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Football : Stéphane Gilli, un Héraultais au service de la sélection du Maroc

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Par , France Bleu Hérault

Nommé adjoint en sélection du Maroc, l'été dernier, par le numéro un Vahid Halilhodžić, l'héraultais Stéphane Gilli se plaît dans ses nouvelles fonctions et ambitionne, avec ses partenaires, de participer à la prochaine Coupe d'Afrique des Nations et à la prochaine Coupe du Monde.

Stéphane Gilli est passé tout près de la montée en Ligue 1 avec le Paris FC, en mai 2019
Stéphane Gilli est passé tout près de la montée en Ligue 1 avec le Paris FC, en mai 2019 © Maxppp - Lionel Vadam

Stéphane Gilli est un homme de l'ombre, de ceux qui font briller le collectif. Adjoint pendant de nombreuses années dans des clubs français (Grenoble, Sochaux, PFC) et en sélection de Bosnie avec Mecha Bazdarevic, le natif de Ganges était encore sur le banc du Paris FC, la saison passée, avec l'entraîneur champion de France René Girard. 

Seulement, l'été dernier, l'ancien joueur de Lunel, âgé de 47 ans, a répondu à la sollicitation du sélectionneur des Lions de l'Atlas, le célèbre Vahid Halilhodžić, pour devenir l'un de ses adjoints. Une nouvelle fonction dans laquelle s'épanouit celui qui espère bien participer à la prochaine CAN, au Cameroun, ainsi qu'au prochain mondial au Qatar. Stéphane Gilli était l'invité de Bertrand Queneutte et Geoffrey Dernis dans 100% Paillade, sur France Bleu Hérault (vendredi 20 novembre).

Quel objectif vous a-t-on donné avec le Maroc, quasiment qualifié pour la Coupe d'Afrique des Nations, compétition qu'il n'a plus remportée depuis 1976 

Ils veulent gagner la CAN, car ce trophée, comme vous l'avez rappelé, ils n'ont pas gagné depuis longtemps. L'autre objectif, c'est une qualification pour la Coupe du monde. La qualification pour la CAN, déjà, c'était quelque chose qu'il fallait faire. Ce n'est pas officiel à 100% parce qu'il reste encore deux matchs, mais c'est quasi fait, parce qu'il faudrait qu'on perde nos deux matchs à la maison. Donc, on peut dire qu'on a presque atteint le premier objectif.

Vous travaillez désormais aux côtés du Bosnien Vahid Halilhodzic, évidemment très connu en France, sélectionneur du Maroc depuis quelques mois. Comment vous êtes-vous retrouvé à ses côtés en sélection du Maroc ? Est ce que c'est le fait d'avoir, avant ça, travaillé très longtemps avec son compatriote Mécha Bazdarevic ? 

Je pense qu'il y a un lien de cause à effet. C'est sûr que, comme vous l'avez dit, j'ai travaillé pendant plus de quinze ans avec Mécha Bazdarevic. J'ai travaillé aussi avec la sélection de Bosnie. C'est là où j'ai rencontré Vahid plusieurs fois. Il m'avait déjà contacté pour travailler avec lui, notamment quand il a pris le Maroc (été 2019, ndrl). Mais en fait, c'était souvent en cours de saison et j'étais en poste au Paris FC, à l'époque avec Mécha. Et moi, je ne voulais pas quitter un poste en cours de route.

Mais je lui avait dit : un jour, pourquoi pas ? Et voilà, ça s'est fait, malgré le fait que j'étais encore sous contrat avec le PFC et que je travaillais avec quelqu'un que vous connaissez bien, René Girard. J'ai longtemps réfléchi parce que c'est un club avec un président extraordinaire, un club familial et je sentais qu'il y avait des belles choses à faire. Mais bon, j'avais donné ma parole à Vahid. C'était un choix sportif, mais aussi un choix pour la famille.

Vahid Halilhodzic est-il toujours aussi dur et exigeant avec les joueurs que ce qu'on disait de lui, il y a quelques années ?

C'est quelqu'un de très exigeant, que ce soit avec lui même, avec le staff et avec les joueurs. Après, je pense qu'il a quand même mis un peu d'eau dans son vin, par rapport à ce que j'avais entendu de lui. Mais c'est quelqu'un de rigoureux, d'ambitieux, et de très exigeant. Il se donne toutes les chances de réussir, avec beaucoup de travail.

Avec René Girard, quelle relation aviez-vous ? 

Une super relation ! Quand Mécha a été écarté avec le préparateur physique, par solidarité comme je l'ai toujours fait, je voulais partir, mais le président n'a pas voulu que je parte. Avec René, cela s'est très très bien passé. Avec Gérard Bernardet et avec Nico Girard aussi. C'était super. René Girard voulait que je prolonge comme lui. Le projet sportif à Paris, il était très bien, mais comme je vous l'ai dit, c'était un peu plus pour des raisons personnelles et familiales que j'ai fait ce choix. J'ai longuement hésité.

J'en profite pour remercier René, je l'ai déjà fait, mais c'est vraiment quelqu'un, humainement, d'exceptionnel. Lui et son staff m'ont accueilli, et au bout de deux jours, c'est comme si je travaillais avec eux depuis longtemps. Il a insisté d'ailleurs pour que je reste et m'a fait longuement réfléchir. Je respecte les paroles, donc voilà. Mais je suis très content de ce qui se passe aujourd'hui au Paris FC et ça ne m'étonne pas. J'espère de tout coeur qu'ils vont pouvoir monter en Ligue 1.

Vahid Halilhodžić est le sélectionneur du Maroc, il a succédé à Hervé Renard en août 2019
Vahid Halilhodžić est le sélectionneur du Maroc, il a succédé à Hervé Renard en août 2019 © AFP - Fadel Senna

Le Paris FC, vous aussi avec Mécha, vous avez failli le faire monter en Ligue 1, n'est-ce pas ? 

Oui, on a fait une des meilleures saisons du Paris FC en Ligue 2. On n'est pas passés loin. On a perdu aux barrages contre Lens, aux tirs au but. Mais même si on a été déçu à la fin, on était très content de cette saison et ça a prouvé que le club était en train de grandir. Tout ce qui a été fait au Paris FC, notamment le centre d'entraînement qui est aujourd'hui à Orly, prouve que le club se construit intelligemment. Et puis il y a le président, je le répète, mais c'est quelqu'un d'exceptionnel qui se donne les chances d'accéder en Ligue 1. 

Quelle relation avez-vous avec le MHSC et avec le football héraultais ? 

C'est vrai que je suis né dans l'Hérault. Aujourd'hui j'habite à Nîmes. J'aime bien le MHSC. J'étais content qu'il devienne champion. J'ai beaucoup aimé Loulou Nicollin, qui était un personnage exceptionnel. J'avais signé d'ailleurs dans son équipe corpo, où j'ai fait un mois et demi ou deux mois. A l'époque, j'avais arrêté parce que j'avais été blessé et je devais signer à Vergèze avec Bernard Blaquart. Mais je n'avais pas les kilomètres.

J'avais donc signé là bas et je l'avais rencontré. Aujourd'hui, je suis Montpellier, comme je suis Nîmes, comme je suis les autres clubs. Montpellier est en train de faire une belle saison. Je suis très ami avec Franck Rizzetto, donc je suis aussi un peu plus particulièrement le MHSC. Mais moi, j'aime bien le football héraultais comme le football gardois. J'aime le foot en général, donc je ne rentre pas dans les guerres de clochers, comme on dit. 

A Montpellier, il n'y a pas de marocain, mais il y a plusieurs joueurs étrangers qui sont internationaux. Selon vous, sont-ils parfois émoussés par les voyages et les matchs à droite à gauche avec leur sélection. 

Bien sûr, et on l'a vu récemment. On a joué vendredi dernier contre la Centrafrique, au Maroc, puis on est partis jouer au Cameroun, à Douala. Et on a vu que dans le deuxième match, les organismes ont souffert au niveau de l'intensité, au niveau du jeu. C'était assez humide. Des grosses chaleurs. Déjà, les trois jours précédant le match, on a vu qu'il y avait plus de fatigue, plus de mal à respirer, plus de mal à récupérer.

Avec la sélection marocaine, on est un peu privilégié, parce qu'on voyage dans de très bonnes conditions. Mais bien sûr que quand ils sont rentrés dans leur club, après avoir joué mardi, après être rentré à 2 heures du matin à Casablanca, avant de repartir le lendemain, avec un match où il y a beaucoup de pertes hydriques, c'est compliqué. Et encore, il n'y avait que deux matchs. Mais après, dans les grosses compétitions africaines, c'est plus compliqué. Et pour les joueurs, c'est fatiguant.

Nous, les préparateurs physiques, nous sommes en relation avec tous les clubs pour avoir un petit bilan avant qu'ils arrivent. Et en partant, on envoie un petit rapport de ce qui a été fait, si le joueur a un petit quelque chose, on livre aussi les données GPS, pour prévenir. Si on a senti qu'il était fatigué ou quelque chose, on prévient le club. Mais ça n'empêche pas que quand on a joué par 40 ou 45 degrés à Douala, on peut faire ce qu'on veut, c'est fatigant et traumatisant.

A quoi va ressembler votre quotidien d'ici aux prochaines échéances avec la sélection ?

Superviser des joueurs, aller les voir. Chaque semaine, on doit faire un rapport sur les joueurs, faire un montage vidéo. Toutes les semaines, on fait une réunion avec le coach. Chacun fait le compte rendu de ses joueurs. Il y a un petit travail avec la Fédération. On rend aussi visite aux joueurs, même si avec le Covid, c'est compliqué. On va les voir en match ou à l'entraînement, on parle avec eux. On dispose d'un centre d'entrainement exceptionnel, qui n'a qu'un an, à la Maamoura.

Je ne sais pas s'il y a quelque chose comme ça ailleurs dans le monde. On a tout à disposition, donc on est là bas tous les jours de 9 heures et demi, à peu près, jusqu'à 18 heures. On fait des rapports et on a mis en place un document sur la sélection. De toute façon, quand on aime le foot, il y a toujours du travail, il y a toujours des choses à faire. 

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