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INTERVIEW - Jean-Pierre Caillot : "J'assume pleinement la volonté d'avoir voulu changer d'entraîneur"

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Le président du Stade de Reims fait le bilan de la saison. Il revient sur le départ de David Guion, l'arrivée du nouvel entraîneur Oscar Garcia, le mercato, la situation financière du club et le passage de la Ligue 1 à 18 clubs.

Le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot.
Le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot. - JB Delerue / SDR

Le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot, revient longuement sur tous les sujets qui animent son club actuellement, entre le départ de David Guion et l'arrivée de son successeur Oscar Garcia. Un entretien réalisé mercredi dernier.

LE BILAN DE LA SAISON

A titre personnel, comment avez-vous vécu cette saison ? 

C'était une saison très compliquée. La période n'a pas été simple entre le fait qu’il a fallu jouer sans public pratiquement toute la saison. On n'avait jamais connu ce genre de situation. Je n'avais jamais connu un match à huis clos. Derrière ça, il a fallu gérer un stress hebdomadaire, de savoir si nos joueurs après avoir passé le test Covid, allaient pouvoir jouer le week-end suivant. Évidemment, il y a eu les problèmes économiques et le défaut de paiement du diffuseur Mediapro. Rajouter au fait, comme je le disais précédemment, que n'ayant plus de public, n'ayant plus d'hospitalités, on n’avait plus de ressources. Donc, c’était une saison pas très agréable et je me suis pratiquement dit pendant toute la saison, il y a un seul objectif : être en Ligue 1 la saison prochaine. Donc, je finis cette saison, à titre personnel, fatigué, usé. Mais le club sera en Ligue 1 la saison prochaine et je suis déjà dans une autre histoire. 

D'autant plus que les saisons précédentes, entre la montée en Ligue 1 et les deux saisons qui ont suivi, les choses avaient été plus agréables. Là, il n'y a pas eu d'émotions cette année…

Non, il n'y a pas eu d'émotions. Toutes les semaines, on se disait « tiens, ça va être la semaine, on va faire l'exploit ». Mais ça n'a jamais existé. On est mal parti. C’était très compliqué. Il a fallu intervenir sur le groupe pour resensibiliser tout le monde au projet. La saison a été longue et je suis bien content qu'elle soit finie. 

Est-ce que cette 14e place au classement de la Ligue 1, reflète finalement tout ce que vous avez vécu ? 

Si je prends les statistiques, à la 7e journée avec deux points au classement, on nous annonçait comme relégables avec certitude – à l'époque, on était à égalité avec Dijon et on voit ce qu'il en a été pour eux [NDLR : ils ont terminé 20e et dernier de la Ligue 1], évidemment que cette 14e place va me satisfaire. Maintenant, je ne suis pas satisfait sportivement de ce que l’on a fait cette année et je suis convaincu qu'on pouvait mieux faire. 

Vous avez eu peur de descendre en Ligue 2 malgré tout ? 

Mais tout le temps, tout le temps ! Je ne serai pas à ma place si j'étais serein et si je n'avais pas la pression du résultat. Donc oui, j'ai eu peur plus cette année que les années précédentes, évidemment. Encore une fois, on a pris deux points sur les sept premiers matchs et on a dû en prendre à peu près autant sur les sept derniers matchs de la saison ces derniers jours. Aujourd'hui, j'ai suffisamment d'expérience pour savoir que quand quelque chose fonctionne, il faut avoir beaucoup d'humilité et se dire qu'on n'a pas inventé la poudre. Mais par contre, quand ça tourne mal, là aussi, on ne sait pas comment inverser les choses. Je l'ai vécu puisque j’ai connu des descentes en Ligue 2 et en National. Et ce n'est pas un changement d'entraîneur, ce ne sont pas des discours dans le vestiaire qui changent forcement les choses. Quand ça part mal, ça part mal. C'est un peu ce qui s'est passé cette saison.

Pourtant, lors de la 1ère journée en août dernier à Monaco, vous menez très vite au score 2 à 0 avant de vous faire rejoindre à 2-2. Si vous aviez gagné ce premier match, pensez-vous que les choses auraient été différentes ?

On ne va pas refaire tous les matchs, mais celui-là, peut-être en effet. Les deux premiers matchs qu'on réalise sur les deux premières saisons de Ligue 1, on va gagner à Nice 1- 0, un peu contre le cours du jeu, faut bien le dire, et 2-0 à Marseille de manière un peu plus accomplie. Mais là aussi, faut se rappeler qu'a 0-0, le joueur marseillais Kévin Strootman tire sur la barre et on marque sur la contre-attaque. Et puis, à Monaco cette saison, c'est nous qui avons les occasions pour faire 3-1 et ça fait 2-2, ce qui est finalement un bon résultat, mais qui n'est pas le résultat qu'on aurait dû avoir. Finalement, ce résultat reflète la saison. On a dû perdre 27 points après avoir mené au score. C'est une chose qui ne nous était jamais arrivée. Donc ça veut dire quand même un certain nombre de choses. Après je voudrais quand même relativiser. Ça n'a pas marché comme on l'aurait espéré, mais je rappelle quand même que le club est en Ligue 1 et qu'il y a beaucoup de gens qui aimeraient bien que ça ne marche pas, tout en restant en Ligue 1. Donc on est en Ligue 1. Moi, je ne considère pas que l’on est dans un échec.

DAVID GUION

La manière dont le départ de David Guion a été connu, a interpellé beaucoup de monde, particulièrement les supporters. Peut-on dire que vous avez manqué la sortie de l’ère Guion ? 

Mais j'assume. J'assume pleinement la volonté d'avoir voulu changer d’entraîneur après la manière, évidemment, ce n'est pas du tout comme ça que j'avais imaginé les choses. Le football, et je ne le découvre pas aujourd’hui, est assez incroyable car même quand vous n’avez pas rencontré des gens, il se dit que vous les avez rencontrés. Bon là, quand effectivement vous avez des contacts assez précis avec un autre staff, et que ça sort dans la presse nationale, il faut bien s'adapter et personne ne mérite d'apprendre dans le journal qu'il vient d'être licencié, même si le licenciement d'un entraîneur, c'est quand même moins douloureux ou moins terrible que des personnes qui apprennent qu'on vient de fermer leur usine. 

On vous a senti mal à l'aise sur ce dossier…

Ben oui, parce que j'aime bien maîtriser les situations. Et là, en l'occurrence, je ne l'ai pas maîtrisé et j'ai dû courir derrière l'information. J’ai dû m'excuser parce qu'en l'occurrence, David Guion ne méritait pas une sortie comme celle-là, même si encore une fois, c'est ma décision de chef d'entreprise de choisir qu'on ne le conserverait pas. D'ailleurs, il est dans le métier depuis suffisamment longtemps pour ne pas s'en être offusqué. Après, sur la forme, c'est sûr que ce n’est pas bien. On a quand même vécu des choses importantes ces dernières années avec David, et sportivement, des résultats très intéressants. Donc oui sur la forme, cela n’aurait pas dû se passer comme ça.  

Vous défendez souvent les valeurs de l’institution, là on ne les a pas reconnues. Même ces derniers jours au moment de son départ, il y a eu un timide communiqué du club mardi soir sur votre site internet. Timide, et surtout un peu tardif. C'est un entraîneur qui a beaucoup apporté, vous l’avez dit. Ne méritait-il pas un autre hommage ? 

Moi, je communique, que ce soit pour les entrées comme pour les sorties, quand les documents sont signés. Et en l'occurrence, David a signé sa résiliation de contrat mardi dernier. Et dans la foulée, j'ai demandé à ce que le club fasse un communiqué pour le remercier, lui et Stéphane Dumont, voilà. Ils ont très bien fait leur travail. Ils ont été les salariés du club pendant des années. On leur a mis des moyens pour fonctionner. Ils ont performé. C'est une belle histoire. Bon, la fin est un peu en jus de boudin. Mais le football est ainsi fait que dans quelques mois, quand on se croisera, tout le monde sera heureux de se revoir, et on ne gardera que le bon de tout ce qui s'est passé. Après, vous savez, j'ai eu l'occasion de le dire et je souhaite ne pas m'appesantir là-dessus, mais c’est comme quand on se sépare dans la vie en général, chacun prend parti peut être pour l'un et l'autre, alors que, en l'occurrence, rien ne nous oppose vraiment, si ce n'est une rupture contractuelle. Mais les gens, les suiveurs, n'ont pas la connaissance de tout. Ils n'ont qu'une perception extérieure de ce que chacun veut bien faire apparaître. 

L'entraîneur rémois David Guion.
L'entraîneur rémois David Guion. © AFP - AFP

Justement, pourquoi ne pas être allé jusqu'au bout du contrat de David Guion à qui il restait une saison ? La Ligue 1 va passer à 18 clubs, les clubs ont une visibilité un peu trouble financièrement après la défaillance des droits TV, il y a beaucoup d’incertitudes. Prenez-vous un risque en changeant de cap cette saison ?

L'avenir nous le dira. En tant que dirigeant, moi, j'ai ressenti que si je ne changeais pas les choses, on risquait d'aller dans le mur. D'ailleurs, si on regarde les derniers matchs, ça ne me donne pas tort. J'ai pensé qu'il fallait un nouveau souffle à l'équipe et encore une fois, ce n'est pas une décision que j'ai prise il y a un ou deux mois, ce qui ne veut pas dire non plus que j'ai recruté le remplaçant il y a des mois en arrière. Ce n’est pas vrai. Par contre, depuis des mois, les choses et les évolutions faisaient que je réfléchissais à mettre en place une nouvelle dynamique. Encore une fois, c'est toujours facile de juger de l'extérieur. Je souriais parce que j'ai vu qu’un certain nombre de gens n'étaient pas satisfaits du rendu de ce que faisait David (Guion) - dans le sportif j'entends parce que la personne est extraordinaire – et ce sont les mêmes qui me reprochent aujourd’hui de m'en séparer ! Heureusement, ce n'est pas en fonction de çà que je me décide, mais j'ai bien en tête des lettres que j'ai reçues quand j'ai choisi David Guion derrière Michel Der Zakarian, dans lesquelles on me reprochait de n’avoir plus aucune ambition, que le Stade de Reims allait tout droit dans le mur. Donc aujourd'hui, ça sera la vérité du terrain dans quelque temps, quelques semaines ou dans quelques mois. Moi, je considère que ne pas changer, c'était mettre le club en danger. 

Quel état des lieux avez-vous fait ? Cela concernait le jeu ? Un discours qui ne passait plus avec les joueurs, une forme de management qui ne correspondait pas à ce que vous voulez faire, par exemple avec les joueurs étrangers ? 

Le constat, c'est que ce sont des fonctions très, très usantes et j'observais qu'un certain nombre de discours avaient du mal à passer…

…Dans une interview qu’il nous a accordée, David Guion s’en défend… Il nous expliquait qu’à aucun moment, il a senti que son discours ne passait plus... 

…Oui, mais justement, le problème, c'est que lui a cette opinion. Moi, les joueurs m'ont opposé d'autres retours. D'autres membres du staff me faisaient d'autres retours et je ne souhaitais pas que l’on aille vers une situation qui se dégrade. Donc encore une fois, on ne se quitte pas en situation conflictuelle. David a fait son travail, il a fait du bon travail au club, il a été bien récompensé pour le travail qu'il a fait. Il nous a donné du plaisir et il nous a donné du bonheur. Et puis voilà, je pense qu’il était urgent d'agir. Et comme toujours, quand on agit, on se livre à être jugé. 

Avez-vous pensé à donner les rênes de l’équipe à Stéphane Dumont, l’adjoint de David Guion, comme vous l’aviez fait en 2010 avec Hubert Fournier qui avait succédé à Marc Collat ?

Je vous mentirais si je vous disais que je ne l'ai pas envisagé. Stéphane Dumont est un futur grand entraîneur. Je pense que Stéphane a été d'une grande aide pour David, comme David l'a été dans la formation de Stéphane. J'aurais pu évidemment imaginer une solution interne. Peut-être que si cela avait dû se faire en cours de saison, ça aurait peut-être été une solution. Là, on démarre un nouveau cycle, on démarre de nouvelles choses et je pense qu'il faut le démarrer avec des hommes neufs. 

Vous l’avez envisagé en cours de saison ? Promouvoir Stéphane Dumont ? 

Oui, je mentirais en disant que je n'y ai pas pensé. 

OSCAR GARCIA

Qu’est-ce qui vous a séduit chez Oscar Garcia ?

Les Rémois le découvriront, c'est quelqu'un qui a beaucoup de charisme. Çà été un grand joueur de foot. Il a quand même côtoyé les plus grands à la fois comme joueur et comme entraîneur. Et puis, il est dans cette phase des nouveaux entraîneurs et au Stade de Reims, on a quand même donné sa chance à un certain nombre de jeunes entraîneurs. David en est un des exemples. Oscar a déjà un peu plus d'expérience. Mais les retours que j'ai eus sur son travail, ce qu'il avait fait à Salzbourg avec les jeunes, la façon de coacher, de manager, la façon de communiquer avec ses joueurs m’ont convaincu. C'est quelqu'un qui parle cinq langues, ça aide un peu dans les entretiens et c'est plus facile d'expliquer à un joueur ce qu'on attend de lui quand il comprend ce que vous lui demandez. Tous ces éléments ont fait que c'était intéressant d’aller vers lui et j'avais envie de voir un peu ses méthodes. Ce n'est pas révolutionnaire, et je pense qu'on sera dans la continuité de ce qu'on fait ici. Il y a déjà eu des réunions très constructives avec les préparateurs physiques, les analystes vidéo et ils sont vraiment sur la même longueur d'onde. Donc, je pense qu'il a un bon profil. Après, ce sera la vérité du terrain. 

Il a également eu des expériences d’entraîneur malheureuses que ce soit à Saint-Etienne ou plus récemment au Celta Vigo en Espagne…

À Saint-Etienne, son expérience n'était pas si mauvaise, il était sixième quand il a rendu les clés en raison de problèmes relationnels. Quand il arrive à Saint-Etienne, les choses telles qu’elles lui avaient été décrites, étaient différentes. Et à un moment, parce que c’est peut-être un Catalan, peut-être parce qu'il a de la personnalité, ou peut-être parce qu'il sait qu'il ne manquera pas de travail et de sollicitations, il a préféré arrêter l'histoire et partir de lui-même. Ça fait partie de la vie d'un entraîneur d'avoir des réussites par moments et parfois moins. Ce que je sais, c'est que ça fait un certain temps qu'il est dans notre viseur et qu'il aurait pu, depuis des mois, partir sur d'autres projets et des projets intéressants, peut-être plus rémunérateurs. Il a été assez emballé par notre histoire parce que là aussi, il ne faut pas s'en cacher, il y a eu des relations avec la cellule de recrutement, avec les différents recruteurs de chez nous. Il voit comment on travaille, et il a envie de mettre sa pierre à l'édifice. 

Oscar Garcia sera le prochain entraîneur du Stade de Reims.
Oscar Garcia sera le prochain entraîneur du Stade de Reims. © AFP - AFP

Quel sera son projet de jeu, celui qu'il vous a présenté ? 

Oui, il m'a présenté son projet de jeu, mais vous savez moi, le projet de jeu qui m'intéresse, c'est que l'on gagne des matchs et tant qu'à faire en marquant des buts, c'est plus agréable… Mais pour être très sérieux, ce n’est pas avec moi qu’il a parlé de technique. Il m'a présenté un peu ses méthodes et encore une fois, il n'y a rien de révolutionnaire. Je n'achète pas ni un CV, ni un programme informatique. La personnalité de l'individu fait que j'ai eu un bon feeling après, pour le reste, il a discuté avec les techniciens d’ici, pas avec moi. 

A-t-il des exigences en matière d'effectif ? 

Comme cela fait pas mal de temps qu’il regarde le club avec intérêt, même si rien n'était ni signé ni avancé, il a quand même suivi l'équipe. Il a vu nos forces et nos faiblesses. Il a aussi suivi nos joueurs qui étaient prêtés parce qu’on est maintenant dans un système de prêts de développement et parce que des joueurs sont de trop dans l'effectif. Des joueurs qui ont fait des belles apparitions. A titre d'exemple, Ilan Kébbal (NDLR : Prêté à Dunkerque), est dans l'équipe-type de la Ligue 2. Bilal Brahimi (NDLR : prêté au Mans) dans l'équipe-type de National. Donc il a suivi à la fois les joueurs qui étaient chez nous. Il sait exactement ceux qui pourraient être amenés à nous quitter. Et puis ensuite, il a vu les joueurs qui vont revenir. Et puis, évidemment qu'on travaille sur des profils pour améliorer l'effectif. 

LE MERCATO

Peut-on dire que Nathanël Mbuku, Boulaye Dia et Predrag Rajkovic ne seront plus Rémois la saison prochaine ?

On n'est pas dans l'obligation particulière de vendre un de ces joueurs. Mais on va en vendre parce que ça fait partie aussi de notre équilibre budgétaire. Ce sont des joueurs avec lesquels on a des engagements en leur laissant la possibilité de partir. En tout cas, pour les deux premiers, c'est quelque chose d'officiel. Pour le troisième, je souhaite ardemment qu'il reste au Stade de Reims. 

Predrag Rajkovic souhaite-t-il vraiment rester ?

Il a dit à Oscar Garcia qu'il n'était absolument pas contre continuer l'aventure avec nous. Je trouve ça très positif. Après, on a aussi préparé et envisagé le fait qu'il pourrait ne pas être avec nous. Là aussi, quand Edouard Mendy est parti, Rajkovic est arrivé. Ils ont des jeux différents, mais l'un comme l'autre, ont été des bons gardiens pour le Stade de Reims. Et en l’occurrence Rajkovic, je ne veux pas en parler au passé parce que sincèrement, au moment où on se parle, lui n'a pas spécialement envie de partir et nous, on ne veut pas qu'il parte et on n'a pas d'offre sur notre bureau, donc on verra bien. 

Malgré le fait que tous les joueurs de l’effectif actuel soient sous contrat, certains pourraient-ils tout de même partir car vous ne comptez plus sur eux ?

Oui, il y a des joueurs qui vont peut-être partir sur d'autres projets. Je pense par exemple à Moussa Doumbia, qui est quelqu'un qu'on aime bien, qui a performé. Mais dans la logique de notre développement, il y a des jeunes joueurs qui arrivent au poste, qui vont pousser. Et si Moussa reste avec nous, il aura probablement moins de temps de jeu. Encore une fois, c'est pas moi qui fais l'équipe, mais c'est comme cela que les choses semblent s'orienter. Et c'est peut-être plus intéressant à l'âge qu'à Moussa aujourd'hui, qu'il parte sur un projet où il va beaucoup plus jouer.

Il semblerait que Ghislain Konan soit également très surveillé ?

Je n’ai rien reçu comme offre le concernant. Une chose qu'il faut avoir en tête malgré tout, c'est qu'il y a aujourd'hui des gens qui travaillent toute l'année, qui sont aux quatre coins de la planète. Ils sont cinq, six personnes, au moment où on se parle, présents dans des pays sur des matchs. Ghislain est lié au club. Si demain il a une opportunité, de toute façon, il y aura quelqu’un d’autre pour le remplacer.

Qu’en est-il de Yunis Abdelhamid et Xavier Chavalerin, deux joueurs qui ont commencé l’aventure avec David Guion en 2017.  Seront-ils toujours au Stade de Reims la saison prochaine ?

Ce sont des professionnels qui ont une certaine expérience. Et même s'ils sont attachés à un entraîneur et ils ne sont pas les seuls, on peut être attaché et quand l’entraîneur change, on continue à faire son travail dans la mesure où il n'y a pas de divergences avec celui qui arrive. Ce n'est pas le cas pour le moment, en tout cas dans les entretiens qu'ils ont eu avec Oscar Garcia. L'un comme l'autre sont prêts à vivre une saison supplémentaire au Stade de Reims, et on en est ravis. 

Le président du Stade de Reims Jean-Pierre Caillot avec le capitaine de l'équipe, Yunis Abdelhamid.
Le président du Stade de Reims Jean-Pierre Caillot avec le capitaine de l'équipe, Yunis Abdelhamid. - JB Delerue / SDR

Pour finir sur le Mercato, des postes à renforcer ont-ils été identifiés ? 

Je ne veux pas faire de secrets, mais aujourd'hui, l’équipe, quoi qu'on en pense, est compétitive et donc c'est un peu en fonction des sorties qu'on fera rentrer des joueurs. On ne va pas créer des casiers supplémentaires pour rajouter des joueurs. On a un nombre suffisant pour être performants. Il y a des joueurs qui devraient, je l'espère, se révéler et vont atteindre le niveau. Il y a un certain nombre de joueurs dont les qualités ne peuvent pas être mises en doute. Elles n'ont pas été en exposition au Stade de Reims cette saison, et c’est leur faute, probablement. Mais en attendant ces joueurs-là, on attend beaucoup plus d'eux. 

LA SITUATION FINANCIÈRE DU CLUB

Dans quelle situation financière est le Stade de Reims après cette année compliquée pour toutes les raisons que l'on connaît ?

La situation a été particulièrement difficile comme pour l'ensemble des clubs de Ligue 1, et on ne s'en est jamais caché. Le départ du diffuseur (NDLR : Mediapro) et le fait d'être à huis clos, ce sont 31 millions d’euros de recettes qui ne sont pas rentrés dans les caisses du club. Heureusement qu’on avait bien anticipé en ayant par exemple vendu Axel Disasi (NDLR : à Monaco) et Hassane Kamara (NDLR : à Nice), qu'on a un certain nombre de bonus (NDLR : sommes d’argent supplémentaires selon l’évolution du joueur dans son nouveau club, ou lorsqu’il est vendu dans un autre club) sur des joueurs qui avaient été vendus un an ou deux auparavant. Ce qui fait qu'à la fin de la saison, avec tous les efforts qu'on a fait, y compris l'effort que nos joueurs ont fait, je pense que ce sont les seuls en France à l'avoir fait à cette hauteur, puisque la plupart ont laissé 20 % de leur salaire sur les 6 derniers mois, le Stade de Reims va finir à l’équilibre à la fin de la saison et je pense que ça ne sera pas le cas de tous les clubs. Et quand au mois d'octobre ou novembre dernier, on me posait la question régulièrement de savoir si des clubs pouvaient déposer le bilan, on avait l'air de ne pas me prendre au sérieux. Je pense que les faits vont dans le sens que j'avais évoqué. 

À quelle hauteur allez-vous clôturer votre budget ?  

J'attends les derniers chiffres que les commissaires aux comptes doivent me donner, mais on va tourner autour de 45 millions d’euros.

Comment préparez-vous votre passage devant la DNCG sans connaître le montant des prochains droits TV ?

On a un avantage peut être sur certains, c'est qu'on a toujours été très, très vigilants et surtout qu'on a toujours minimisé nos recettes pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Donc on est parti sur les droits télés assurés, parce qu’il y en a quand même une partie, qu'on a légèrement bonifié, mais pas plus. Et puis voilà. Après je pars sur l'hypothèse que les stades vont être ouverts à la rentrée, mais peut être que ça sera différent. On n'en sait rien, donc on essaie d'être comme toujours, très rigoureux dans nos dépenses, dans notre gestion. 

Le passage devant la DNCG sera-t-il serein ? 

Ce n'est pas la plus grosse pression que l'on a dans la saison en général.

Jean-Pierre Caillot est également président du collège des clubs de Ligue 1 à la Ligue de Football Professionnel.
Jean-Pierre Caillot est également président du collège des clubs de Ligue 1 à la Ligue de Football Professionnel. - JB Delerue / SDR

Quelle est la position du Stade de Reims sur le passage à une Ligue 1 à 18 clubs ? 

Cela fait 20 ans que je me bats pour que la Ligue 1 reste à 20 clubs. On a fait des concessions à de multiples reprises, comme quand on a accepté l'an dernier la suppression de la Coupe de la Ligue en disant : « bon, on accepte tout ce que vous nous demandez, vous les grands clubs. Mais par contre, vous nous laissez continuer à 20 » puisque je trouve que 20, c'est bien. Ce sont 20 territoires qui sont concernés. Philosophiquement, je suis pour une Ligue 1 à 20 clubs. Mais force est de constater que la crise étant là, il faut savoir se réinventer. Et parmi les réformes qui doivent être réalisées, il y a une réforme des formats. On a eu une réunion du collège de Ligue 1 il y a huit jours, qui a acté le fait qu'il fallait, entre autres, que nous passions à 18. Donc, la Ligue 1 va probablement passer à 18. 

Quid des montées et des descentes pour passer à 18 clubs ?

J'ai eu une réunion avec un certain nombre de représentants de la Ligue 2. Eux souhaitent quatre descentes de Ligue 1 l'année prochaine pour deux montées de Ligue 2 sans barrage. Beaucoup de clubs de Ligue 1, eux, souhaitent trois descentes de Ligue 1 et le quatrième sur un barrage. Aujourd'hui, un certain nombre de clubs de Ligue 1, et notamment les plus gros qui évidemment pensent qu'ils ne seront jamais concernés par la situation, sont prêts à accepter la demande de la Ligue 2. Mais beaucoup d'autres clubs de Ligue 1, j'allais dire plus moyen en terme de budget, qui sont potentiellement des clubs de Ligue 2 comme le Stade de Reims, souhaiteraient que ce soit 3 descentes plus un barrage. Donc, on est en pleine discussion  Moi, je suis pour le 3+1 et il y a 18 clubs de Ligue 1 qui, la semaine dernière, étaient aussi pour le 3+1. Comme on est dans le football, on en a un certain nombre qui commencent à évoluer. 

Pour finir, est-ce que la Ligue 1 va enfin trouver un diffuseur pour l’ensemble de ses matchs ? 

Si la question est de savoir si les matchs seront diffusés à la télévision, oui, tous les matchs seront diffusés. La solution qui peut être mise en place, si on ne trouve pas un diffuseur pour nous acheter nos droits, ce sera que la Ligue de Football Professionnel créée sa propre chaîne pour diffuser les matchs de Ligue 1 et de Ligue 2, sachant que les deux affiches de Ligue 1 devraient être achetées par Canal+, normalement. Le business plan qui nous est présenté avec cette chaîne est fait pour rapporter de l'argent aux clubs. Maintenant, on va pouvoir en discuter. Je suis peut-être moins optimiste que certains. 

Vous avez un Conseil d’Administration et une Assemblée Générale à la LFP le 3 juin, vous espérez que ce dossier soit solutionné d’ici là ?

Croyez bien que Vincent Labrune (NDLR : le président de la Ligue de Football Professionnel), que j'ai pratiquement quotidiennement, lui-même a des contacts à peu près dans les mêmes cycles, avec Canal +, avec les diffuseurs pour trouver des solutions le plus vite possible. Parce que ce n'est pas acceptable pour des chefs d'entreprise de ne pas connaître les revenus dont ils vont disposer.

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