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Dossier : La saison 2020 -2021 du Racing Club de Strasbourg

Ligue 1 - Marc Keller, le président de Strasbourg : "On va utiliser nos réserves pour passer cette crise"

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Impacté par la crise sanitaire et la réduction importante des droits télé, le Racing Club de Strasbourg va perdre 30 millions d'euros de recettes sur la saison en cours. Le président Marc Keller explique comment le club fait face. Il évoque aussi l'avenir de Thierry Laurey et de Mohamed Simakan.

Le président du Racing Marc Keller évoque la double crise sanitaire et des droits télés qui impacte les finances de son club, mais aussi l'avenir de Thierry Laurey et de Mohamed Simakan
Le président du Racing Marc Keller évoque la double crise sanitaire et des droits télés qui impacte les finances de son club, mais aussi l'avenir de Thierry Laurey et de Mohamed Simakan © Maxppp - Jean-Marc Loos

Sollicité depuis plusieurs semaines pour une interview sur la situation financière du Racing Club de Strasbourg en cette saison particulièrement compliquée pour les budgets des clubs professionnels, le président Marc Keller est sorti de son silence. Il a attendu que la crise des droits télé trouve un dénouement au moins pour cette saison. Il a donc accordé un entretien à France Bleu Alsace (comme à d'autres médias locaux), pour évoquer la baisse inédite des recettes (estimée à 30 millions d'euros), la façon dont le Racing fait face, mais aussi la situation sportive, l'avenir de l'entraîneur Thierry Laurey et du joyau du club Mohamed Simakan, qui devrait jouer la saison prochaine à Leipzig.

Comme tous les clubs de Ligue 1, le Racing est confronté à deux crises, la crise sanitaire et la réduction des droits télé à cause de la défaillance du diffuseur Mediapro. Quelles sont les conséquences pour votre club ? Ca représente combien de recettes en moins ? 

Si on commence par la défaillance Mediapro, le football français devait recevoir 1,3 milliard d'euros par saison pendant quatre ans pour la Ligue1 et la Ligue 2. Avec la défaillance Mediapro et l'arrivée de Canal Plus sur les lots laissés par Mediapro, on va avoir 750 millions. Ce qui veut donc dire que le football français dans sa globalité perd cette saison 550 millions d'euros . Après, vous l'avez dit, il y a aussi la crise sanitaire. On peut estimer à peu près pour le Racing que pour la saison précédente (2019-2020), ça nous a coûté une dizaine de millions d'euros. Et cette saison, la crise sanitaire nous coûte à nouveau une bonne dizaine de millions d'euros. Sur la saison en cours, c'est à peu près 10 millions d'euros pour le covid et 20 millions de Mediapro. Donc, ça fait une trentaine de millions de recettes qui ne sont pas touchées par le club alors qu'elles étaient assurées. Pourquoi je dis assurées pour le club? Tout simplement parce que le stade est d'habitude plein chaque fois et qu'on joue dans un stade vide. Et concernant les droits télé, on avait un contrat qui avait été signé. Évidemment, on a fait nos budgets en fonction d'un classement estimé. C'était la quinzième place. Donc en début de saison, on avait fait un budget de 60 millions de recettes et de 60 millions de dépenses sans aucune vente de joueurs. Et malheureusement, à l'heure où on se parle, on a perdu à peu près une trentaine de millions d'euros de recettes. 

La majorité des joueurs accepte une baisse de 15 à 20% des salaires

C'est énorme pour un club comme le vôtre, ça représente donc la moitié du budget. Comment remédier à cette situation? Ou allez-vous trouver cet argent? 

Évidemment, c'était totalement imprévisible et inédit, que ce soit pour Strasbourg ou pour l'ensemble des clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Alors évidemment, on essaie de travailler sur des économies. On est un club assez agile, donc c'est ce qu'on essaie de faire. On a aussi travaillé évidemment sur les aides de l'Etat, que ce soit le chômage partiel, mais aussi les aides sur les pertes de billetterie ou les exonérations de charges sociales. On a rencontré aussi nos joueurs et je dois dire, on a été vraiment dans une relation très constructive et mis à part des joueurs en fin de contrat - c'est particulier - la majorité des joueurs ont accepté aussi une perte de salaire de 15 à 20% sur six mois. Évidemment, ça représente peut être 10%  de la perte qu'on a, mais ça participe quand même à cette solidarité. Et évidemment, ce qu'on peut dire aussi, c'est que les abonnés et les sponsors ont aussi laissé des indemnités un petit peu au club. Enfin très clairement, le Racing avait aussi 15 millions d'euros de fonds propres et évidemment, on va jouer sur ses fonds propres pour essayer d'amortir au mieux cette saison. 

Marc Keller sur la baisse de 30 millions d'euros de recettes du Racing

Depuis plusieurs saisons, vous gérez le club comme un "bon père de famille". De ce fait, le Racing est-il finalement moins impacté que de nombreux autres clubs de votre standing en Ligue 1 par cette double crise ?

Pour être transparent, tous les clubs sont impactés du vingtième au premier. Très clairement quand même pour le Racing, on avait émis des réserves de côté depuis neuf ans. On a été bénéficiaire, je crois chaque année, à part le CFA et la première année de National. Ses réserves, on les a mises de côté pour deux choses : 1. le risque de la relégation qui existe chaque année et 2. pour participer aux investissements d'infrastructures comme les terrains d'entraînement que vous connaissez. Malheureusement, on va utiliser ces réserves pour passer cette crise qu'on n'attendait pas. 

Vous avez évoqué les négociations avec les joueurs pour baisser leurs salaires. On imagine que ça n'était pas évident, parce que les joueurs n'étaient pas responsables de cette situation. Comment ça s'est passé? 

Oui, les joueurs ne sont pas responsables. J'estime aussi que nous, on est un club extrêmement bien géré depuis des années. On a fait un budget équilibré à la quinzième place, donc on n'a pas pris des risques inconsidérés non plus. Malheureusement, c'est le contexte conjoncturel qui a fait qu'on se retrouve dans une difficulté.  On a de très bons rapports avec nos joueurs. Ils comprennent aussi qu'on est un club sérieux. Ils ont fait un effort. Encore une fois, ça participe à l'effort général. Mais c'est très symbolique de l'état d'esprit du Racing. 

Il n'y aura pas d'impact pour les autres salariés ? 

Très clairement, certains cadres sont venus me voir pour qu'on baisse de 10% à 15% leurs salaires aussi. J'ai refusé parce que oui, on peut dire que ce ne sont pas les mêmes salaires que les joueurs. Et je pense aussi qu'on a réussi à gravir cette montagne depuis le CFA grâce au travail des administratifs et je ne voulais pas qu'ils soient impactés par cette crise qu'on n'attendait pas. 

Le transfert de Simakan vers Leipzig bientôt bouclé ?

La vente d'un joueur pourrait aussi vous rapporter gros, celle de Mohamed Simakan. Où en est ce dossier ? Où en sont vos contacts et vos négociations avec le club allemand de Leipzig ?

Pour l'instant, on n'a jamais fait une politique de trading comme les autres clubs, c'est à dire vendre pour compenser les pertes d'exploitation. On ne l'a jamais fait et pour la première fois, on va utiliser probablement une vente pour nous aider aussi à traverser cette crise. Ça devrait être Mohamed, même si pour l'instant, rien n'est fait. On discute. On a une très bonne relation avec les dirigeants allemand de Leipzig. On les a encore eu au téléphone aujourd'hui (ce mardi). Momo veut partir là-bas. Ses agents travaillent très bien dans ce dossier là aussi. J'espère qu'on arrivera à finaliser un deal dans les jours qui arrivent pour la fin de saison et le joueur resterait chez nous jusqu'en fin de saison. 

Marc Keller sur le dossier Simakan

Evoquons la situation sportive. Le Racing est 16ème de Ligue 1 après 24 journées.  Comment vous analysez la saison en cours ? Comment envisagez-vous cette fin de saison ?

Il va falloir se battre jusqu'au bout. Je pense qu'on a l'effectif de qualité pour se maintenir. Là-dessus, je n'ai aucune inquiétude. Malheureusement, il faut être concentré. Je regrette un petit peu le match de Brest, parce que je pense qu'on avait vraiment trois points qui nous tendait les bras. Et gagner en Ligue 1, c'est difficile, particulièrement cette année, où le stade est vide à la Meinau. Donc, on perd un petit petit avantage qu'on avait, parce qu'on avait un public exceptionnel depuis des années. Et je regrette un petit peu les points perdus. Mais l'équipe a les qualités. Le staff est motivé. Thierry Laurey aussi, donc on va le faire, mais on va devoir se battre.

Thierry Laurey fixé plus tard sur son avenir

Thierry Laurey justement est en fin de contrat à la fin de la saison, avez-vous déjà évoqué son avenir, entamé des discussions pour le prolonger ?

Clairement, non. Que ce soit pour Thierry, son staff ou les joueurs, on est en pleine saison, dans une année très particulière qui nécessite vraiment un combat de tous les instants, que ce soit au niveau économique ou budgétaire et au niveau sportif. Donc, on a repoussé toutes les discussions pour l'instant parce qu'on est absolument concentré, focus sur la saison en cours, c'est à dire que l'entraîneur et les joueurs veulent absolument bien terminer la saison. Et nous, les dirigeants, on est concentré aussi pour la terminer le mieux possible économiquement et sportivement, avant de discuter pour la saison prochaine. 

Marc Keller sur l'avenir de l'entraîneur strasbourgeois Thierry Laurey

Vous faites partie de l'équipe de Noël Le Graët, qui brigue un quatrième mandat de président à la Fédération française de foot. Beaucoup considère que vous pourriez être son successeur. Ça vous intéresserait, à moyen ou long terme, d'être président de la Fédération? 

Ecoutez, je fais partie de la liste, comme Albert Gemmrich, et du Comex (le Comité exécutif de la FFF) depuis maintenant quatre ans. Je fais partie des proches du président. J'ai poussé avec certains autres, comme Jean-Michel Aulas, à ce qu'il se représente et je suis très, très, très heureux qu'il reparte à l'élection. Pourquoi? Parce que son bilan est top. Depuis quatre ans, je ne parle pas seulement des résultats sportifs, mais aussi des résultats économiques. Et vous savez qu'en France et dans le foot en particulier, on traverse une crise sans précédent. Et je suis persuadé qu'un homme de cette expérience, avec les relations qu'il a, l'expérience et le charisme qu'il a, est très important dans la crise que nous traversons. Et je crois aussi que le binôme qu'il forme avec Didier Deschamps est très important dans l'équilibre général des résultats sportifs. Dans un club, on dit souvent que c'est la relation entraîneur président qui est importante et je crois que à la Fédération, c'est très vrai aussi entre le sélectionneur et le président de la fédé. Donc je suis très heureux qu'il se représente et j'espère qu'il va repartir pour quatre ans. Et moi, je suis très content de faire partie de son équipe. 

Marc Keller sur les élections à la Fédération française de football et son soutien à Noël Le Graët

Noël le Graët parle souvent de vous en des termes très élogieux, comme un "président de club modèle", ça vous flatte? 

Ça me flatte. C'est aussi un très bon apprentissage pour moi, du monde fédéral. Je connaissais très bien le monde professionnel. J'avais bien compris le monde amateur aussi dans les années qu'on avait passées en National, avec le Racing. Et c'est vrai que l'expérience que j'ai, notamment avec les sélections de jeunes, particulièrement les espoirs, me convient. Je participe à la vie de cette fédération et franchement, c'est quelque chose qui me plaît bien. Et je suis très heureux de faire partie de la liste de Noël.

La vie de président de club professionnelle est très exigeante, surtout en ce moment, avec les crises auxquelles vous êtes confronté. Qu'est ce qui peut vous donner un motif d'espoir pour les mois à venir? 

Alors, je pense que à un moment donné, on sortira de la crise. Ça fait déjà douze mois maintenant que cette crise sanitaire dure et on a l'impression que ce n'est pas terminé. C'était totalement imprévisible. On a vécu des moments incroyables à la Meinau, de joies, d'émotions. Et moi, je souffre, comme les joueurs, le staff, tous les salariés, de ne pas voir l'ambiance qui nous manque tant à la Meinau. Et je l'ai dit récemment, on avait fait en début de saison une campagne d'abonnement en disant à nos abonnés "Vous nous avez manqué". En réalité, ils nous manquent encore toujours autant et j'espère qu'ils reviendront bientôt. Et on a fait récemment un truc assez sympa, je trouve. On a téléphoné aux 17.000 abonnés. On continue de le faire. Ça nous a permis de garder le contact avec eux et on a remarqué combien cette ambiance leur manque. Et j'ai hâte de retrouver une Meinau pleine et festive. 

Vous n'avez jamais de moments de lassitude ?

Vous savez, on est comme tout le monde. On subit. On essaie de trouver des solutions, mais on a hâte que la vie reprenne normalement. 

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