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Football DOSSIER : La saison 2018-2019 du FCSM

FCSM : pour l'ancien coach Hervé Renard, Sochaux "ne peut s'en sortir qu'en retrouvant son identité"

samedi 1 décembre 2018 à 18:56 Par Hervé Blanchard, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu Besançon

Hervé Renard est venu à Châteauroux vendredi soutenir son ami Omar Daf pour son premier match sur le banc du FCSM. Le sélectionneur du Maroc en a profité pour nous répondre sur la situation du club, le boycott des supporteurs et ce fameux match perdu contre Evian il y a 4 ans. Confidences.

Hervé Renard en appelle au retour des supporteurs sochaliens au stade Bonal
Hervé Renard en appelle au retour des supporteurs sochaliens au stade Bonal © Radio France - Hervé Blanchard

Sochaux, France

Hervé Renard n'avait pas sa fameuse chemise blanche mais toujours le même sourire et la même franchise quand nous l'avons rencontré vendredi après-midi à l'hôtel des joueurs sochaliens avant leur match contre Châteauroux (défaite 1-0). Venu soutenir Omar Daf, son ami et son ancien adjoint au FCSM (Hervé Renard a été le coach de Sochaux d'octobre 2013 à mai 2014), pour son premier match sur le banc des jaune et bleu, l'actuel sélectionneur du Maroc s'est confié à notre micro sur la situation du club, le boycott des Ultras à Bonal et évidemment sur ce fameux match perdu face à Evian en mai 2014 qui envoya Sochaux en Ligue 2. 

FBBM : Hervé Renard, vous êtes venu pour Omar Daf et pour Sochaux un peu aussi. Ce n'est plus le même club 4 ans plus tard ? Que vous inspire la situation actuelle du FCSM aujourd'hui ?

HR : Déjà je ne suis pas là pour juger. Je ne vis pas à l'intérieur du club, je ne sais pas ce qu'il s'y passe réellement. Bien sûr, je suis l'actualité, le FCSM a été racheté par un investisseur étranger, mis sous tutelle depuis par des gens qui connaissent pas grand-chose de l'identité de ce club mais peut-être qu'ils ont des compétences, encore une fois je ne juge pas. Moi je suis juste un amoureux de ce club. Je n'ai pas d'intérêt personnel, pas d'argent à gagner dans cette histoire. Je souhaite juste que le club s'en sorte. 

"Sochaux ne s'en sortira qu'avec une identité locale"-Hervé Renard

"Je prends exemple sur le voisin du RC Strasbourg, tombé très bas mais qui a su se relever avec une identité locale forte grâce à Marc Keller, son président, une identité alsacienne. Je suis persuadé, mais ce n'est que mon intime conviction, que Sochaux ne peut s'en sortir qu'avec justement une identité locale. Il faut que les gens qui restent en place aient encore plus d'énergie pour s'en sortir. Même si la période est délicate, très délicate, il faut qu'on (sic) s'en sorte même si je n'ai pas de pouvoir de décision, pas d'argent pour racheter le club malheureusement. Si je pouvais, je le ferais !

FBBM : Vous le savez, les Ultras boycottent le stade Bonalcette saison pour contester la gouvernance sino-basque du club. Qu'avez-vous envie de leur dire ?

HR : J'espère, et je leur lance ce message, même si ma parole n'a pas beaucoup de poids, que malgré leurs considérations sur la situation extra-sportive au FCSM, et je les comprends, parce que certainement que l'identité de ce club s'est perdue, mais on pourrait en débattre pendant des heures, c'est comme ça aujourd'hui le football est dans un monde économique différent d'avant. Je le répète, ils ont certainement de bonnes raisons, beaucoup de bonnes raisons d'être en colère, simplement c'est le club, l'enjeu du club qui est entre les mains de gens qui l'aiment vraiment comme Omar Daf. Il s'est passé ce qu'il s'est passé depuis le début de saison, je ne veux pas juger et être un donneur de leçon, mais le dernier match à Bonal avec 3 mille spectateurs seulement, ce n'est pas suffisant. Surtout pour soutenir une équipe très jeune, avec en prime beaucoup de jeunes joueurs formés au club. Donc l'identité du FCSM, elle est là justement. Il faut la défendre. SI quelques uns pouvaient s'unir pour être derrière Omar Daf et son équipe, j'en serais ravi. Ca me ferait vraiment plaisir parce qu'ils en ont besoin. 

NDLR : Les Ultras maintiennent leur boycott malgré la nomination d'Omar Daf comme entraîneur.

FBBM : Sochaux reste un club qui vous est cher. Pourquoi un tel attachement ?

Mon plus grand regret ? Qu'on soit descendus - Hervé Renard

HR : Il le sera toujours. J'ai vécu une aventure humaine avant d'être une aventure sportive. Vous savez, à la fin de ma carrière, j'aurais découvert des pays, il restera des matches bien sûr, éventuellement des titres, des lignes sur un palmarès, mais quand on aura tourné la page, il ne restera plus grand-chose. Mais à Sochaux, j'ai juste rencontré des gens magnifiques, ça s'explique pas. Ils m'ont apporté beaucoup de soutien quand je suis arrivé, et où la situation sportive était extrêmement difficile aussi. Mon plus grand regret, et je n'ai pas peur d'en parler, il ne faut jamais se voiler la face, c'est qu'on soit descendu à l'ultime journée. A l'époque, il y avait 3 descentes, aujourd'hui on serait barragiste !!. Mais on est descendus avec 42 points (en fait 40). On finit 5èmes de la phase retour (7ème en fait). C'est comme ça, c'était écrit malheureusement. Il reste une trace indélébile.

FBBM : Si vous pouviez revenir 4 ans en arrière, dans la semaine de préparation qui précède ce dernier match fatal contre Evian, que changeriez-vous pour que l'histoire se termine bien ?

HR : Sincèrement, pas grand-chose. Je pense qu'on a abordé ce match avec une telle confiance et une idée quasi inébranlable qu'on allait réussir notre coup. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir rappelé à tous "Attention, le foot c'est 90 minutes où tout va se jouer. Tout ce qu'on a fait jusqu'à maintenant peut s'annihiler avec ce dernier match parce qu'il fallait gagner"(un match nul ne suffisait pas). On avait 9 points de retard sur Evian à la trêve et on est revenus à un point d'eux avant notre duel. C'était la situation idéale, on l'a mal gérée, on n'a certainement, et moi le premier, pas été à la hauteur de ce rendez-vous, pourtant j'ai l'impression qu'on avait tout fait pour l'être.