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Dossier : 100% AJA

Il y a 40 ans : l'AJA montait en D1 de football

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Par , France Bleu Auxerre

Le 21 mai 1980, l'AJ Auxerre se qualifiait pour la première division en battant Cannes 2-1 à l'Abbé-Deschamps. L'entraîneur Guy Roux et le joueur Lucien Denis, deux des acteurs de cette formidable victoire, témoignent.

40 ans après, Lucien Denis se souvient encore parfaitement de ce but de la victoire et de la montée en D1.
40 ans après, Lucien Denis se souvient encore parfaitement de ce but de la victoire et de la montée en D1. © Radio France - Delphine Martin

C'était il y a tout juste 40 ans : le 21 mai 1980, l'AJA décrochait sa place en première division. Le petit club de l'Yonne entrait ainsi officiellement dans l'élite du football français. Une montée arrachée au stade Abbé-Deschamps, à la toute fin d'un match haletant contre Cannes.

Un suspense insoutenable

"On n’était pas dans ce match final, qualificatif pour la division nationale par hasard", rappelle Guy Roux. "On avait fait un très bon championnat et en réalité, on était trois équipes. Il y avait Cannes, il y avait Avignon et puis nous. Il fallait qu’on gagne pour éliminer Cannes et pour terminer devant Avignon", explique l'ancien entraîneur. 

Il se souvient parfaitement de l'état d'esprit de son équipe au moment de cette rencontre : "On était extrêmement concentré, évidemment. C’était une équipe qui était habituée à vivre ensemble depuis deux ans. C’est l’équipe qui avait fait la finale de la coupe (à un élément prêt) une année avant, et qui était donc très unie. Mais la fin du match était difficile parce qu’on était mené 1-zéro".

"Un but vainqueur, c’est comme un courant électrique qui vous traverse" - Guy Roux

Un espion icaunais en Avignon

Le match est donc serré. Les trois équipes sont au coude à coude. En ces temps-là, faut-il le rappeler, il n'y a ni Internet ni téléphones portables pour suivre les résultats à distance. Guy Roux a donc envoyé un "espion" en Avignon. "C’était notre ami Jean-Pierre Dubord qui était mon espion numéro 1 (et d’ailleurs unique). Il espionnait tout le temps. Il voyageait le samedi et le dimanche pour aller voir les équipes et me donner des détails. Alors là, il était dans un hôtel d’où on voyait une partie du stade d’Avignon et notamment le tableau d’affichage. Il surveillait et nous donnait les scores", raconte Guy Roux avec un petit rire dans la voix.

Guy Roux, l'entraîneur emblématique de l'AJA.
Guy Roux, l'entraîneur emblématique de l'AJA. © Radio France - Thierry Boulant

Le stratagème s'est révélé des plus utiles puisque les vauclusiens ont tenté une petite "intox" pendant le match. C'était mal connaître Guy Roux : "A un moment donné, Avignon a commencé à nous donner des mauvais scores pour nous induire en erreur. Alors on a fait pareil. On leur a laissé croire qu’ils étaient premiers, qu’ils avaient gagné. Ainsi, ils ont fait un tour d’honneur et bu le Champagne (comme ça il ne s’est pas réchauffé) et c’est nous qui sommes montés en première division". Vous avez dit roublard ?

"Jean-Pierre Dubord était mon espion à Avignon" - Guy Roux

Un but en or

C'est Lucien Denis qui marque le but de la victoire 2 -1 et donc le but de la montée. "Un but vainqueur (parce qu’on pensait bien que c’était le but de la victoire) entraîne toujours une joie extrême. C’est comme un courant électrique qui vous traverse", se souvient Guy Roux.

Souvenir inoubliable aussi, évidemment, pour le latéral droit. Aujourd'hui encore, Lucien Denis décrit avec une grande précision ces minutes et ces gestes qui ont changé l'AJA et sa carrière. "Je me souviens très bien de cette action, c'est un coup franc côté gauche de Dominique Cuperly, qui envoie un ballon un peu loin. Il est prêt à sortir. Jean-Marc Schaer le récupère et me le donne à moi. Moi, je suis à peu près à 30 mètres du but sur la ligne de touche et là, on fait une action qu'on fait une fois dans sa vie, une fois dans sa carrière", raconte le joueur avec un large sourire. 

Le but de la victoire, une action inoubliable décrite par Lucien Denis

"Je ne sais pas pourquoi, mais quand je reçois le ballon, j'ai envie d'y aller avec la ferme intention de marquer. Et là, je m'en vais et je fais un truc assez incroyable, parce que je suis quand même relativement loin, en dehors de la surface de réparation. J'en dribble un. J'en dribble deux. Je feinte le dernier défenseur et je frappe comme je n'ai jamais frappé de toute ma carrière, avec une force inouïe !"

Une équipe soudée

Au-delà de sa performance personnelle, Lucien Denis se souvient aussi de cette équipe incroyablement soudée : "on n'était pas des professionnels, à l'époque. Tout le monde travaillait. On était à Auxerre pour le football, moi je suis venu à Auxerre parce que le club m'avait demandé, mais je travaillais à la mairie. Le capitaine était journaliste, le gardien de but s'occupait des gamins dans un centre, le défenseur central était au Crédit Agricole."

Une équipe incroyablement soudée - Lucien Denis

"On était donc dans la vraie vie et dans la vie sportive aussi. Cela a donné un état d'esprit particulier à cette équipe. En ce qui me concerne, c'était une période bénie : il y avait entre nous une affinité incroyable et inébranlable qui nous permettait de renverser des montagnes ! Finale de la coupe, montée en ligue 1... ce n'était pas rien quand même pour un club comme Auxerre." 

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