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Le centenaire de la naissance de José Arribas, "le créateur du FC Nantes"

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Par , France Bleu Loire Océan

Lancé dans le grand bain de la Division 1 par le mythique entraîneur du FC Nantes José Arribas, l'ex-gardien Jean-Paul Bertrand-Demanes rend hommage à "celui à qui il voue un culte", à l'occasion du centenaire de la naissance du Basque avec qui il a remporté son premier titre de champion de France.

Quadruple champion de France avec le FC Nantes, le gardien Jean-Paul Bertrand-Demanes a fait ses débuts dans le monde professionnel sous les ordres de José Arribas, en 1969.
Quadruple champion de France avec le FC Nantes, le gardien Jean-Paul Bertrand-Demanes a fait ses débuts dans le monde professionnel sous les ordres de José Arribas, en 1969. © Maxppp - Thomas Bregardis

Éloigné des terrains depuis sa retraite sportive en 1987, Jean-Paul Bertrand-Demanes suit aujourd'hui d'un œil distrait les péripéties du football français et les fracas qui entourent son club de cœur, le FC Nantes. S'il ne s'est déplacé à la Beaujoire "que cinq fois" depuis qu'il a raccroché les crampons, il n'en demeure pas moins un amoureux de ce club avec qui il a, presque, tout gagné. Et la simple évocation de son ancien entraîneur, José Arribas, dont on célèbre le centenaire de sa naissance, ce samedi, lui fait retrouver un rictus. Avec du recul, solidement assis dans un fauteuil disposé dans son vaste salon, "Le Grand" mesure sa chance d'avoir côtoyé "le plus grand entraîneur" de l'histoire des Canaris. Interview.

"Je voue un véritable culte à José Arribas"

Que retenez-vous de José Arribas qui fut votre entraîneur pendant près de 10 ans ? 

C'est quelqu'un qui m'a formé. Dès mon arrivée au FC Nantes en 1969, j'ai été entraîné par José Arrbias et par "Coco" Suaudeau qui encadrait la réserve. Ce que je retiens de José Arribas, c'est son exigence et sa conception du football qui était avant-gardiste. C'est d'ailleurs pour ça que Nantes a été pendant plusieurs années un des meilleurs clubs français, si ce n'est le meilleur avec Saint-Etienne. Il avait su décortiquer le foot avant tout le monde.   

Était-il un scientifique du football ? 

Ce n'en était pas un. Par contre, c'était quelqu'un qui aimait analyser, qui avait un discours simple mais vrai. Il nous disait : "le ballon ira toujours plus vite que le joueur en courant", "il faut aimer courir parce-que sur le terrain, il n'y a qu'un ballon et sur les 5 joueurs qui font des appels, il n'y en aura qu'un qui l'aura. Et il faudra recommencer 30 secondes après pour espérer le toucher". Ce sont des choses simples comme ça qu'il arrivait à nous inculquer pour qu'on le transpose sur le terrain.   

Quel type d'entraîneur était le Basque ? 

Il ouvrait toujours la bouche à bon escient. Quand je m'entraînais comme un âne, il me disait : "tu t'entraînes comme un âne, il faut faire différemment, il faut faire comme ça". Ce n'était pas un taiseux mais il avait toujours le bon mot. Je voue un véritable culte à José Arribas parce qu'avec le recul, je m'aperçois de tout ce qu'il a apporté au FC Nantes.   

Peut-on dire qu'il est le créateur du fameux jeu "à la nantaise" ? 

C'est José Arribas qui a mis en place l'identité du club, ensuite prolongée par "Coco" Suaudeau, Jean Vincent même si on l'oublie un peu et Raynald Denoueix. C'est José Arribas qui a mis en place cette philosophie de jeu et on dit même que Barcelone et Johan Cruyff se sont, peut-être, inspirés de José Arribas. On retrouve des similitudes dans le jeu de passes, le jeu collectif et les capacités des Barcelonais à se démarquer, de la même manière qu'on pouvait le faire avant.   

Sous les ordres de José Arribas, le gardien international français Jean-Paul Bertrand-Demanes (au centre) a remporté un titre de champion de France et disputé une finale de Coupe de France.
Sous les ordres de José Arribas, le gardien international français Jean-Paul Bertrand-Demanes (au centre) a remporté un titre de champion de France et disputé une finale de Coupe de France. © AFP - Robert Delvac

"Petit à petit on a oublié tout ce qu'était le FC Nantes"

Parmi le quatuor d'entraîneurs que vous venez de citer, lequel a le plus marqué le FC Nantes, selon vous ? 

José Arribas est le plus grand, pour moi. C'est lui qui a inspiré Jean-Claude Suaudeau et Denoueix. C'est lui qui est à l'origine du jeu "à la nantaise", c'est pour ça que je dis que c'est le plus grand. Il va prochainement y avoir une statut d'Henri Michel devant le stade de la Beaujoire. Je pense que ça serait bien que José Arribas en ait une lui aussi. Autant Henri Michel est, selon moi, le joueur emblématique du FC Nantes, autant José Arribas est le créateur du FC Nantes. Il a créé l'image du FC Nantes. Les autres n'ont fait que reprendre sa philosophie.   

Que reste-t-il de son héritage, plus de 40 ans après son départ du club ? 

Il n'y a plus d'héritage. Ça ne se fait pas du jour au lendemain mais petit à petit on a oublié tout ce qu'était le FC Nantes. Il a commencé à disparaître, à partir de Blažević [entraîneur entre 1988 et 1991], quand on a commencé à moins regarder du côté de la formation. Il était à mille lieux de José Arribas qui prônait la formation et le collectif. Ou vous avez des moyens et vous achetez des joueurs de partout, comme le fait le PSG, mais vous n'avez pas de collectif car ne me dites pas que le PSG a un collectif. Ou vous avez une identité de jeu comme le FC Nantes et vous faites en sorte, pour la préserver, de prendre de bons jeunes et de les former au collectif du FC Nantes avec 5, 6, 7 joueurs qui viennent du centre de formation, avec la culture du club. 

Gardez-vous un moment marquant de vos années au FC Nantes sous les ordres de José Arribas ? 

Oui, mon deuxième match en professionnel à Sochaux. J'étais arrivé à Nantes le lundi, tous les gardiens étaient blessés et le dimanche après-midi, on jouait à Sochaux. Là-bas, il y a eu une énorme tempête, le match a été arrêté au bout d'une heure. On sort du terrain, on prend la douche et on va à la gare en avance. Sur le trajet, il y a une boulangerie et Paul Courtin [attaquant du FC Nantes entre 1967 et 1972] me dit : "vient, on va acheter un gâteau". Moi je débutais, j'avais à peine 17 ans. Je le suis et on entre. Je me souviens, j'avais acheté une Religieuse et j'ai à peine eu le temps de mettre la première boule de la Religieuse dans la bouche que quelqu'un frappe au carreau. C'était José Arribas qui me faisait signe avec la main d'un air de dire : "tu vas voir, ce n'est pas bien ce que tu as fait". Je me retourne et je demande à Paul ce qu'il se passe. Il me répond qu'on est virés. On est alors sortis et Paul est, sans doute, allé voir en douce José Arribas pour qu'il me fasse croire que j'étais viré. Et il m'a fait mariner pendant tout le voyage retour entre Sochaux-Paris et Paris-Nantes en train. J'étais même allé le voir pour m'excuser en lui disant que je ne savais pas qu'on n'avait pas le droit de manger de gâteaux. Et il m'avait répondu : "non, ici c'est comme ça, il y a un règlement, c'est interdit". Ce n'est qu'à l'arrivée à Nantes qu'il vient me voir et me dit : "on se voit demain matin, on oublie cette histoire". C'est un truc qui m'a marqué. C'était un mec exceptionnel.

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