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Football

Laurent Robert (Montpellier) : "Un jour, j'entraînerai une équipe chez les professionnels"

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Par , France Bleu Hérault

A quelques jours de la venue du Paris Saint Germain à La Mosson, en Ligue 1, Laurent Robert se confie sur France Bleu Hérault. Ancien buteur du PSG et de Montpellier, le réunionnais est aujourd'hui entraîneur des attaquants au centre de formation du club héraultais.

Laurent Robert entraîne les attaquants U17, U19, ceux de la réserve et de la section féminine, à Montpellier
Laurent Robert entraîne les attaquants U17, U19, ceux de la réserve et de la section féminine, à Montpellier - MHSC Foot

Montpellier, France

Formé à Montpellier, où il est arrivé en 1991, Laurent Robert a d'abord signé pro et évolué dans le club héraultais, en première division, avant de signer au Paris-Saint-Germain, où il a côtoyé Nicolas Anelka, Ali Benarbia, Eric Rabesandratana, Jay Jay Okocha ou encore Ronaldinho. C'est grâce à ses performances au PSG que le natif de l'île de la Réunion a connu l'équipe de France, lui qui a ensuite brillé en Angleterre, à Newcastle

Aujourd'hui, c'est dans le club de la Paillade que Laurent Robert effectue sa reconversion. Il est en charge des attaquants du centre de formation (U17, U19, équipe réserve) ainsi que des attaquantes de la section féminine. Il passe aussi ses diplômes pour devenir coach et encadrer, à terme, une équipe première

Laurent Robert a joué ses premiers matchs en pro avec le maillot de Montpellier - AFP
Laurent Robert a joué ses premiers matchs en pro avec le maillot de Montpellier © AFP - Pierre Verdy

Montpellier et le PSG

BQ : De toutes les confrontations entre Paris et Montpellier que vous avez jouées, laquelle vous a le plus marqué ? 

LR : C'est un PSG - Montpellier au Parc des Princes (en 1996). Nous étions menés (1-0) et nous avions finalement gagné (1-3). J'étais remplaçant, et j'étais rentré à un quart d'heure de la fin. J'avais donné une passé décisif sur l'égalisation, puis j'avais marqué le troisième but face à Bernard Lama. C'est un moment qu'on ne peut pas oublier de si tôt. Pour nous, les joueurs, c'était le match de notre vie. 

BQ : Est-ce à ce moment là que vous tapez dans l'oeil du PSG ? 

LR : Oui, je pense. J'étais jeune, j'avais 17 ou 18 ans. Et quand on fait un match pareil, ça peut taper dans l'oeil de certains dirigeants. Après, ce sont mes performances au quotidien, de match en match. 

J'avais marqué le troisième but face à Bernard Lama

BQ : Est-ce ce soir-là, au Parc des Princes, que vous vous dîtes : "un jour, je jouerai ici". 

LR : C'est venu la dernière année, en 98. On fait vraiment une belle saison avec Montpellier. L'équipe s'était beaucoup renforcée. C'était aussi une belle saison personnellement, individuellement. Je me disais que j'avais encore plus à donner, et j'avais besoin de changer. J'avais pas mal de clubs. Mais Paris, la capitale et le projet, m'avaient beaucoup plu. Le choix a été facile. 

BQ : Vous avez dit un jour que le joueur qui vous avez le plus impressionné parmi vos partenaires, c'était Alan Shearer, à Newcastle. Mais en France, c'est qui ? 

LR : A Montpellier, c'est Xavier Gravelaine. Il n'est pas resté longtemps, mais j'avais beaucoup appris auprès de lui. A Paris, ce sont Ali Benarbia, très grand joueur et fin technicien, et Jay Jay Okocha. C'était des magiciens, sur un terrain de foot. J'ai aussi eu la chance de côtoyer un peu Ronaldinho et de jouer avec Nicolas Anleka, des grands joueurs de notre championnat. 

Le joueur qui m'a le plus "impressionné" à Montpellier ? C'était Xavier Gravelaine. 

BQ : Il n'y a pas des tonnes de français dans le PSG, aujourd'hui. Est-ce que Laurent Robert y aurait sa place ? 

LR : Je pense, oui. Quand on voit le profil de Di Maria, c'est un peu mon profil de l'époque. C'est un garçon qui enchaîne tous les matchs, qui doit avoir une bonne hygiène de vie, comme moi à l'époque. C'est un garçon qu'on ne peut que féliciter. 

Si j'aurais ma place au PSG, aujourd'hui ? Je pense que oui

BQ : Andy Delort a marqué un sacré but, ce weekend, contre Amiens. Peut-on dire qu'il y a du Laurent Robert, dans ce but ? 

LR : C'est un buteur. Il frappe beaucoup, il ose beaucoup, c'est ce qu'on attend d'un attaquant. Ce weekend, ça a matché, parce qu'il persiste, il insiste. Ca a fait ficelle, tant mieux pour lui. J'espère qu'il va continuer dans ce sens là, car on ne voit plus beaucoup de frappes dans notre championnat. Donc il faut qu'il continue. Laborde, pareil, parce qu'il a une belle frappe, lui aussi. Frappez, les mecs ! 

Delort, Laborde... frappez, les mecs !

BQ : La frappe, c'est une science du placement, de la gestuelle, de l'équilibre. C'est tout ça que vous enseigniez aujourd'hui, au centre de formation ? 

LR : Tout à fait. Sur les frappes de balle et les centres, la posture, l'équilibre, le corps en avant, bien verrouiller sa cheville. Et puis, bien regarder son ballon (pour cadrer). Si au moment de la frappe, vous regardez ce qu'il se passe autour, c'est un peu comme au golf, vous n'allez pas attraper la petite balle. Dans le foot, c'est pareil : être concentré, avoir envie de marquer, chercher le cadre. S'il y a tout ça, ça doit le faire tranquillement. 

BQ : Voyez-vous Montpellier faire chuter le PSG, ce samedi, pour la quatrième fois de la saison ? 

LR : J'espère bien, car ce sera chez nous, à la Mosson ! Le club est bien, l'équipe est bonne, même s'il y a pas mal de blessés. Je pense que sur ce match, contre Paris, on pourra résister, et pourquoi pas gagner, oui. 

Laurent Robert a joué deux saisons au PSG avant de partir à Newcastle - AFP
Laurent Robert a joué deux saisons au PSG avant de partir à Newcastle © AFP - PATRICK KOVARIK

Le centre de formation du MHSC

BQ : En 1991, vous quittez la Réunion pour rejoindre le grande Brest Armorique. Le club fait faillite, vous partez Auxerre, mais vous n'allez rester qu'une semaine dans l'Yonne pour finalement poser vos valises à Montpellier, qui vous a "kidnappé". C'est bien ça ? 

LR : Exactement. A Brest, à cette époque, il y avait tous les plus grands joueurs comme, David Ginola ou Claude Makélélé, qui était mon voisin de chambre. Arrivé à Auxerre, je ne me sentais pas bien. Il faisait trop froid, c'était début décembre. Je n'étais pas bien du tout. Il faisait froid aussi à Brest, mais là ça piquait vraiment. Je savais que j'avais Montpellier, Brest et Nantes qui s'intéressaient à moi. A Montpellier, il y avait Claude Barrabé, gardien de but champion d'Europe espoirs avec l'équipe de France, numéro un à Montpellier, et réunionnais. Je me suis dit que pour réussir une carrière, il allait m'aider. Mon père et Fleury Di Nallo sont venus me récupérer à Auxerre, en voiture depuis Montpellier. Petit kidnapping, vite fait bien fait ! Guy Roux n'a rien vu. Quand on se revoyait en coupe Gambardella, il me regardait en rigolant, mais il ne m'en a pas voulu. Je n'avais rien signé. C'était le jeu du chat et de la souris. 

Un kidnapping, vite fait bien fait ! 

BQ : Quel souvenir avez-vous du centre de formation ? 

LR : Une bande de copain. J'ai été formé avec Brahim Thiam. Et Philippe Delaye est arrivé peu de temps après. Il y avait aussi Jamel, le papa de Yanis Ammour. On voulait tout gagner, on était tous dans le même objectif, même aux entraînements. On voulait être les meilleurs. 

BQ : Qui était votre grand copain, à l'époque ? 

LR : C'était Guillaume Coffi, gardien de but avec qui je suis toujours en contact. 

Je n'étais pas du genre à aller en discothèque ou à faire le fou

BQ : Vous avez fait les 400 coups ? 

LR : Non, je n'étais pas dans ces délires là, et lui non plus. A cette époque, et tout au long de ma carrière. Je n'étais pas du genre à faire le fou ou à aller dans les discothèques. 

Thomas Robert a 19 ans et joue avec la réserve de 19 ans - Aucun(e)
Thomas Robert a 19 ans et joue avec la réserve de 19 ans - MHSC / Thomas Robert / Instagram

Thomas Robert, le fils

BQ : Quelle relation avez-vous avec Thomas, votre fils, qui est au centre de formation du MHSC ? 

LR : Thomas, c'est mon bébé. Nous avons vraiment une relation père/fils. Pour le football, si ça ne tenait qu'à moi, il jouerait déjà chez les professionnels (dit-il avec tendresse). C'est un garçon qui est bien dans ses baskets. Il analyse ses matchs, car on est très pointilleux, au club, au niveau de la vidéo. Son staff le reçoit tous les week-end pour faire des corrections. On échange beaucoup. Après, s'il ne signe pas ici, ce n'est pas une fin en soi. Ce n'est qu'une étape dans sa carrière. Aujourd'hui, il est prêt à montrer qu'il est capable de jouer dans cette équipe et souhaite qu'on lui donne sa chance. Mais même si je suis dans le club, il faut qu'il le mérite, c'est donnant donnant. Cependant s'il le mérite, le ne faut pas calculer. Thomas porte un nom lourd à porter. Mais il ne faut pas le comparer au père.

Thomas, c'est mon bébé. Mais, même si je suis dans le club, il faut qu'il le mérite

BQ : Et dans la famille Robert, il n'y pas que Thomas qui joue au football...

LR : J'ai un grand frère qui a joué, mais qui a préféré faire la fête (rires). Et puis il y a Bertrand, qui a été formé ici, et qui joue encore à la Réunion, pour apporter son expérience, car il a aussi la chance de ne pas avoir eu de problèmes physique au cours de sa carrière. J'ai aussi des demi-frères et demi-soeurs qui jouent. Laure, par exemple, qui a signé au PSG. Chez nous, le foot n'était pas une obligation, mais il faut dire que le papa (Pierre) avait été un grand footballeur sur notre île. Moi, j'ai touché à tous les sports quand j'étais jeune. J'étais bon partout, mais le football m'a rappelé que c'était le sport dans lequel j'étais le meilleur. 

Laurent Robert (au milieu) avec Alan Shearer (à droite) était adoré des supporters de Newcastle - AFP
Laurent Robert (au milieu) avec Alan Shearer (à droite) était adoré des supporters de Newcastle © AFP - PAUL BARKER / AFP

Ses activités et son avenir 

BQ : Comment vous vous imaginez dans les prochaines années ? 

LR : C'est comme quand j'étais joueur, je ne veux pas brûler les étapes. C'est un autre métier, c'est totalement différent. Celui d'éducateur, je l'apprends tous les jours ici auprès de garçons confirmés, et je passe mes diplômes. L'avantage que j'ai, c'est mon expérience au niveau international. Ma voie, un jour, sera d'aller chez les pros. Je vais être patient, mais je sais très bien qu'un jour, j'aurai une équipe professionnelle. Mais avant ça, il faudrait que j'ai une équipe pour voir si je suis vraiment fait pour ça. 

Entraîner Montpellier, un jour, ce serait un rêve

BQ : Etre patient n'empêche pas de rêver : est-ce que vous vous verriez un jour entraîneur de Montpellier ou du PSG ? 

LR : Pourquoi pas, mais déjà me faire la main avec une équipe U19 ou réserve dans quelques années. Et pourquoi pas, après, intégrer un staff pro en tant qu'entraîneur adjoint. Peut-être aussi, un jour, prendre une équipe de Ligue 2, là aussi pour me faire la main. Et oui, c'est vrai que Montpellier, ce serait vraiment un rêve. 

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