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Ligue 1 - SM Caen - Frédéric Guilbert : "La fierté ne sera pas la même si on se maintient grâce aux autres"

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin vendredi 19 mai 2017 à 10:00

Frédéric Guilbert (ici face à Dijon) veut décrocher le maintien de son club formateur
Frédéric Guilbert (ici face à Dijon) veut décrocher le maintien de son club formateur © Maxppp - Stéphane Geufroi

Blessé à l'épaule dans les arrêts de jeu face à Montpellier (0-2) et opéré dans la foulée, Frédéric Guilbert a repris son poste de latéral droit du SM Caen trois semaines plus tard face à Rennes (0-1). Le latéral droit caennais

Comment allez-vous?

Ça pourrait aller mieux mais la situation fait que c'est compliqué. On s'est mis dans la merde tout seul, va falloir se battre à Paris pour espérer un truc. C'est compliqué par rapport aux résultats, c'est une fin de saison compliquée tant physiquement que mentalement. C'est encore plus compliqué quand on joue le maintien.

"On s'est mis dans la merde tout seul"

Le SM Caen jouait déjà le maintien quand vous avez été prêté par Bordeaux, le club normand a été sur le fil toute la saison même si l'équipe semblait avoir la marge pour éviter de jouer le maintien sur la dernière journée.

On a fait une saison en dent de scie. Il y a des moments où si on avait gagné, on aurait pris une petite longueur d'avance. On n'a pas su le faire. C'est pour cela qu'on en est là aujourd'hui.

"Si les dieux sont avec nous, tous les résultats seront avec nous et on sera encore en Ligue 1. Si ce n'est pas le cas, ce sera à nous de faire le job."

C'est un scénario incroyable. Tout va se jouer sur la dernière journée aussi bien pour la montée en Ligue 2 (Vendredi) que pour le maintien en Ligue 1 (samedi) ? Tout peut arriver samedi soir?

Oui, il y a plusieurs scénarios possibles. C'est aussi la magie du football qui fait ça. Si les Dieux sont avec nous, tous les résultats seront avec nous et on sera encore en Ligue 1. Si ce n'est pas le cas, ce sera à nous de faire le job à Paris.

"Paris va peut-être vouloir faire tourner... je ne sais pas comment cela va se passer honnêtement"

C'est une situation en trompe-l’œil. On pourrait croire que vous avez votre destin en main puisque vous n'êtes pas relégable (17e) mais comme ça se joue à Paris face à une équipe taillée pour la Ligue des Champions...

C'est une grosse équipe. Après, ils ont encore des échéances à jouer, en Coupe de France notamment (Finale le 27 mai face à Angers). Ils vont peut-être vouloir faire tourner, je ne sais pas... Je ne sais pas comment cela va se passer honnêtement. Il faut se concentrer sur nous cette semaine et puis on verra bien comment ça se passe.

"Qui n'est pas jouable? A partir du moment où il y a onze mecs sur le terrain, rien n'est impossible"

Paris, à Paris, est-ce que c'est jouable?

Qui n'est pas jouable? A partir du moment où il y a onze mecs sur le terrain, rien n'est impossible. Après, je vous mentirais si je vous disais que ça va être facile. Aujourd'hui, je suis sûr que les pronostiques c'est du 99% contre 1%. C'est comme ça, c'est le foot et on va essayer d'aller chercher quelque chose.

Vous n'avez jamais perdu au Parc des Princes. Vous avez joué une fois avec Bordeaux.

Oui, on avait fait 2-2 je crois, cela s'était bien passé. Maintenant, c'était dans un contexte différent. On verra bien.

Sa blessure à l'épaule. "Je pars du principe que si ça casse, c'est que ça devait casser"

On pensait qu'après votre blessure à l'épaule dans les arrêts de jeu face à Montpellier (0-2) on ne vous reverrait plus de la saison? C'est ce que vous aviez également pensé?

Oui, normalement c'était fin de saison. Après, je me suis fait opérer rapidement. J'ai fait en sorte de revenir le plus vite possible. C'est grâce au travail des Kinés. Je remercie Tony Hubert et Bruno Gacoin. C'est parfait. Ils ont eu un rôle essentiel dans mon retour.

Ils vous ont rassuré sur votre retour aussi rapide?

Oui, après je pars du principe que si ça casse, c'est que ça devait casser. Aujourd'hui, si je retombe dessus, c'est que c'est le destin mais c'est vrai que cela fait à peine un mois.. on va dire trois semaines entre l’opération et le retour sur le terrain. C'est vrai que c'est un retour-express (rire) mais c'était important aussi pour l'équipe. J'espère aider l'équipe à se maintenir. En tout cas, c'est ce que je vais faire.

"J'aurais pu dire bon allez j'arrête et basta. Ce n'est pas ma mentalité. Je voulais revenir et donner tout ce que j'avais pour maintenir le club."

Si je suis revenu, c'est qu'il y avait une raison. J'aurais pu dire bon allez j'arrête et basta. Ce n'est pas ma mentalité, je voulais revenir, et donner tout ce que j'avais, toutes les forces que j'avais en moi pour maintenir le club. C'est le club de ma région, j'ai fais mes années de formation ici donc c'est important de pérenniser le club en Ligue 1.

Comment avez-vous fini le match face à Rennes?

Cuit! Cuit, vraiment. Là (mardi), j'ai encore des douleurs. Je pense que demain je serai aussi au repos. J'ai vraiment tiré sur tout ce que j'avais et un mois sans compétition, en 90 minutes on s'en rend compte. J'ai surtout les mollets qui tirent après j'ai aussi les muscles périphériques de l'épaule vue que j'ai compensé avec tous les muscles autour donc c'est surtout ça qui me fait mal aujourd’hui mais bon on va vite oublier la douleur pour ce week-end.

" Si on y met le cœur et si on y met tout ce que l'on peut, on peut essayer au moins d'accrocher un nul"

Vous avez joué avec une protection?

J'ai joué avec un gros strap. Ça a tenu. Je m'étais mis en condition un petit peu à l'entraînement. J'y allais, je ne me posais pas de questions. De toute façon c'est quand on se retient qu'on se fait mal. Au moins quand j'y vais, je suis sûr de ce que je fais.

Quand on est joueur professionnel, jouer le PSG au Parc des Princes, c'est quelque chose de particulier ou par rapport à l'enjeu vous avez un sentiment plus mitigé?

Franchement je m'en fous de jouer au Parc. Honnêtement, cela aurait été Dijon, n'importe quelle équipe que vous voulez, cela ne change rien à l'enjeu. Aujourd'hui on est dans l'obligation de faire quelque chose face à des joueurs de classe mondiale, de tout ce que vous voulez. Voilà, ils ont deux bras, deux jambes, plus de talents que nous mais je pense que si on y met le cœur et si on y met tout ce que l'on peut, on peut essayer au moins d'accrocher un nul. Et on sait que dans notre situation un nul, ce n'est pas négligeable quand on voit Lorient qui reçoit Bordeaux... Lorient, ce n'est pas une équipe de pipe non plus. Bordeaux ça va être compliqué pour eux, il y a Marseille qui reçoit Bastia donc ça va être compliqué jusqu'au bout.

Ses amis bordelais. "Je leur envois quelques messages.(..) Je pense qu'ils vont se battre à fond pour moi (rire)"

Vous en parlez avec vos amis Bordelais?

Je fais que de les appeler (rires). Je leur envois quelques messages, j'essaye de les motiver mais ils sont motivés. Eux aussi ils ont un objectif de 5e place aussi au cas où Marseille chute. Je pense qu'ils vont se battre à fond pour moi j'espère (rire)

"On est conscient de l'enjeu pour le club, notre enjeu personnel."

Le Stade Malherbe de Caen en Ligue 2, c'est impensable?

Impensable... Si, c'est pensable. A partir du moment où on est dans cette situation, on est obligé de penser que le club peut aller en Ligue 2. Après, personne ne le veut. On est conscient que ce soit de l'enjeu pour le club, notre enjeu personnel en tant que joueur. C'est important que l'on reste en Ligue 1 mais ce n'est pas impensable vue la situation dans laquelle on se trouve.

Face à Rennes, est-ce que l'équipe a eu un peu de peur, d'appréhension, de retenue...

.. (il coupe) Non, après moi je parle d'un point de vue personnel. Je ne peux pas parler pour les autres. Personnellement, je n'ai pas ressenti de peur particulière. Après la pression, tu l'as à chaque match. Si tu joues avec la pression, tu es cuit.

Après, peut-être que vue de l'extérieur, c'est un ressenti que vous avez eu et que le coach peut avoir. Il nous en a fait part. C'est peut-être le cas mais en aucun cas pour moi. Je n'ai pas jouer avec la peur. Pour les autres, je ne sais pas.

"On dépend entre guillemet des autres (..) La fierté ne sera pas la même si on se maintient grâce aux autres."

Cela peut devenir un formidable souvenir, un moment très très fort dans une carrière, de jouer toute une saison sur une journée et un match?

De se maintenir? Oui. Je pense que nous avons encore notre destin entre nos mains après c'est Paris. J'ai envie de rester en Ligue 1. J'aurais aimé d'une manière différente. On dépend entre guillemet des autres. j'aurais préféré gagner ce week-end et basta et s'en sortir par nous même. Ce n'est pas le cas. La fierté ne sera pas la même si on se maintient grâce aux autres. On préfère toujours faire le taf soi-même. Quand vous travaillez, vous préférez le faire vous-même qu'un autre. Vous n'avez pas la même fierté.

Son avenir. "Je ne sais pas du tout ce qui va se passer."

La saison n'est pas encore terminée. Vous êtes prêté par Bordeaux mais les supporters caennais espèrent vous voir continuer en Normandie?

Ce que je peux dire à l'heure d'aujourd'hui c'est que j'ai passé de très bons moments ici. Je parle au passé parce que je ne sais pas du tout ce qui va se passer. J'ai eu quelques nouvelles de Bordeaux. Je ne peux pas vous en dire plus mais honnêtement je me suis très bien senti ici. L'accueil a été super. Je ne ferme la porte à rien. Seul l'avenir nous le dira. Je ne peux pas vous dire ce qui va se passer, je ne peux pas vous dire la position du SM Caen, de Bordeaux. Le foot va tellement vite que je ne peux pas vous dire que je vais repartir à Bordeaux ou rester ici. J'ai envie de jouer, d'être en Ligue 1. C'est important aussi pour un jeune joueur de jouer. On verra comment ça va se passer.