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Football

Franck Sale : « Sur la formation, le Havre AC a une éthique et il la gardera »

samedi 17 novembre 2018 à 18:01 Par Bertrand Queneutte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Après la polémique sur le fichage ethnique au Paris-Saint-Germain, le directeur du recrutement au centre de formation du Havre AC s’exprime. Franck Sale livre son sentiment sur cette affaire et rassure quant à la politique du club havrais.

Francks Sale est directeur du recrutement au centre de formation du Havre AC
Francks Sale est directeur du recrutement au centre de formation du Havre AC © Maxppp - Franck Sale

Le Havre, France

Franck Sale au micro de Bertrand Queneutte

BQ : Comment avez-vous réagi au moment des révélations sur le « fichage ethnique » au PSG ? 

FS : Dans un premier temps, j’ai été surpris, comme tous les footballeurs et comme tous les français. Ensuite, j’ai relativisé, car j’ai la chance de bien connaître les personnes concernées, ce sont des concurrents. La fiche et leur organisation, c’est une chose. Les hommes, c’est autre chose. Je suis certain que ces garçons là ne sont pas racistes. Ce qui m’intéresserait, c’est de savoir quelle valeur a cette fiche, pourquoi elle existe et s’il y a une orientation de travail quelle qu’elle soit. En revanche, à aucun moment je n’ai eu le sentiment d’avoir des personnes racistes en face de moi. 

Franck Sale : "C'est le talent qu'on prend ! Le reste, on s'en fout complètement" 

BQ : Avez-vous le sentiment qu’il s’agit d’une dérive et de maladresses ? 

FS : C’est surtout ça qui me chagrine le plus, c’est qu’on essaie de faire un procès du foot français. Alors que le France est une terre d’accueil, la pluralité ne date pas d’aujourd’hui et les couleurs de la France sont magnifiques. Cette immigration amène énormément au football français. La preuve, si la France est encore championne du monde, c’est grâce à cette multitude de joueurs d’horizons différents. On en est tous très fier. C’est pour ça que ça nous affecte quand on fait un procès général. Je pense, en effet, qu’il s’agit plus d’une maladresse. Ce qui serait intéressant, c’est de savoir pourquoi on a voulu classifier des gens. Si on met des cases, il y a une raison En revanche, ce n’est pas une question de ségrégation. Il n’y a qu’à voir les équipes de France, mais aussi celles à Paris, au Havre ou ailleurs, avec des joueurs d’horizons différents et de religions différentes. C’est le talent qu’on prend, le reste on s’en fout complètement. 

Franck Sale : "Au Havre, les critères sont : intelligence, technique, mental"

BQ : Peut-on imaginer que des recruteurs estiment que les qualités sont différentes sont différentes selon l’origine ? Et est-ce que ça se vérifie ? 

FS : Bien évidemment qu’en fonction des origines, il y a des différences. Ce n’est pas du racisme, c’est un constat.  Il y a des garçons qui ont des forces et une culture footballistique différentes, en fonction des origines. Plus puissant, plus technique, etc. Mais ce qui nous intéresse, c’est le joueur dans son ensemble. Un joueur de très haut niveau, il a tout, et c’est celui-là que l’on cherche. Au Havre, les critères sont l’intelligence, la technique et le mental. Sur le physique, ça vient après, parce qu’on pense que sur ce point, on va pouvoir travailler. Et l’origine, on s’en fiche complètement. 

Franck Sale : "Je peux comprendre qu'on soit offusqué"

BQ : Des critères sur les origines ne sont-ils pas nécessaires, dans une certaine mesure, pour comprendre et mieux appréhender un joueur ? 

FS : Bien sûr. J’allais y venir. C’est pour ça qu’il faut creuser et savoir quel était le but de la fiche. A brûle-pourpoint, elle est d’une nullité… et je peux comprendre qu’on soit offusqué de lire ça. C’est certain. Après, c’est vrai aussi que pour faire réussir un joueur, il faut le connaitre dans son ensemble. Pas uniquement connaître le footballeur. Il faut connaître l’individu, l’homme, son origine, le milieu familial. Parce que vous n’accueillez pas de la même façon un garçon d’une famille très structuré avec quatre ou cinq frères et sœurs à 100km et un gamin originaire d’une ville à 300km du club et dont les parents sont séparés. Chez ce dernier, il va y avoir des manques. C’est à nous de les combler pour l’amener au haut niveau. Tout ça fait que forcément, il faut un peu d’investigation. Est-ce qu’il y avait de ça dans les fiches et leur interprétation, je le pense. Mais c’est très très maladroit. 

BQ : Une autre polémique a éclaté au même moment : sur les transferts de joueurs mineurs. Ils sont très encadrés, voire interdits. Certains clubs semblent contourner les règles pour attirer des jeunes. Est-ce une vraie dérive et une tentation pour les clubs de foot ? 

FS : Ca, c’est un problème de riches (sourire) ! Nous, on en est très loin. En plus, le HAC a une équipe et il la gardera. Là, on parle de joueurs de très haut niveau, dans des grands pays. Forcément, il y a la tentation de trouver des combines pour les attirer, avec des sommes faramineuses. C’est une dérive, mais nous on ne la connaît pas, parce qu’on n’en a pas les moyens et pas l’envie de le faire. En revanche, c’est quelque chose qui devrait être mieux contrôlé. On se rend compte de cette dérive. Les grands clubs étrangers sont déjà sur les très jeunes générations. Quand on va voir un joueur de douze ans à Paris, on s’aperçoit qu’ils sont déjà dessus. 

Franck Sale : "On doit toujours penser au club. Le club d'abord et avant tout, la formation ensuite, puis l'équipe pro évidemment"

BQ : L’éthique du HAC, dont vous parlez, elle vient d’où ? 

FS : C’est une culture, et ce sont les hommes qui font les cultures des clubs. Par le passé, avec Jean-Pierre Hureau et Jean-Pierre Louvel, mais encore aujourd’hui avec Vincent Volpé, on a eu des gens qui ont toujours apporté beaucoup de rigueur. Moi, je pars d’un principe : le club est au-dessus de tout. On doit toujours penser club avant de vouloir faire des petits arrangements entre amis. Cela a toujours été dans l’ADN du club. Le club et la formation d’abord, puis l’équipe professionnelle évidemment. Demain, l’équipe pro marchera avec la qualité de sa formation. Je suis fier d’être dans un club qui fonctionne comme ça, et c’est un plaisir d’y travailler. 

ENTRETIEN : Franck Sale, avec Bertrand Queneutte