Football

Les policiers en charge du hooliganisme en séminaire à Saint-Étienne

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 22 mars 2016 à 18:23

Les autorités en ouverture du séminaire de la DNLH
Les autorités en ouverture du séminaire de la DNLH © Radio France - Mathilde Montagnon

La division nationale de lutte contre le hooliganisme est en séminaire jusqu'à ce mercredi soir au stade Geoffroy Guichard. Ce sont les policiers qui sont spécifiquement en charge de la lutte contre les violences dans les stades et notamment dans les stades de football.

Les correspondants hooliganisme et les chefs de sections d'intervetion rapide d ela police nationale sont en séminaire jusqu'à mercredi soir au stade Geoffroy Guichard. Un séminaire de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH). Elle est en charge de la lutte contre les violences dans les stades et notamment dans les stades de football.

Depuis le début de la saion 2015/2016, 629 personnes ont été interpellées en marge de match de football. 328 individus font actuellement l'objet d'une interdiction de stade (160 mesures administratives et 168 judiciaires). La saison dernière on avait recensé 342 mesures (227 mesures administratives et 115 judiciaires). 47 arrêtés préfectoraux et 26 arrêtés ministériels ont été pris depuis le début de la saison pour interdire ou encadrer des déplacements de supporters. Les 6 journées de championnat qui ont suivi les attentats du 13 novembre ont fait l'objet d'interdiction ou de limitation de déplacement des supporters visiteurs. (cela concernait 155 matchs en tout). Depuis le début de la saison, 202 matchs ont fait l'objet d’arrêtés préfectoraux et 176 matchs ont faits l’objet d’arrêtés du ministère de l'intérieur. Pour la division nationale de lutte contre le hooliganisme, cette façon de limiter, d'encadrer ou d'interdire les déplacement permet de réduire drastiquement les risques de violences lors de matchs identifiés à risque. Et permet de limiter la mobilisation des forces de l'ordre sur ces évènements sportifs : entre la saison 2009-2010 et le début de saison 2015-2016, le nombre de policiers mobilisés sur les matchs a baissé de de 24.5%.

Vincent Manini commandant de police à Saint-Étienne est le correspondant hooliganisme de la DNLH pour la Loire. Il fait bien la différence entre phénomène ultra et hooliganisme. Pour lui "ce phénomène hooligan ne fait pas partie forcément du mondes des ultras. Pour moi, le hooligan est une dérive de certains supporters ultras qui commettent des infractions. Ce n'est pas lié spécifiquement à certains groupes de supporters. Ils deviennent hooligans en commettant certains infractions notamment de groupe. Les supporters stéphanois ils ne commettent pas plus d’infractions que les autres. La particularité de ce public, c'est qu'à 50% il vient de la région Rhône-Alpes ; à 50% du reste de la France. Donc pour les déplacements c'est pareil. Quand d'autres clubs emmènent 30 à 100 supporters en déplacement, Saint-Étienne emmène 300, 500, 1000 supporters. Quand le club de Guingamp voit arriver 600 Stéphanois, je me mets à la place de mon collègue de cette ville qui peut se poser des questions. Mais c'est pas un public plus dangereux que d'autres qui se déplacent en plus petit nombre. Il y a des villes du sud qui génèrent beaucoup plus de problèmes, par rapport aux Stéphanois qui se déplacent".

Vincent Manini, correspondant DNLH dans la Loire

Le président de l'AS Saint-Étienne Roland Romeyer a bien conscience que la sécurité est importante dans les stades pour que le football reste une fête. Il prône le dialogue entre les instances, les clubs et les supporters. Mais il se dit nostalgique du passé. Et la banderole du kop nord sur le parckage visiteur, toujours vide, samedi dernier, l'a bien fait rire. "elle était très sympa cette banderole. Je n'ai pas eu de nouvelle du Bon coin, mais je serais content de trouver à vendre ces deux parcelles parce qu'on paye une location, et il y a rien ! Non, mais je suis pour que les supporters puissent aller supporter leur équipe. C'est clair. Partout. Partout. J'ai perdu la joie que j'avais quand j'étais jeune que j'allais au stade Geoffroy Guichard, ou dans un autre stade français, ou un stade européen. Il y avait une communion entre les uns et les autres, du respect, du partage, il n'y avait pas de violence. Si il y a juste les joueurs sur le terrain ce n'est pas ça un match de football. Un match de football c'est les deux équipes et leurs supporters qui vont les encourager, participer à la fête. Le spectacle c'est dans le rectangle vert et dans les tribunes. Ça ne correspond pas à mes valeurs de laisser les supporters au vestiaire".

Roland Romeyer, président de l'ASSE