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Football

Jean-Pierre Caillot : « Il n'y a que des mecs bien dans ce groupe »

dimanche 13 mai 2018 à 19:17 Par Alexandre Audabram, France Bleu Champagne-Ardenne

Le Président du Stade de Reims fait le bilan de cette saison, mais surtout parle d'avenir et de la pérennisation du club en Ligue 1. Il évoque les transferts, le développement du club et sa vision du football français.

Le Président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot.
Le Président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot. © AFP - AFP

Reims, France

A quoi avez-vous pensé lorsque que vous êtes monté sur le podium vendredi soir pour recevoir ce titre avec le Stade de Reims ?

J’ai plutôt savouré le moment avec ce stade plein qui était magnifique, grâce aussi à  l’organisation parfaite des équipes techniques et marketing du Stade de Reims. C’est surtout la récompense pour nous dirigeants de pouvoir donner autant de bonheur aux supporters. Car c’est ce qui nous motive en premier dans ce monde du football qui est train de se capitaliser avec 5 à 6 clubs de Ligue 1 qui, la saison prochaine, seront à capitaux étrangers avec des moyens différents. Au milieu de toute cette évolution qui n’est pas la chose qui me satisfait le plus, savoir que l’on peut encore donner un bonheur simple aux gens est quelque chose de fantastique. 

Qu’est-ce qui vous a le plus agréablement surpris cette saison ?

Que tout se passe comme on ne l’avait même pas imaginé dans nos rêves les plus fous… C’est une saison maîtrisée du début jusqu’à la fin. Et nous dirigeants, on a eu un rôle invisible dans un certain nombre de décisions, notamment en gérant la pression du mercato pour faire en sorte que le nouveau staff qui connaît beaucoup moins les intersaisons ne panique pas. Je pense à un dossier comme Yunis Abddlehamid, cela n’a pas été un dossier simple car il a été transféré de Dijon, avec de longues discussions avec mon homologue, et aussi pour convaincre le joueur de ce projet. C’est la même chose avec Marvin Martin qui n’avait jamais joué en Ligue 2. Il a fallu gérer toutes ces petites choses. Çà été aussi quand David (Guion) au stage au Touquet m’a fait comprendre que des garçons comme Jaba Kankava et Antoine Devaux n’étaient pas dans l’aventure et qu’il fallait les mettre de côté ou les faire partir du club. 

Qu’est-ce que ce titre de champion de France de Ligue 2 va changer au quotidien pour le Stade de Reims ?

C’est l’aboutissement et le symbole d’une saison exceptionnelle, mais cela ne va rien changer fondamentalement dans le travail, dans l’organisation du Stade de Reims. Le titre est juste là pour que l’on garde toujours en mémoire que l’on a battu des records, qu’on a vécu une saison incroyable, après cela va rien emmener de plus au quotidien que ce soit financièrement ou dans notre plan de développement car tout était déjà organisé et prévu. Après, je pense que déjà en France, le Stade de Reims bénéficie d’un image positive. On est reconnu unanimement comme un club sérieux et un club qui travaille bien. Il n’est pas rare que certains de mes homologues me disent qu’ils essayent de s’inspirer de notre projet. La manière dont on a fêté ce titre a généré beaucoup de positif aussi.

Avec le recul, pourquoi ne pas avoir confié les rênes de l’équipe à David Guion immédiatement après la descente en Ligue 2 il y a deux ans ?

Tout simplement parce que ce n’était pas le moment de le faire. David Guion, il n’avait rien demandé à personne quand on a pris la décision, et je l’assume pleinement, de sortir Olivier Guégan de l’équipe en 2016 quand il a fallu mettre quelqu’un à sa place, aussi parce que je ne pensais pas que dans son staff, quelqu’un été en capacité de le faire. J’ai donc très clairement demandé à David d’être là pour faire « le pompier de service ». Et les choses étaient très claires dès le départ : il n’avait pas encore préparé son successeur à la formation, et il n’était pas question d’abandonner ce secteur de la formation pour lequel le club travaille énormément et investit depuis des années. Donc en toute logique, on lui a demandé de faire de son mieux, il n’avait pas d’objectifs précis. Il est reparti à la formation pour finir de l’organiser. Corentin Bataille a fini de se former à ses côtés mais il ne fallait pas que par l’urgence, on remette en cause tout le projet. 

Est-ce que l’idée est désormais de s’inscrire dans la durée avec David Guion comme d’autres clubs le font à Bourg-Peronnas (Hervé Della Maggiore) ou à Angers (Stéphane Moulin) ?

C’est toujours un peu compliqué de répondre à ce type de question, je vais peut-être m’en sortir avec une pirouette (sic) mais moi je suis plutôt quelqu’un qui fonctionne à la confiance et plus on travaille ensemble, plus cette confiance s’acquiert. Donc je suis dans cette philosophie comme je l’étais avec Hubert Fournier à qui j’ai proposé un contrat, qu’il a signé, et qui m’a expliqué un jour que le projet qu’on lui avait proposé, il devait l’arrêter. Et Hubert Fournier qui a été au Stade de Reims pendant 5 ans, est parti en une semaine… De la même façon, dans un autre poste, Olivier Létang qui a commencé chez nous comptable pour finir directeur général, m’a expliqué en moins d’un mois que le projet au PSG ne pouvait pas se refuser. Donc pour s’inscrire dans la durée, il peut y avoir la volonté et nous dirigeants on l’a, mais après il faut que tout soit réuni pour que cela puisse fonctionner, ce n’est pas que ma décision. 

"On a ciblé le besoin de 6 joueurs confirmés"

Où en-êtes-vous dans la préparation de la saison prochaine et particulièrement dans le recrutement ?

Encore une fois, les périodes de mercato sont des périodes juridiques en termes de dates. Mais il y a du travail qui est fait en amont par les cellules de recrutement et nos superviseurs. Il y a un cahier des charges qui est défini par notre entraîneur et des postes qui sont identifiés pour se renforcer. Et de la même façon, on est en discussion pour les joueurs qui doivent nous quitter.

Quels sont les profils identifiés ?

On a ciblé, dans l’idéal, le besoin de 6 joueurs confirmés dans la division qui emmène un plus à cette équipe en terme d’expérience. Donc les postes recherchés sont d’abord celui de défenseur gauche car malheureusement, on n’est pas arrivé à s’entendre et on n’arrivera pas à s’entendre avec Lille pour récupérer Youssouf Koné. On cherche un défenseur central pour renforcer les joueurs qui sont en place aujourd’hui. Sachant que l’on a donné notre parole à Julian Jeanvier de pouvoir être transféré, et dans le cas où il partirait, on en recruterait deux. Un milieu défensif « sentinelle », un milieu de terrain et des joueurs offensifs de couloir.

Thomas Fontaine sera-t-il la première recrue du Stade de Reims ?

Thomas Fontaine est un profil intéressant, il pourrait intégrer ce groupe mais rien n’est fait pour l’instant. Mais notre recrutement, on va peut-être aussi plus l’orienter vers des profils de joueurs de Ligue 1 ou qui sont dans des championnats à l’étranger qui ont ce niveau. 

Des joueurs comme Adrien Thomasson (Nantes) et Matthieu Dossevi (Metz) ont-ils été approchés ?

Adien Thomasson est un joueur qui aurait dû signer au Stade de Reims il y a quelques années en arrière quand il a quitté Evian. Le projet de Reims l’intéressait énormément et à l’époque, Olivier Guégan avait préféré que l’on conserve Antoine Devaux, donc on avait prolongé son contrat. Et Adrien est allé à Nantes mais les contacts n’ont pas été rompus. Adrien est un joueur libre très sollicité avec des projets très intéressants. On l’espérait au Stade de Reims, mais au regard des projets qui s’offrent à lui, la probabilité est assez faible. Matthieu Dossevi appartient au Standard de Liège et là aussi vu le niveau des projets qu’il vise, c’est pratiquement impossible qu’il soit au Stade de Reims.

Yohann Gourcuff ?

On a regardé car le reproche qui m’a été fait dans les mercatos précédents a été que l’on prenait des joueurs qui n’étaient pas très connus du grand public. Moi j’ai toujours dit que le Stade de Reims ne devait pas être un club qui attire des stars, mais plutôt qu’il créait des stars. On l’a vu avec Aïssa Mandi et Hamari Traoré qui vont faire une Coupe d’Europe la saison prochaine, Gregorz Krychowiak en a gagné deux. Tous ces joueurs-là personne, ne les connaissaient à la base. Yohann Gourcuff, on nous en a parlé, mais on a entamera aucune négociation avec lui. 

"Edouard Mendy sera le gardien du Stade de Reims la saison prochaine"

Qu’en est-il du cas Marvin Martin ?

Marvin, c’est intéressant car c’est une découverte humaine incroyable. Une humilité exceptionnelle, un garçon qui avait une image négative et en fait on a découvert un garçon très attachant. Il est donc totalement dans l’histoire de cette aventure humaine. Après, il est vrai que dans sa carrière, il a eu beaucoup de problèmes physiques, cette saison, il a quelques petits pépins anodins et sa blessure à la clavicule, ce n’est pas une blessure de footballeur mais plus la faute à pas de chance. Pour le coup lui, il a tout à fait le profil de bien connaître la Ligue 1, et donc de rester avec nous. Aujourd’hui, on est dans une négociation pour qu’il ait une rémunération liée à sa présence sur le terrain. Sportivement, on est tous sur la même longueur d’ondes et je ne doute pas que l’on trouve un bon accord pour qu’il puisse continuer au Stade de Reims. 

Y-aura-t-il des départs ? 

Il y a plusieurs catégories. Diego et Samuel Bouhours sont en fin de contrat et vont partir. Ensuite, il y a des joueurs qui sont toujours sous contrat et pour lesquels on croit en eux, mais il faut qu’ils passent un cap et ils n’auraient que peu de temps de jeu la saison prochaine s’ils devaient rester en Ligue 1. On va donc les prêter en essayant de leur trouver les meilleurs clubs possibles. Ce sera le cas par exemple de Grégory Berthier et Lenny Vallier. En espérant les retrouver comme Hassane Kamara et Jordan Siebatcheu qui sont revenus et ont apporté à l’équipe. Après, il y a des joueurs sous contrat que l’on souhaite garder mais qui ont un bon de sortie, c’est le cas de Julian Jeanvier et Jordan Siebatcheu, à condition que le club s’y retrouve.

Et Grejohn Kyei ?

Ce n’est pas pour le moment évoqué. Nous, on souhaiterait qu’il soit performant au Stade de Reims. Il a ses capacités, mais il est en manque de confiance. Est-ce qu’il peut retrouver cette confiance avec le Stade de Reims ou est-ce que cela passe par un prêt ? Au moment où l’on se parle, ce n’est pas décidé. 

Le gardien Edouard Mendy semble également très sollicité…

C’est la rançon de la gloire. Quand tu es performant, champion de France et quand tu domines autant la décision, tous tes joueurs sont vus. Il y a Edouard Mendy mais je pourrai aussi parler d’Aly Ndom qui est très remarqué à l’extérieur. Mais ces joueurs-là, le coach compte sur eux la saison prochaine en Ligue 1. Le club affiche une jurisprudence en la matière : ils n’ont pas de bons de sortie, donc ils seront là et Edouard Mendy sera bien le gardien du Stade de Reims la saison prochaine.

Danilson Da Cruz ?

C’est un cas à part. C’est un garçon rare, que tu rencontres très peu dans le football, en même temps lucide sur ses capacités. C’est un type admirable et c’est quelqu’un que l’on souhaite retrouver à un moment ou à un autre au Stade de Reims. Donc le langage il est clair : Dany est quelqu’un qui a été peu d’années dans le professionnalisme, qui n’a pas très bien gagné sa vie dans le football, il est aujourd’hui à un stade de sa carrière où il peut trouver un beau projet à l’étranger parce qu’il a une grosse côte et il a été vu cette saison. Donc aujourd’hui, lui, pour services rendus, il a la possibilité d’aller faire un contrat qui l’intéresse, dans un autre club tout en sachant qu’on lui a dit clairement que quand il souhaiterait arrêter sa carrière, il pourrait entamer une reconversion au Stade de Reims. 

Johann Carrasso fait aussi parti de ces cadres importants…

Avec Johann Carrasso, on a eu une discussion et je vais être obligé d’être redondant mais il y a que des mecs bien dans ce groupe, et c’est un mec bien. La saison dernière, il a été contacté par un club hollandais dans les derniers jours du mercato et il avait finalement décidé de rester. Donc je ne veux pas revire cette situation. On lui a donc demandé s’il était d’accord de passer sa dernière année au club, mais en doublure d’Edouard Mendy ou est-ce qu’il voulait chercher un autre projet, auquel cas on lui accorderait un bon de sortie. Mais qu’une fois que sa décision serait prise, il ne pourrait plus changer d’avis. Et il nous a répondu très clairement qu’il voulait faire sa dernière saison avec nous. 

La réserve de Nationale 2 se maintient. Quels sont vos projets en matière de gestion du groupe professionnel ?

On sait aujourd’hui lorsque l’on observe les effectifs, qu’une équipe première s’appuie sur 16 à 17 joueurs qui ont beaucoup de temps de jeu. Le reste ce sont des joueurs qui font des passages. Donc notre idée, c’est d’essayer d’avoir, parmi les meilleurs jeunes joueurs qui soient prêts plus vite pour intégrer le groupe professionnel. C’est donc d’avoir un groupe Pro 2 qui soit composé de jeunes joueurs pour travailler individuellement. On pourra y trouver un garçon comme Diego Costa, des joueurs de 17 ans, de 19 ans, le jeune Virgile Pinson que l’on vient de recruter. Donc à la fois ceux du Stade de Reims qui sont en train d’éclore, et des contacts très avancés avec des jeunes que l’on va recruter. On va récupérer l’ensemble des installations de Blériot, on va construire des vestiaires. L’idée, c’est qu’ils soient près le jour où on va leur demander de faire 15, 30 minutes de temps de jeu avec les pros. Ils auront des entraînements en plus, individuels, mais on sera en parallèle avec le groupe Pro principal, ils auront leurs médecins, leurs kinés, ce n'est plus une histoire de réserve, c’est plus une organisation comme si c’était une équipe première. On ne sera pas dans la réflexion de compétition avec l’équipe réserve de Nationale 2. Elle fera ce qu’elle pourra, si l’équipe réserve descend mais que nos pros du groupe 2 ont progressé, on sera quand même satisfaits. On parle bien de programmes individualisés. 

Pour finir, comment s’inscrire dans la durée en Ligue 1 ? Dans votre projet horizon 2020, vous démontrez que les équipes qui ont un budget au-dessus de 40 millions d’euros ont plus de chance de se maintenir. Cela passe par là ?

On remarque que malgré un passage en Ligue 2, on est resté dans le projet et le développement du club n’a pas été freiné avec ces deux années de Ligue 2. Ce qui est assez remarquable par rapport à ce qu’il s’est passé dans plusieurs clubs qui ont été relégués. Mais oui, aujourd’hui, avec l’arrivée de tous ces investisseurs étrangers, je pense qu’il va y avoir 6 à 7 clubs qui seront intouchables. Mais je pense que c’est beaucoup plus difficile de jouer une montée plutôt que d’éviter une descente. Mais l’argent ne va pas tout dire. L’idée sera d’avoir un budget conséquent pour faire nos investissements, et puis cela reste un savoir-faire que le club devra avoir.