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Dossier : Les grands moments du sport poitevin

Les grands moments du sport poitevin #2 : 2001, Odyssée des Chamois en Coupe

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Par , France Bleu Poitou

À vos marques, prêts ? Partez. France Bleu Poitou lance une grande série sur les événements qui ont marqué le sport poitevin lors de ces trente dernières années. Le Poitou a connu de grands moments d’Histoire, ses champions qui ont rayonné sur le plan international.

Un stade René Gaillard bondé assiste à l'exploit des Chamois contre Saint-Etienne
Un stade René Gaillard bondé assiste à l'exploit des Chamois contre Saint-Etienne - Nouvelle Republique

Deuxième épisode aujourd'hui avec un match de football qui a marqué à jamais les esprits des Chamois Niortais...

Un seul choix suffit parfois pour redresser un club. Les Chamois Niortais, en engageant Angel Marcos dans le courant de la saison 1999-2000, ont pris une décision lourde de belles conséquences. D'une quinzième place et d'un maintien en Ligue 2 acquis sur le tard, les Chamois ont vécu, lors de la saison suivante, une saison magnifique.

Durant l'intersaison, le technicien argentin décide de donner un second souffle à l'effectif. Il fait engager des talents tels que Jean-Luc Escayol, Samba N'Diaye, Damian Facciuto etc, dans l'objectif de pratiquer un football spectaculaire, offensif et qui donne envie aux spectateurs de se déplacer dans l'antre de René Gaillard. Les changements opérés ont un effet immédiat puisque les résultats sont là. Les nouveaux se greffent dans un effectif où certains cadres sont là depuis longtemps, à l'image d'un Franck Azzopardi (438 matchs aux Chamois, un record au club) ou d'un Pascal Braud, capitaine des Chamois sur cette saison 2000-2001. Le premier nommé se souvient d'Angel Marcos et de l'effectif qu'il a bâti.

Franck Azzopardi parle d'Angel Marcos, un entraîneur qui a marqué les Chamois

L'architecte des Chamois en 2000-2001, Angel Marcos
L'architecte des Chamois en 2000-2001, Angel Marcos © Maxppp - Jean-Claude Jamois (Nouvelle Republique)

Avec Angel, tout le monde adhérait au projet. Il avait tout le temps un coup d'avance et a un vrai charisme. Franck Azzopardi

Un effectif en symbiose, un entraîneur qui a la mainmise sur son groupe, il n'en faut pas plus pour que cette ambiance positive ait des répercussions sur le terrain. Les Chamois enchaînent les résultats satisfaisants, aussi bien en championnat qu'en Coupe de la Ligue. Ils réalisent un exploit dès les 1/16e de finale en éliminant en déplacement le Toulouse FC - alors club de première division - sur le score étriqué d'un but à zéro, avec comme buteur la recrue Jean-Luc Escayol. Au tour suivant, les Chamois accueillent Le Havre et s'imposent sur le même score et passent en 1/4 de finale. Cette qualification a été validée grâce, une nouvelle fois, à un joueur arrivé lors de l'été : Samba N'Diaye.

C'est le début d'une belle histoire pour les Chamois Niortais qui atteignent donc le top 8 français lors de cette compétition rassemblant toutes les équipes de Ligue 2 comme de Ligue 1. Dès l'accession aux quarts de finale, le club deux-sévrien est à une place qu'il n'a pas l'habitude d'occuper. Pascal Braud, véritable point d'ancrage des Chamois en 2001, se souvient d'un parcours rêvé.

Pascal Braud se rappelle aux bons souvenirs du parcours victorieux en Coupe de la Ligue

Rien ne semble être en mesure d'arrêter le beau parcours des Chamois, pas même l'AS Saint-Etienne. Le club ligérien, historique, a vécu ses plus belles heures dans le courant des années 1970 avec des titres de champion de France, des parcours glorieux en Coupe d'Europe avec en point d'orgue 1976 et les fameux "poteaux carrés". 

Cette finale de Coupe d'Europe semble bien loin des Verts en ce début de troisième millénaire. Saint-Etienne est, en 2000-2001, un club de deuxième division mais le simple fait de voir l'ASSE sur le rectangle vert rappelle des souvenirs plus ou moins heureux certes, mais c'est un club qui parle. Pour un club comme les Chamois Niortais à l'histoire modeste au plus haut niveau, cette réception des Verts reste un événement à ce niveau de la compétition.

Niort-ASSE : un scénario dantesque

25 Février 2001. Un dimanche, à 14h. Toute une ville s'est déplacée au stade René Gaillard. Selon les comptes, 10385 spectateurs ont pris place dans l'antre. Il ne manque plus que les fauves, qui attendent d'être lâchés. Parmi tous ces spectateurs, une personne est assise sur les escaliers et n'a pas réussi à avoir de place assise tellement le peuple blanc et bleu s'est empressé d'arriver au stade. Cette personne, c'est Franck Azzopardi. Fidèle parmi les fidèles des Chamois, le milieu de terrain a vécu un moment particulier puisqu'il n'a pas joué cette rencontre, pour cause de blessure. Comment vivre l'instant présent dans les tribunes alors qu'à 100% de ses capacités, on peut postuler pour une place de titulaire niortais ? Le joueur se souvient, et raconte. L'arbitre officialise le début des hostilités par le traditionnel coup de sifflet. C'est parti, messieurs, offrez au peuple niortais un moment d'histoire. Dès la 4e minute, le stade s'est embrasé. Les Chamois ont marqué le premier but de la rencontre, par l'intermédiaire de "p'tit Fred", Frédéric Garny (1-0, 4e). Le match ne pouvait pas mieux commencer pour les locaux. Le soleil, la pluie puis la neige n'ont pas empêché l'équipe niortaise de se lancer vers la route du succès mais Saint-Etienne a, par la suite, très bien réagi. L'équipe coachée alors par Rudi Garcia - aujourd'hui technicien lyonnais - a trouvé la faille a deux reprises, grâce au brésilien Alex (11e) puis grâce à Alex di Rocco (22e). Christophe Marichez doit s'incliner deux fois en dix minutes. La première demi-heure de jeu résonne alors comme un ascenseur émotionnel pour le club niortais puisque de la liesse des premiers instants, on passe à une douche froide qui assomme les têtes et les espoirs. 

Les Chamois gardent leur objectif en tête et tentent de jeter leurs forces dans la bataille pour refaire leur retard, mais rien n'y fait. À la pause, l'AS Saint-Etienne vire en tête sur le score de 1-2. Niort n'a plus que 45 minutes pour retrouver de l'allant et surtout de la réussite pour faire trembler à nouveau les filets. Les joueurs et tout l'environnement des Chamois ne savent pas à ce moment qu'ils vont écrire l'une des plus belles pages de leur ère.

Au retour des vestiaires, les joueurs prennent leurs responsabilités et les joueurs offensifs se montrent sous leur meilleur jour. Niort met le pied sur l'accélérateur et reprend espoir en la qualification. Les locaux provoquent, obtiennent des fautes et c'est l'une d'entre-elles qui a été salvatrice. Sur une faute à une bonne vingtaine de mètres des buts de Jérémie Janot, Abdelnasser Ouadah prend le cuir, décide de tirer ce coup-franc. Tout un stade retient son souffle et respecte un silence de cathédrale. Ouadah, lui, met toute sa concentration dans une seule action : frapper le ballon pour tromper le gardien adverse. Le milieu offensif s'élance et la suite appartient au divin. Sa frappe est merveilleuse et trouve la lucarne (2-2, 58e). Les Chamois égalisent et tout un peuple blanc et bleu se lève comme un seul homme. 

À 2-2, tout le stade se prend à rêver d'un scénario où, après avoir mené puis été mené, il s'agit de renvoyer une dernière fois l'ascenseur et de garder l'avantage. Cette deuxième mi-temps prend une tournure toute autre avec cette égalisation. Les Chamois ont ce supplément d'âme et cette énergie qui dépasse l'entendement. À peine dix minutes après ce fameux coup franc signé Ouadah, c'est une nouvelle fois une recrue qui s'est distinguée. Comme à Toulouse. Comme face au Havre. Cette fois-ci, c'est Jean-Luc Escayol.

Jean-Luc Escayol, le héros niortais du soir.
Jean-Luc Escayol, le héros niortais du soir. - Chamois Niortais

À la 71e minute, le buteur trouve le chemin des filets et permet à Niort de reprendre un avantage perdu depuis la 11e. Les Chamois marquent donc ce troisième but et mènent 3-2 à vingt minutes du terme. La folie s'empare dans les tribunes et les joueurs se préparent à vivre un grand moment de leur saison. Comment faire, alors, pour contenir ces émotions et conserver ce score favorable pendant vingt minutes ? Pascal Braud raconte.

Pascal Braud, acteur majeur de ce Niort-Saint Etienne, se souvient de la folie qui a emparé le stade.

Les Chamois ont réussi cette mission qui consiste à garder ce score favorable. Christophe Marichez a dû s'employer mais a gardé sa cage inviolée en deuxième mi-temps. Au coup de sifflet final de l'arbitre, la liesse a été place à la célébration puisque bon nombre de supporters ont envahi le terrain pour enlacer les joueurs. Les Chamois Niortais sont qualifiés en demi-finale de Coupe de la Ligue pour la première (et unique) fois de leur Histoire. Les parcours de Coupe sont, de coutume, ceux qui offrent le plus de bonheur aux supporters puisqu'il s'agit d'une véritable épopée. Le championnat est un marathon, la Coupe est un voyage dont on ne connaît pas la durée ni l'épilogue. En cette année 2001, les Chamois Niortais ont réalisé un périple en terre inconnue qu'est celle de l'élite du football français.

L'odyssée a pris fin au tour suivant, où des Chamois valeureux ont buté sur le grand AS Monaco au stade Louis II. La défaite est nette, puisque la principauté l'a emporté sur le score de 2-0. Franck Azzopardi a joué cette rencontre et a constaté un réel écart avec cette équipe, alors très bien classée en Ligue 1 avec des joueurs tels que Marcelo Gallardo, Marco Simone, Éric Abidal (66 sélections en Équipe de France) ou Stéphane Porato. 

Franck Azzopardi le concède : il aurait fallu un alignement des planètes incroyable pour que les Chamois battent l'AS Monaco.

Quoi qu'il en soit, le parcours des Chamois dans cette édition 2000/2001 est historique pour le club et a laissé une trace indélébile dans le coeur des joueurs et des supporters. Pascal Braud, qui a pourtant évolué dans plusieurs clubs dans sa longue carrière, a un souvenir très vif de cette rencontre et en entend encore parler, vingt ans plus tard.

Pascal Braud a vécu un grand moment de sa carrière avec ce Chamois-Saint Etienne.

À très vite pour le troisième épisode des grands moments du sport poitevin...

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