Football

Marseille sombre face à Angers, une semaine avant PSG-OM

Par Tony Selliez, France Bleu Provence dimanche 27 septembre 2015 à 19:17

Un supporter des Winners (de dos) exilé en tribune Jean Bouin
Un supporter des Winners (de dos) exilé en tribune Jean Bouin © Radio France - Tony Selliez

L'OM était déjà privé de ses supporters des deux virages du Vélodrome après les sanctions de la Ligue de football professionnel. Mais Marseille a manqué de tout finalement samedi : solidité, inspiration, jeu. Et c'est Angers qui crée la sensation en s'imposant 2 buts à 1

L'OM aurait bien eu besoin de son "douzième homme" pour se réveiller et sortir de sa torpeur. Le Vélodrome était privé samedi de ses deux virages, fermés sur décision de la commission de discipline de la LFP (la Ligue de football professionnel) après les incidents lors du match OM - Lyon le 20 septembre. Devant précisément 22 028 spectateurs, les hommes de Michel ont sombré corps et âme, et s'inclinent 2 buts à 1 face à Angers.

Le promu angevin a même mené 2-0, d'abord sur pénalty de Thomas Mangani (38e minute) puis par Romain Thomas (70e). Michy Batshuayi sauve l'honneur pour l'OM, sur pénalty lui aussi (79e).

"On joue comme des sénateurs, on ne va pas aller bien loin comme ça." (Steve Mandanda)

Comme à Toulouse mercredi, Michel a choisi de faire tourner son effectif en profondeur. Cette fois, Rolando, Zambo Anguissa et Bouna Sarr étaient alignés d'entrée, alors que Lucas Silva restait sur le banc, et Rekik ne figurait même pas sur la feuille de match. Comme à Toulouse, les 90 minutes ont longtemps ressemblé à une purge, avec un OM méconnaissable.

Au Stadium, Marseille a au moins arraché le nul 1-1 dans les dernières secondes. Cette fois, c'est encore pire puisque Marseille s'incline, mais surtout son fond de jeu devient déliquescent, inexistant, trop brouillon avec des joueurs à la fois en manque de repères et de confiance.

Steve Mandanda (cap.) dépité ""on joue comme des sénateurs depuis deux matchs" - Radio France
Steve Mandanda (cap.) dépité ""on joue comme des sénateurs depuis deux matchs" © Radio France - Tony Selliez

Michel le reconnaît, son équipe a été "en-dessous de tout". L'entraîneur espagnol confie : "En première période nous avons très mal joué, ce n'est pas une façon de rentrer dans un match de foot. Nous avons été hors du match et en-dessous de tout pendant de longues minutes. Nous avons manqué de créativité, de profondeur. Je n'ai pas d'explication, mais il va falloir trouver des solutions(...) dans la situation où nous sommes, c'est lamentable d'encaisser ces deux buts sur penalty et coup franc".

Son capitaine rue d'ailleurs dans les brancards : "Dans tout, dans le contenu, dans le résultat, dans l'engagement, explique Steve Mandanda, ça fait deux matchs qu'on joue comme des sénateurs. On n'avance pas. Il va falloir changer tout ça, parce qu'on ne va pas aller bien loin comme ça".

La colère du capitaine marseillais Steve Mandanda

A la sortie du stade, de nombreux supporters marseillais sont autant dépités par le manque d'ambiance au Vélodrome (avec les deux virages fermés à cause des sanctions) que par les choix de leur entraineur.

Les choix de Michel interrogent

La volonté de Michel de faire tourner son groupe très largement interpelle : est-ce que ce n'est pas au détriment de la régularité et des résultats ? L'équipe type ne doit-elle pas être alignée en championnat au détriment de la Coupe d'Europe ?  Sur les réseaux sociaux, l'apathie offensive de l'OM (deux buts en deux matchs dont un sur pénalty cette semaine) est également raillée, et le fantôme de Marcelo Bielsa ressurgit...

L'OM rejoue jeudi en Europa League, à domicile, face aux Tchèques de Libérec ; et l'Europe a plutôt souri jusqu'ici aux Marseillais, vainqueurs du FC Groningen pour la première journée de la phase de poules.

Mais avec cette deuxième défaite de la saison à domicile en championnat, l'OM végète à la quatorzième place de Ligue 1, avec seulement huit points au compteur.  Inquiétant avant d'aller défier le PSG au Parc des Princes ce dimanche 4 octobre, à 21h. Paris, leader, compte déjà douze points d'avance sur l'Olympique de Marseille. Un gouffre.