Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Football

Ligue 2 : le Havre AC doit s'inspirer de Caen, Boulogne et Dijon

mercredi 6 mars 2019 à 14:57 Par Bertrand Queneutte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

En déficit de points et distancé au classement par les équipes de tête, le HAC va devoir réaliser un quasi sans faute d'ici la fin de saison, s'il veut se hisser parmi les cinq premiers, en Ligue 2. Un finish en boulet de canon, à l'image de celui de Caen, il y a treize ans.

 Le HAC de Zinédine Ferhat va devoir réaliser un quasi sans faute sur la fin de saison
Le HAC de Zinédine Ferhat va devoir réaliser un quasi sans faute sur la fin de saison © Maxppp - Fotor avec Maxppp

Le Havre - France

Onze matchs, onze finales ! C'est ce qui attend le HAC, s'il veut terminer dans les clous et atteindre l'objectif : une place en play-off, afin de jouer la montée en ligue 1. Pour l'heure, les havrais sont 10ème et comptent 38 points. Il leur faudra sans doute prendre au moins 27 unités, pour rejoindre le top 5 d'ici la 38ème journée. En effet, ils en totaliseraient alors 65, l'équivalent de ce que Brest avaient obtenu en fin de saison dernière, en décrochant la cinquième place. Seulement, ce n'est pas une mince affaire : cela implique de gagner au moins neuf matchs sur les onze qu'ils doivent encore disputer. 

Caen, un exemple ? 

Le Stade Malherbe de Caen peut faire figure d'exemple. Sur les 20 dernières saison, les caennais sont en effet ceux qui ont opéré la plus grosse "remontada" en nombre de points, entre la 28ème et l'ultime journée, pour finir par se hisser à la quatrième place. Huitièmes (38 points) à onze rendez-vous du terme, l'équipe dirigée par Franck Dumas avaient pris 28 points sur les 33 mis en jeu, en remportant neuf rencontres et en concédant une seule défaite et un nul

D'autres l'ont fait  : Boulogne et Dijon ! 

D'autres parcours, similaires à celui que va devoir réaliser le HAC, apparaissent également lors des vingt derniers exercices. Lors de la saison 2008-2009, l'US Boulogne avaient pris 27 points sur les onze dernières journées de Ligue 2. Un total qui avait permis aux partenaires du havrais Aldo Angoula et d'un certain Faneva Andriatsima, de passer de la 7e à la 3e place. Et de finir, là encore, avec 66 points.  

De son côté, Dijon n'avait pris que 21 points sur 33 lors de la saison 2004-2005, mais la formation de Rudi Garcia était tout de même passée de la onzième à la quatrième position, en l'espace de onze matchs. 

Brahim Thiam (à droite) lorsqu'il évoluait à Caen - Maxppp
Brahim Thiam (à droite) lorsqu'il évoluait à Caen © Maxppp - S.GEUFROI

ENTRETIEN - Brahim Thiam, ancien joueur du SM Caen

Aujourd'hui consultant football pour beIN Sport, Brahim Thiam jouait au Stade Malherbe lors de la fameuse saison 2005-2006. Après un début de saison difficile, notamment dû à pas mal de mouvements dans l'effectif, l'équipe avait fini par créer une formidable dynamique, sur la phase retour. Comment ? Réponse de l'ancien défenseur, interrogé par Bertrand Queneutte : 

Brahim Thiam avec Bertrand Queneutte

BQ : Quelle a été la recette de votre incroyable parcours, sur la fin de saison 2005/2006 ? 

BT : Une prise de conscience et une mutualité des forces physiques, techniques et psychologiques. Il n'y a pas de recette miracle, sinon on l'appliquerait à pas mal d'équipes, mais je pense que c'était surtout une volonté collective des joueurs. On s'est dit qu'on n'était pas venu pour être dans la charrette, qu'on n'était pas à notre niveau. Il y a eu une volonté commune de bien faire les choses, sans savoir si ça allait marcher. Finalement, cela a fonctionné dès la reprise, après la trêve hivernale. 

BQ : Cela doit-il passer par une discussion entre joueurs ? 

BT : Complètement. C'est une discussion entre joueurs, avec deux ou trois leaders dans l'équipe. C'est inévitable. On dit souvent qu'un entraîneur a un impact avant le match, pendant la mi-temps et après le match. Les joueurs, eux, ont une grande responsabilité sur le terrain, ils sont les acteurs de leur match. Nous, on eu l'autonomie de faire ce qu'il fallait, sans attendre que le coach nous dise de faire les choses, parce qu'on n'était pas satisfait de nous même, tout simplement. 

BQ : Cela peut-il aussi passer par une grosse performance, un résultat inattendu, un exploit ? Oswald Tanchot, par exemple, disait que cette série aurait pu démarrer avec un résultat contre Metz. 

BT : Battre Metz aurait permis de ne pas être trop distancé par rapport au podium, sur le plan comptable. Effet sur le plan psychologique, aussi, en battant le leader qui file tout droit vers la Ligue 1. Evidemment. Nous, ce qui a initié notre remontada, c'est une série de matchs. Il faut gagner contre des équipes supposées plus fortes que toi. Et il faut enchaîner. Le mal du Havre, c'est qu'il n'y a pas de série d'au moins cinq matchs, avec au moins trois ou quatre victoires de suite. Sans ça, tu ne peux pas aspirer à jouer le haut de tableau. Sans être au dessus tout le monde, l'exemple, c'est le PFC. Ce n'est pas une équipe de foudres de guerre, mais ils sont réguliers. D'où leur classement. 

BQ : Le HAC ne compte que deux victoires de suite, maximum. Il en aurait fallu une troisième pour lancer une vraie dynamique ? 

BT : Bien sûr. Il faut faire un cycle avec une fois trois matchs, et une fois cinq matchs. Sur les six premiers mois, et sur les six derniers. C'est à dire que sur trois matchs, il faut en gagner deux et faire un nul. Et sur cinq matchs, il faut en gagner quatre et faire un nul. L'histoire, elle est là. C'est là que le bât blesse pour Le Havre, c'est qu'ils n'ont pas fait mieux qu'une série de deux victoires. Ce qui est aussi embêtant, c'est qu'il n'ont pas de buteur. Leur meilleur est à six buts. Il faudrait qu'il ait au moins deux acolytes à cinq buts chacun. Si tu ne te reposes que sur une personne pour mettre des buts, et que lui n'est qu'à six, ça veut dire qu'ils n'ont pas du gagner beaucoup de matchs, parce que, à côté de lui, il n'y a pas huit joueurs qui ont mis trois buts.  

BQ : A Caen, en 2005-2006, vous les aviez ces buteurs là ? 

BT : Oui, on avait Stéphane Sanson, Lilian Compan. Il y avait aussi et déjà Yohann Gouffran. Je n'ai pas les stats, mais ce sont des garçons qui ont fini avec au moins huit buts chacun. Ils se sont révélés sur la deuxième partie de saison. Nous, on avait les ingrédients, mais au départ, on n'avait pas la bonne recette. Quand tu ne les as pas, c'est plus difficile. 

BQ : Une accession du HAC en play-off vous paraît-elle aujourd'hui trop compliquée, pour ces raisons là ? 

BT : C'est la dynamique qui me fait dire ça. Nous, dès le mois de janvier, on avait fait un résultat à Amiens. A partir de là, la dynamique est partie et ne s'est plus arrêtée, jusqu'à la fin du championnat. On a été invaincus sur une quinzaine de matchs, et on en a gagné neuf ou dix. En plus, selon moi, l'équipe du Havre st moins qualitative, cette saison. Quand tu perds Mateta et que tu ne le remplaces pas, tu ne peux pas espérer avoir le même parcours. Et même si tu finis cinquième, quand tu arrives et que tu affrontes la Ligue 1, tu es cuit. Cette série, elle n'est donc pas impossible, mais ça risque d'être très difficile. Le match de Metz aurait pu te permettre de l'envisager. Aujourd'hui, il faut gagner contre Béziers. Sinon, c'est terminé.  

BQ : En cas de victoire contre Béziers, une autre ensuite face à l'AC Ajaccio, avec tout ce que ce match va comporter, peut-elle déclencher cette série tant espérée ? 

BT : Bien sûr. Le HAC a une revanche à prendre sur l'AC Ajaccio, sur le fond et la forme, parce que tout ne s'était pas passé correctement lors du barrage. Moi, si j'étais joueur du Havre et que j'avais la chance de rejouer Ajaccio en ayant gagner à Béziers et avec la possibilité de laver l'affront par rapport à l'ACA, en tant que compétiteur, je jouerais avec le couteau entre les dents.