Passer au contenu

Le média
de la vie locale

Publicité
Logo France Bleu

Violences entre supporters de Ligue 1 : "Je n'ai pas le souvenir d'une répétition d'autant d'incidents"

- Mis à jour le
Par

Le début de la saison 2021-2022 de Ligue 1 a été marqué par de nombreux incidents entre supporters. Une répétition des événements qui préoccupe les pouvoirs publics, les clubs et les observateurs du football comme Nicolas Hourcade, sociologue et spécialiste des supporters.

22 août 2021. Incidents entre supporters, joueurs et membres de l'encadrement lors du derby Nice - Marseille 22 août 2021. Incidents entre supporters, joueurs et membres de l'encadrement lors du derby Nice - Marseille
22 août 2021. Incidents entre supporters, joueurs et membres de l'encadrement lors du derby Nice - Marseille © AFP - JEAN CATUFFE / augenklick/DPPI

Mais quelle mouche peut bien piquer certains supporters du ballon rond en ce début de saison ? Depuis la reprise du championnat de Ligue 1, de nombreux incidents sont venus entacher le retour du public dans les stades après un an de huis clos, total ou partiel, en raison de la pandémie de Covid-19. 

Publicité
Logo France Bleu

Les derniers événements en date, des heurts entre supporters en marge du match Angers - Marseille et un "guet-apens" tendu par des supporters montpelliérains à ceux de Bordeaux mercredi (voir plus bas), ont fait réagir Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports : "Totalement inacceptable". Il a indiqué que des mesures seront "probablement prises" en lien avec Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur. La commission de discipline de la Ligue professionnelle de football (LFP) se réunit jeudi pour se pencher sur ces heurts.

Des mesures en discussion la semaine prochaine avec le gouvernement 

La ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, a annoncé une réunion "la semaine prochaine" entre la Division nationale de lutte contre le hooliganisme et le gouvernement, pour "rediscuter" éventuellement de l'assouplissement des déplacements de supporters décidé il y a deux ans.

Le 20 septembre dernier, au lendemain des incidents du match Lens - Lille , Roxana Maracineanu prônait pourtant le recours à des "sanctions individuelles", plutôt que collectives. Mais comment expliquer un tel climat ? Nicolas Hourcade, sociologue et spécialiste des supporters de foot, a expliqué jeudi sur franceinfo ne pas "avoir le souvenir, depuis la saison 2009-2010, d'une répétition d'autant d'incidents sur un laps de temps aussi court".

Phénomène conjoncturel ou structurel ? 

Nicolas Hourcade se dit "extrêmement préoccupé" de cette répétition d'événements et tient à faire la différence entre des phénomènes différents. "Ce n'est pas exactement la même chose de jeter un projectile sur un joueur ou de se battre entre supporters. Il faut être capable de distinguer les phénomènes qui n'ont pas tous les mêmes causes mais, fondamentalement, il est difficile de savoir si c'est un phénomène conjoncturel ou structurel", s'interroge le sociologue.

Est-ce dû à un surplus d'excitation, de frustration, après des mois de huis clos liés au Covid ? "Dans ce cas-là, la situation va se calmer une fois que la vie aura repris son cours normal", répond Nicolas Hourcade. Mais il peut également s'agir d'un phénomène plus structurel d'une radicalisation de certaines franges de supporters. "Il est trop tôt pour le dire", explique le sociologue. 

Ce qui a le plus surpris le spécialiste des supporters de foot, c'est l'effet "tache d'huile" après les débordements de la rencontre Nice-Marseille . "On aurait plutôt pensé que les choses allaient se calmer", avoue-t-il. "Habituellement quand il y a un gros incident cela calme un peu le jeu". 

Pas de "solution miracle" 

Afin de lutter contre ces violences, Nicolas Hourcade reconnaît que la "solution miracle" n'existe pas. Il prône "une répression sur les comportements graves, une responsabilisation des clubs et des supporters, une organisation renforcée et un dialogue entre tous les acteurs pour désamorcer les tensions." A l'instar de la ministre des Sports, le sociologue plaide pour les sanctions individuelles. "Il faut être capable de cibler les individus violents avec l'aide des caméras de vidéos surveillances et les sanctionner à la mesure des actes commis", poursuit-il_. _

Le spécialiste des supporters estime que la sanction collective peut être légitime quand elle vise un club et qu'il y a eu un défaut d'organisation. "D'ailleurs l'OGC Nice n'a pas contesté le huis clos", explique-t-il. Mais le problème de la sanction collective c'est que cela devient la seule sanction. "On sanctionne des supporters qui n'ont rien fait et qui sont majoritaires. On risque de ne pas sanctionner ceux qui ont commis des fautes graves et de manquer la cible", estime-t-il.

De plus, il pose la question de l'organisation des matchs_. "On a l'impression qu'avec les périodes de huis clos, on a un peu perdu l'habitude d'organiser ces matchs un peu chauds",_ conclut Nicolas Hourcade.   

Une longue liste d'incidents depuis la reprise du championnat

Mercredi, plusieurs dizaines de supporters marseillais sont sortis du parcage visiteurs et ont détruit du matériel avant que les stadiers ne rétablissent l'ordre. A Montpellier, un car de supporters de Bordeaux a été pris pour cible par des personnes armées de barres de fer, faisant 16 blessés. 

Et la liste d'incidents est longue depuis la première journée du championnat : 

Le 8 août, le derby entre Montpellier et Marseille dégénère. Le joueur de l'OM Valentin Rongier est touché à la tête par une bouteille, alors qu'il célébrait son but. Interruption du match après de nouveaux jets de projectiles. 

Le 22 août, le derby breton entre Rennes et Nantes tourne au vinaigre. Les supporters des deux équipes essaient d'en découdre. Deux hommes seront jugés en mars 2022 pour violences exercées sur un agent de sécurité. 

Toujours le 22 août, le derby méditerranéen entre Nice et Marseille est marqué par des incidents bien plus graves. Alors qu'il s'apprête à tirer son corner, le marseillais Dimitri Payet est touché au dos par un jet de bouteille en plastique, le joueur renvoie le projectile vers la tribune des ultras niçois. En réaction, certains d'entre eux envahissent la pelouse. Des coups sont échangés entre supporters, mais aussi entre joueurs et membres de l'encadrement. L'arbitre est contraint de rappeler les acteurs aux vestiaires. Au bout d'une heure et demie d'interruption, la rencontre est définitivement arrêtée. 

loading

Trois jours plus tard, le 25 août, les première sanctions de la Ligue de football professionnel tombent. Les tribunes incriminées du stade de la Mosson à Montpellier seront fermées pour trois matchs. Pour Nice-OM, la LFP sanctionne dans un premier temps le club de la Côte d'Azur d'une rencontre sous huis clos totale, à titre conservatoire. 

Le 9 septembre, la commission de discipline de la LFP inflige à Nice un retrait de deux points (dont un avec sursis) ainsi que le huis clos total de son stade pour trois matchs. Pablo Fernandez, un adjoint de l'entraîneur marseillais Jorge Sampaoli, est suspendu jusqu'à la fin de la saison pour avoir donné un coup de poing à un supporter niçois entré sur la pelouse. L'affiche devra aussi être rejouée, sur terrain neutre, le 27 octobre.

Malgré ces sanctions, de nombreux incidents surviennent le 18 septembre, là encore à l'occasion d'un derby, celui du Nord entre Lens et Lille . Des dizaines de supporters lensois envahissent le terrain pour aller en découdre avec le parcage de Lillois, d'où ont été jetés plusieurs sièges. Les échauffourées, limitées par l'intervention des CRS, font six blessés légers. Le coup d'envoi de la deuxième mi-temps est retardé d'une trentaine de minutes. 

loading

Ma France : Économies d’énergie

Hausse généralisée du coût de la vie, risque de pénurie d’électricité ou de gaz, phénomènes climatiques extrêmes : ces crises bouleversent nos quotidiens, transforment nos modes de vie, nous poussent à dessiner les contours d’horizons nouveaux. Pour répondre à ces défis, France Bleu et Make.org lancent une grande consultation citoyenne autour des économies d’énergie. Prenez position sur ces solutions & proposez les vôtres !

L'info en continu

Publicité
Logo France Bleu