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Ingérences, passes d'armes et subventions : polémique entre l'US Orléans et la mairie

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Par , France Bleu Orléans

Il est de notoriété publique que les relations entre l'US Orléans et la mairie sont glaciales. Il en sera sans doute question lors de la conférence de presse organisée ce lundi au club, alors qu'une polémique sur les subventions allouées au club prend de l'ampleur ces dernières semaines. Déchiffrage

USO-Bastia Borgo, au stade de la Source le 3 septembre 2020 en National (photo d'illustration).
USO-Bastia Borgo, au stade de la Source le 3 septembre 2020 en National (photo d'illustration). © Radio France - Alexandre Frémont

Une conférence de presse se tient ce lundi à 11h45 au siège de l'US Orléans, convoquée par Philippe Boutron, le président du club, pour "évoquer le sportif" nous dit-il. On imagine qu'il s'agit probablement d'annoncer le nom du nouvel entraîneur pour la saison prochaine (Xavier Collin, ex d'Epinal, est pressenti), mais la polémique autour des subventions versées par la mairie d'Orléans au club, sera dans tous les esprits.

La mairie d'Orléans, qui subventionne l'USO depuis plusieurs années, s'apprête-t-elle à décider d'une diminution ? Pour comprendre, il faut rappeler que le club orléanais est composé de deux entités, l'association d'une part et la SASP (société anonyme sportive professionnelle) d'autre part, cette dernière étant dirigée par Philippe Boutron. 

Bataille autour des subventions

Une bataille se joue, en coulisses, entre la mairie et le président de la SASP plus précisément. Car, on le rappelle également, les relations entre le président et l'actuel adjoint aux sports, Thomas Renault, sont plus qu'orageuses, d'autant que ce dernier, ancien gardien emblématique de l'USO, est engagé dans une procédure aux prud'hommes avec le club.

C'est une bataille de chiffres surtout puisque Philippe Boutron reproche à la mairie de baisser les subventions au club pour le faire "craquer" et pour le voir partir alors que la mairie répond que ce n'est pas le cas. On tente de répondre à ces questions.

Y-a-t-il des baisses de subventions de la part de la mairie pour le club ?

Philippe Boutron pointe d'abord la suppression d'une subvention exceptionnelle de 100.000 euros versée à l'association pour la D2 Féminines et le centre de formation pour la la saison prochaine. Dans un courrier datant du 22 janvier 2021, signé de la main du conseiller municipal en charge des grands événements sportifs, Romain Lonlas, destiné au président de l'Association Claude Tissier, et que nous avons consulté, il est mentionné que la "demande de subvention exceptionnelle pour un montant de 100.000 euros, à destination du centre de formation et de l'équipe de D2 féminines, sera présentée lors du prochain Conseil Municipal prévu en février". Or, cette demande n'a pas été évoquée lors de ce Conseil. 

La mairie, via Romain Lonlas, que nous avons rencontré, affirme qu'il n'y a pas de suppression, et que c'est plus compliqué que ça. L'élu veut, dit-il, continuer de soutenir les féminines mais sous la forme "de subventions d'investissements", comme "un stage de préparation pour la prochaine année sportive qui pourrait être de l'ordre de 5.000 à 6.000 euros ou encore des frais en matériel pour les filles, ce genre de choses de façon à pouvoir alléger les charges de la D2 féminine" ajoute-t-il. Il souhaite donc traiter préférentiellement avec le coach Farid Kebsi, "j'ai pu le rencontrer, nous avons bien travaillé ensemble et la mairie d'Orléans les suivra au fil de l'eau", pour ne pas avoir à échanger avec l'association, liée à la SASP et Philippe Boutron. 

Philippe Boutron, président de l'US Orléans
Philippe Boutron, président de l'US Orléans © Radio France - Antoine Denéchère

Autre baisse constatée : celle du contrat d'objectifs du club, qui diminuerait de 29.000 euros, passant de 39.000 à 10.000 euros pour la saison prochaine. Cette diminution étonne Philippe Boutron puisque selon lui "c'est un contrat d'objectif qui a été rempli". Toujours dans ce courrier daté du 22 janvier 2021, on peut également lire que "l'arbitrage est adapté à la situation de [l']association à date. En effet, l'atterrissage financier que vous avez transmis aux services de la Mairie indique une situation comptable positive de +124.000 euros au 30.06.2020". Sous-entendu : l'association a des réserves financières et ne sera pas mise en difficultés par une baisse de subventions.

D'autre part, la mairie ne le voit pas de la même manière car ce contrat est une convention tri-annuelle, qui s'est achevée l'an dernier et qui se négocie en ce moment. Alors certes, seuls 14.000 euros ont été versés en 2020 reconnaît Romain Lonlas mais le reste de la subvention pourrait suivre, en fonction de l'avancement de la discussion avec le club. L'élu explique que la mairie ne lâche pas l'USO pour autant, rappelant les récents investissements pour la tribune et le synthétique, près du stade de la Source, mentionné dans le courrier signé par Romain Lonlas, avec des "investissements engagés en 2019 pour les infrastructures terrain synthétique-vestiaires-tribunes et de la mise à disposition quotidienne des équipements valorisée à près de 70.000 euros/an".

Y-a-t-il des ingérences de la part de la SASP et de la mairie ?

Depuis le changement de municipalité et la nomination de Thomas Renault au poste d'adjoint aux sports, la mairie demande du changement dans la gouvernance du club. Romain Lonlas estime que la mairie a beaucoup investi dans l'USO, à hauteur de 2 millions d'euros d'investissements par an sur les trois dernières années et parle "d'ingérence de la part du président de la SASP sur l'association". "La mairie est derrière le club et souhaite, comme son président, la remontée en Ligue 2", ajoute Romain Lonlas, "mais ce qui nous pose problème au niveau de l'ingérence, c'est justement la porosité qu'il existe aujourd'hui entre la SASP et l'Association, porosité qui ne devrait pas exister". Il propose que l'Association "se réunisse pour décider de son avenir pour qu'elle soit sereine et qu'elle puisse gérer librement les comptes qui sont la partie la plus importante de façon à éviter les ingérences étrangères, qui plus est quand c'est dans un sens qui est néfaste".

Thomas Renault aux côtés de Romain Lonlas
Thomas Renault aux côtés de Romain Lonlas © Radio France - Patricia Pourrez

Le président de la SASP, Philippe Boutron, rappelle que le budget de l'Association (1,7 millions d'euros) provient en partie de fonds privés (900.000 euros) et que 50% de ces fonds privés proviennent de la SASP. Il répond donc qu'il n'y a pas d'ingérence, que "c'est un leurre" affirme-t-il, et pour lui si la mairie coupe les subventions, le club va aller droit dans le mur, notamment devant la DNCG, le gendarme financier du football. "La DNCG contrôle le compte consolidé des deux structures (de l'Association et de la SASP, ndlr), qui sont indissociables", argumente le président. "Si nos comptes sont rejetés, on est rétrogradé, donc ça veut dire qu'on perd le statut professionnel et par voie de conséquence le centre de formation est dissous. Ça fait 12 ans que je suis dans le foot, je sais comment ça se passe", conclut Philippe Boutron.

Passage devant la DNCG le 22 juin

Il faudra de toute façon que tout le monde s'entende puisque l'USO passe en effet devant la DNCG le 22 juin prochain pour faire valider les comptes du club orléanais.

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