grenoble Foot 38, contre Valence (0-0), le 17 avril. L’occasion de partir à la rencontre de l’enfant du club. Mi-ange, mi-démon, le milieu de terrain revenu en Isère à l’automne 2012, est avant tout un sentimental.

Son tatouage et ses lunettes noires lui donnent un côté bad boy . Sur le terrain, sa propension à contester les décisions arbitrales contribue aussi à véhiculer l’image d’un enfant terrible. Hugo Cianci vient de purger neuf matches de suspension (plus un pour accumulation de cartons jaunes) pour « menaces sur officiels » lors de la rencontre Grenoble-Monaco en décembre dernier. Quatre mois sans jouer. "L’arbitre le méritait. Quand c’est un tout qui s’accumule, à un moment, il faut bien que quelqu’un craque…" Pas du genre à se défiler, Hugo. Tout juste concède-t-il "une erreur" . En dehors du terrain, le Grenoblois de naissance possède aussi quelques attributs du lascar , notamment une passion pour les jeux qui l’a conduit à se faire interdire de casino à son retour en Isère, en 2012 : "j’étais fou à l’époque."

  • "Sur une saison, neuf matches, ce n’est pas rien ! À ce moment-là, c’est comme si j’avais lâché tout le monde…" *

Mais Hugo a des faiblesses qui en feraient presque un sentimental. Ainsi en va-t-il de son amour pour le GF38, son "club de cœur" . "J’y suis depuis mes 13 ans. Ici, je suis chez moi. C’est le club avec qui j’ai envie de tout connaître à nouveau. La montée en National d’abord puis la Ligue 1, un jour, que ce soit en étant sur le terrain ou en dehors." Alors quand le joueur de 24 ans apprend sa suspension, il en a "les larmes aux yeux". "Sur une saison, neuf matches, ce n’est pas rien ! À ce moment-là, c’est comme si j’avais lâché tout le monde… Cette suspension fait partie des moments durs dans ma vie ." Sur le retour, Hugo Cianci affiche désormais une volonté décuplée, visible lors du derby contre Valence où il a été le Grenoblois le plus remuant. "Il a soif de revanche, il sait qu’il nous a mis en difficulté avec sa suspension ", souligne Olivier Saragaglia. "Il va falloir mettre le turbo rapidement. Le faire pour mes coéquipiers, pour rattraper sur le terrain l’erreur que j’ai commise" , explique l’intéressé.

"Revenir à Grenoble m’a fait du bien"

Et qu’importe s’il évolue toujours en championnat amateur pendant que ses anciens coéquipiers du centre de formation Sofiane Feghouli et Jonathan Tinhan jouent respectivement au Valence CF (Espagne) et à Montpellier. "Je suis content pour eux. Jonathan, c’est mon frère. Avec lui, on a tout fait. Pour moi, c’est une fierté qu’il soit là-haut." Le garçon n’est pas aigri. *"Certains ont de belles carrières. D’autres doivent creuser (sic). On va dire que c’était mon destin !* " Lui-aussi a eu sa chance avec le monde professionnel, à Boulogne-sur-Mer (Ligue 2), en 2011-12, après le dépôt de bilan du GF38. L’aventure dans le Nord commence bien mais une phlébite vient contrarier ses plans. Alors en Ligue 1, Nancy se montre intéressée par son profil mais l’affaire capote. "Le président de Boulogne demandait une somme trop élevée, alors que j’étais arrivé gratuitement…" À l’issue de cette "déception" , Hugo n’a qu’un besoin : se ressourcer. Il résilie son contrat et revient à Grenoble malgré l’intérêt de formations de Ligue 2 (Angers et Istres, notamment). Un retour moins attractif financièrement mais réparateur mentalement. "À Boulogne, j’ai souffert de l’éloignement avec ma famille. Je savais que revenir ici allait me faire du bien." La famille, c'est un pilier dans la vie d’Hugo. Son tatouage sur l’avant-bras en atteste. "Il y a des cartes, avec la date de naissance de mon grand-père, parce que c’est lui qui m’a appris à jouer aux cartes." Récemment, **"la Cianc’ " comme le surnomme ses coéquipiers, s’est fait tatouer une roulette autour des cartes. "Maintenant, je n’ai plus que mon bras pour y jouer" , plaisante-t-il. À la fois affectif et bad boy , ce tatouage résume à lui seul Hugo Cianci.Reportage : Romain Lantheaume

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