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Dossier : Coronavirus Covid-19

Huis clos en ligue 1 ? "Malheureusement, il n'y a pas que le foot plaisir", Gérard Lopez, président du LOSC

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Par , France Bleu Nord

Reprise ou fin de la ligue 1, confinement des joueurs, mercato estival, fins de contrats, solidarité au LOSC... le président Gérard Lopez se confie sur France Bleu Nord sur tous les dossiers chauds du football.

Gérard Lopez le président du Losc après la défaite face à Paris (2-0) en Ligue 1
Gérard Lopez le président du Losc après la défaite face à Paris (2-0) en Ligue 1 © Radio France - Romain Berchet

Vous êtes confiné vous aussi depuis un mois, le stade Pierre Mauroy ne vous manque pas trop ?

Si ! Il me manque énormément comme d’autre choses ! Mais c’est vrai  qu’étant passionné de foot, je trouve le temps long. Tout le monde est  conscient du « cas de force majeur » et que l’on ne dirige pas notre  propre agenda. La compétition manque à toute l’équipe,  la vie de groupe aussi. Il y a pas longtemps, le coach, Luis Campos, le  staff, les joueurs se sont vus sur une visioconférence, il paraît que c’était plutôt marrant !

Pour jouer les 10 dernières journées, la ligue se dirige pour l’instant vers une reprise le 17 juin et il faudra faire vite pour pouvoir entamer la saison suivante le 23 août. Cela voudrait dire jouer une journée tous les 3 jours, vous tiendriez avec l’effectif actuel du Losc ?

Oui on a gagné beaucoup d’expérience cette année dans les matchs à haute  intensité et surtout très rapprochés avec la ligue des champions. Après  on est comme tout le monde, si les joueurs ont envie de jouer, ils  seront plus en forme même s’ils n’ont pas envie  de prendre de risque non plus. 

Sauf que vous ne pourrez pas reprendre les entraînements avant le 11 mai, date prévue de déconfinement.   Cela suffira quatre semaines pour être prêts ?

C’est une discussion que l’on est en train d’avoir et qui n’est pas  encore tranchée. La crise est arrivée en plein milieu de la saison donc  les joueurs étaient hyper préparés et on atteignait une vitesse de  croisière avec le LOSC pour très bien finir la saison.  Maintenant plus le confinement dure, plus la reprise devra être longue.  Il y a des questions physiques et médicales mais l’on pense que cela  devrait être suffisant. 

Une reprise le 17 juin ça veut dire surtout des matchs à huis clos puisque les grands rassemblements sont interdits jusque mi-juillet. 45 groupes de supporters dont les DVE (Dogues du Virage Est) s’y opposent fermement. Alors c’est presque une une question idéologique : le football n’appartient-il pas avant tout à son peuple, ses supporters ?

Le football appartient à ceux qui y participent et on les respecte : les  spectateurs, les sportifs mais aussi les autres employés du club on en a  pratiquement 300 et c’est la balance qui doit être adéquate. Est-ce que  je préfère un match stade rempli avec nos  virages présents à un match à huis clos ? La question ne se pose même  pas ! Mais on a en tant que club une responsabilité vis-à-vis de nos  employés, de nos fournisseurs et on ne peut pas juste se focaliser sur  la partie foot plaisir. Et je dis malheureusement  car le foot devrait être du plaisir. 

C’est vrai que le foot paraît dérisoire dans une période de crise. Mais le Losc fait vivre 300 familles, 3000 si l’on compte les prestataires nordistes. Est-ce qu’ils doivent s’inquiéter, est-ce qu’il peut y avoir des licenciements ?

C’est pas du tout l’objectif. L’objectif c’est de trouver des solutions  pour ne pas avoir à impacter le club de ce point de vue. Comme n’importe  quelle autre entreprise qui a un produit à vendre, si vous ne le vendez  pas et que vous n’avez plus de revenu, ça  sera compliqué. Notre position est solide mais aussi dangereuse pour  tous les clubs. 

Car les diffuseurs Canal + et BeinSport ont suspendu leur versement. Or les droits télévisés représentent entre 60 et 70% du budget d’un club. Vous avez donc été missionné par vos pairs pour trouver des fonds - entre 300 et 500 millions d’euros – auprès d’investisseurs. Où en êtes-vous ?

Oui cela a été mal compris d’ailleurs. Ce n’est pas une demande formulée  par un comité, c’est bien une mission lancée par la ligue (de football  professionnel, NDLR) qui a elle-même été en contact avec des fonds  américains et des banques anglaises. On nous a  demandé de doneré un coup de main sur ce dossier. On a pu discuter avec  des banques, des fonds. Mais uniquement dans le cas où on en aurait  besoin. Si l’on n’en a pas besoin, tant mieux et si l’on a des solutions  nationales et françaises, tant mieux. Mais  c’est important de prévoir.

Vous êtes arrivé en Ligue 1 en janvier 2017 dans un milieu sceptique face à votre profil. Comment se fait-il que trois ans après, ce soit vous, qui soyez missionné ? Michel Seydoux (l’ancien président du Losc, NDLR) le résume ainsi : « il  est passé de persona non grata à persona plus que grata ». Comment vous l’expliquez ?

(rires)
Le foot n’est pas sport purement national. Quand on est au niveau de la  Ligue 1, l’un des cinq gros championnats en Europe, il est clair que  vous devez vous tourner aussi vers l’étranger. J’ai cette double  casquette d’être président d’un club de foot mais aussi  d’avoir une vie plutôt intense dans les affaires aux Etats-Unis, en  Europe et en Amérique du Sud. Je pense que les présidents ont voulu  mettre plus de chances de notre côté en termes de contacts. Et puis il y  a aussi un respect que j’ai pour les autres présidents  et qui est réciproque. Je suis aujourd’hui mieux installé, mieux  compris dans le foot français et je peux dire aujourd’hui que j’ai des  amis dans les clubs. 

Un championnat décalé, cela veut dire aussi un mercato décalé. Comment le marché des transferts va-t-il se dérouler cet été ?
 

On a des indications. Il commencera plus tard sans doute et il durera  plus longtemps. Ca posera évidemment des problèmes pour la règle des  joueurs admis en compétitions européennes.

Et concernant les prix de vente ? Certains experts estiment que le prix d’un joueur pourrait baisser de 28% à cause de la crise. Cela serait catastrophique pour un club comme le LOSC qui mise en partie sur le trading ?

Non. D’une part, certains joueurs seront peut-être impactés de 50% et  d’autres de zéro. Il n’y aura pas de changement pour un joueur unique et  sans concurrence. Donc c’est compliqué voire irresponsable de fixer  l’évaluation à 28%. D’autre part, pour le LOSC,  cela arrive dans une saison particulière : on a joué la ligue des  champions, on est 4e du championnat. Donc en terme de revenus  c’est une très bonne année. Et on n’avait pas envisagé non plus de  vendre une dizaine de joueurs, seuls trois ou quatre  devaient partir. On ne sera donc pas très affectés. 

Et pour ceux qui seraient en fin de contrat le 30 juin et qui devraient continuer à jouer pour la fin de saison en juillet ?

C’est une grosse problématique dans le foot. On essaie de tomber  d’accord avec les autres clubs. Idéalement, il faudrait prendre des  décisions dans les instances et qui soient standardisées pour protéger  les clubs mais aussi les joueurs qui doivent être payés  et assurés. 

Depuis le début du confinement, vous et vos joueurs avez fait preuve de sérénité avec un mot d’ordre : la santé d’abord. Et le Losc a d’ailleurs lancé plusieurs initiatives notamment des collectes de fonds pour la Fondation Hôpitaux de Paris- Hôpitaux de  France pour acheter des tablettes pour les établissements de santé. Cette solidarité – tradition nordiste - est aussi une tradition au Losc ?

Oui car on se sent privilégiés dans le temps normaux et extrêmement  privilégiés dans les temps difficiles. On parle beaucoup d’argent dans  le foot mais un club comme le LOSC dans la région est aussi un outil de  rassemblement, de communion. Les joueurs se sentent  très impliqués et sont fiers de représenter le Nord de cette façon là.  Je n’ai pas eu besoin de demander à mes joueurs de faire des efforts, ce  sont eux qui m’ont contacté pour me dire « est-ce-qu’on pourrait  utiliser une partie du salaire pour faire telle  ou telle action ? ». Donc je suis extrêmement fier de mon club et ces  valeurs du Nord sont très importantes.

Un dernier mot pour vous supporters ?

Du fond du cœur ils me manquent ! Il y a deux jours, j’ai regardé une  vidéo où ils chantaient pendant un match de coupe d’Europe contre l’Ajax  et ça m’a donné la chair de poule ! J’ai un vrai amour pour le Losc et  pour les fans. 

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