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Football

Pour ses avocats, on a voulu faire de Jean François Fortin un "beau trophée"

vendredi 8 juin 2018 à 17:18 Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin

Le Procès des matchs de Ligue 2 supposés arrangés s'est terminé sur les plaidoiries de la défense ce vendredi au Tribunal correctionnel de Paris. Les avocats de Jean François Fortin ont dénoncé la volonté de l'accusation de faire de leur client "un beau trophée." Délibéré attendu le 13 septembre

Me François-Pascal Gery (à gauche) et son client Jean-François Fortin
Me François-Pascal Gery (à gauche) et son client Jean-François Fortin © Radio France - Olivier Duc

Caen, France

Dans sa plaidoirie, Me François-Pascal Gery résume en une formule sa démonstration que le parquet a voulu se faire "un beau trophée" en épinglant son client, Jean François Fortin. La veille, le procureur a requis à son encontre douze mois de prison avec sursis.

"On a transformé une conversation de café des sports de 5 secondes en pacte de corruption non suivi des faits et sans modalité pratique d'application. On devient fou."

Son associé, Me Xavier Morice renchérit. 

Ce dossier depuis le début est médiatisé sur l'appellation d'affaire de matchs truqués de Ligue 2 alors qu'il s'agit d'une affaire d'écoute téléphonique

Ce coup de Téléphone entre Jean-Marc Conrad et Jean François Fortin le jour du match Caen-Nîmes est effectivement pour beaucoup dans les malheurs judiciaires qui accablent l'ancien président du Stade Malherbe de Caen. Ce jour où il a formulé cette fameuse phrase à son homologue nîmois "Si on n'est pas trop con."

La défense de Jean François Fortin a procédé en deux étapes pour démonter les arguments de l'accusation et "d'une instruction à charge.

Me Xavier Morice s'est d'abord attelé à montrer qu'aucun soupçon ne pouvait peser sur ce fameux Caen-Nîmes (1-1) même si les deux formations se sont neutralisées dans les 20 dernières minutes.

Une liasse de dépositions dans les mains, il égrène les noms des joueurs aussi bien caennais que nîmois avant d'asséner : 

Tous ces gens, que disent-ils? On s'est battu, on voulait gagner, de part et d'autres. Tous disent on l'a fait de notre propre initiative parce qu'on a eu peur de se faire contrer.

Me François-Pascal Gery s'est ensuite chargé de démontrer qu'il n'y avait aucun pacte de corruption. Il a rappelé la droiture de l'homme, son désintérêt aussi bien dans ses affaires professionnelles que dans son action bénévole au Stade Malherbe.

Il a surtout rappelé que les soupçons portaient sur cette seule conversation téléphonique avec son homologue nîmois dont le numéro n'était même pas dans son répertoire et qu'il n'a pas rencontré. 

C'est cet homme-là qu'on va perquisitionner à 06h du matin sur la base de deux lignes d'écoutes. On l'a mis en garde à vue pendant deux jours sur des bases qui ne tiennent pas. C'est faire le buzz sur un dossier où il n'y a aucun pacte de corruption."Si on est pas trop con", c'est un constat mathématique, on est sur une phrase de dix secondes. 

Me François-Pascal Gery conclut sa plaidoirie :

Je demande au tribunal d'avoir le courage d'arrêter de faire de M. Fortin un objet de communication sur un texte de loi (sur la corruption sportive) et de le relaxer.