Football DOSSIER : Ligue 2 : toute la saison 2016-2017 du HAC

Ligue 2 - Le Havre | Grégoire Puel : "Il y a eu un gros quiproquo avec l'entraîneur"

Par Bertrand Queneutte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) dimanche 2 octobre 2016 à 1:24

Grégoire Puel face au clermontois Jobello, en août 2015, au Stade Océane
Grégoire Puel face au clermontois Jobello, en août 2015, au Stade Océane © Maxppp - Emmanuel Lelaidier

Blessé et opéré en fin de saison dernière, jamais sélectionné par Bob Bradley pour participer à un match de Ligue 2 depuis la reprise, le défenseur Grégoire Puel traverse une période compliquée. Courageux et déterminé, il n'entend cependant rien lâché. Entretien exclusif.

Arrivé de l'OGC Nice au HAC en août 2015, le défenseur Grégoire Puel espérait se relancer. Depuis, l'attaquant vit des moments difficiles. Victime d'une pubalgie et très peu utilisé par Bob Bradley, le jeune homme a accepté de sortir du silence pour s'expliquer et livrer son sentiment, sur France Bleu Normandie.

Interview - Grégoire Puel, avec Bertrand Queneutte :

Bertrand Queneutte : Grégoire, vous avez connu une première saison au HAC compliquée, avec seulement 15 matchs de L2, dont 10 en tant que titulaire. Celle qui vient de démarrer semble prendre la même tournure, avec en plus l'arrivée d'un nouveau concurrent (Barnabas Bese) sur le flanc droit. Vous n'avez pas encore été appelé. Comment vivez-vous ce début de saison ?

Grégoire Puel : Déjà, la saison dernière, j'ai souffert d'une pubalgie, que j'ai trainé durant plusieurs mois et qui n'a fait qu'empirer. En fin de saison, je n'avais plus de quoi apporter au groupe. J'étais vraiment en difficulté. Je n'arrivais plus à finir les entraînements. Quand un joueur partait en profondeur, j'étais bloqué. J'avais vraiment mal. J'ai du me résoudre à me faire opérer à trois journées de la fin. Je n'ai pas pu lutter à armes égales avec mes concurrents. Ce qui m'arrive est donc normal. Aujourd'hui, mes prestations à l'entraînement redeviennent vraiment intéressantes. Et les matchs en CFA me font du bien et me permettent de retrouver mon niveau et mes capacités physiques naturelles.

Ecoutez - Grégoire Puel : "Je retrouve peu à peu mon niveau"

BQ : Cela veut dire que si vous n'avez pas été appelé cette saison dans les 16, c'est essentiellement du à cette blessure ?

GP : Ce que je veux dire, c'est que je suis revenu cet été avec un niveau qui n'était pas au top. A la fin de la prépa, j'étais à 40 ou 50%. Je retrouve petit à petit le niveau, mais sur les premiers matchs, c'était encore trop juste pour que je puisse figurer dans le groupe et rivaliser avec mes concurrents.

Grégoire Puel : Il y a eu un gros quiproquo cet été. L'entraîneur était persuadé que je voulais partir...

BQ : Et le fait que le club soit allé chercher un nouveau latéral droit cet été, comment l'avez vous pris ? C'est un concurrent de plus, un message envoyé par les dirigeants ?

GP : La concurrence ne me dérange pas. Je suis quelqu'un qui ne lâche rien. Quand on me met des difficultés, je les affronte. Je ne baisse jamais les bras. Mais cet été, il y a eu un gros quiproquo avec le coach. Il a pensé que je voulais partir. Il en étais persuadé. Des mauvaises infos lui sont remontées. Je ne sais pas d'où. Le fait est qu'il y a eu un gros quiproquo et qu'il s'est tourné vers quelqu'un d'autre, d'où l'arrivée de Bese. Au final, je ne suis pas parti et on se retrouve à trois sur le même poste. Après, j'ai eu une discussion avec le coach pour mettre les choses à plat. Une discussion qui m'a fait du bien et qui permet de repartir sur de bonnes bases.

Ecoutez - Grégoire Puel et le quiproquo avec Bob Bradley

BQ : A aucun moment, vous n'avez souhaité partir ?

GP : Je ne dirais pas "à aucun moment", mais mon but n'était vraiment pas de partir. Au contraire, mon but a toujours été de m'imposer ici. Cela dit, en début de saison et alors que le mercato n'était pas fini, j'avais l'impression que je ne faisais plus parti des plans. Avant d'avoir cette discussion avec l'entraîneur, je ne comprenais pas pourquoi j'étais autant écarté. Encore une fois, cette discussion a permis de remettre les choses à plat.

BQ : Amiens (en Ligue 2) s'est fortement renseigné vous concernant. C'est vous qui avez dit non ?

GP : Oui, j'ai dit non. Ici, malgré les difficultés que je rencontre, il y a tout de même un projet.

Grégoire Puel, avec le HAC face à Nîmes, en décembre 2015 - Maxppp
Grégoire Puel, avec le HAC face à Nîmes, en décembre 2015 © Maxppp - AZRIA JEAN CLAUDE

BQ : Que vous a dit Bob Bradley au cours de votre échange ?

GP : Il m'a donné des axes de travail, dans lesquels il souhaite que je bosse, que je m'améliore. C'est d'ailleurs aussi dans ce but que je suis allé lui parler. Depuis, on a de bonnes relations, il m'encourage à l'entrainement.

BQ : Cela veut-il dire que vous espérez intégrer le groupe des 16 bientôt ? D'ici la fin de l'année 2016 ?

GP : Je sais que je vais encore devoir passer par des matchs de CFA, m'aguerrir, prendre des repères, du temps de jeu. Ensuite, c'est le coach qui fera ses choix. Mais je ne lâcherai pas.

BQ : Votre place, Grégoire, est-elle forcément au poste de latéral droit ?

GP : Je peux jouer à différents postes. En Ligue 1, j'ai joué parfois arrière gauche et milieu droit. Même ici, à l'entraînement je joue parfois arrière gauche. Je peux concurrencer à différents postes. Et je pense que c'est bien pour un entraîneur d'avoir des joueurs comme moi, polyvalents.

Ecoutez - Grégoire Puel : "Je ne regrette pas d'avoir choisi le HAC"

BQ : Est-ce-qu'aujourd'hui, avec le temps de jeu réduit, les incompréhensions avec le coach... vous ne regrettez pas, tout de même, d'avoir choisi le HAC ?

GP : Non. Je ne dirai jamais que je regrette. Une carrière, ce n'est pas toujours beau. On passe par des moments un peu difficiles. Actuellement, c'est un moment compliqué. Jusque là, je n'avais jamais eu de grosses blessures. Mais bon, je continue à travailler. Et ce genre de difficultés rend plus fort.

Grégoire Puel : Dans les moments difficiles, je travaille encore plus et je me dis que cela finira par tourner.

BQ : Ce n'est pourtant pas simple de rester concentré et déterminé dans ces moments là.

GP : Non, c'est vrai. Il y a des jours où je suis un peu moins bien. Mais dans les moments difficiles, je travaille encore plus. Je me dis que ça finira bien par tourner. Et qu'au contraire, si je lève le pied, je risque de régresser. Dans ma carrière, je me suis fixé des objectifs à long terme. C'est pour cela que je réponds présent tous les jours à l'entrainement.

Ecoutez - Grégoire Puel et sa force de caractère

BQ : Sur qui pouvez-vous compter pour traverser cette période ?

GP : Je m'entends vraiment bien avec tout le monde. Mais en ce moment, peut-être un peu plus avec Ludo (Ludovic Gamboa), parce qu'on est allé jouer plusieurs fois ensemble en CFA et parce qu'on est un peu dans la même difficulté. Mais bon, déjà l'année dernière, il me faisait bien rire. C'est quelqu'un que j'aime bien.

Grégoire Puel : Les gens peuvent penser que le fait d'être "le fils de" rend les choses plus faciles...

BQ : Est-ce-que tout cela signifie qu'au mercato d'hiver, vous ne partirez pas ? Que la porte est fermée ?

GP : Comme je vous l'ai dit, je veux gagner ma place ici. On ne sait pas ce qu'il peut se passer au cours d'une saison. Il peut y avoir des blessés. Je dois donc bosser, rester prêt, afin de pouvoir faire le bon match le jour où l'opportunité se présente.

Greg Puel, lors d'un match face à Dijon, en septembre 2015 - Maxppp
Greg Puel, lors d'un match face à Dijon, en septembre 2015 © Maxppp - EMMANUEL LELAIDIER

BQ : D'où est ce que vous tenez, Grégoire, cette force de caractère ?

_GP : Ce sont des valeurs que l'ont m'a inculquées. En plus de ça, même si je suis assez jeune, je suis passé par des moments assez difficiles dans ma carrière, durant ma formation et ma pré-formation, notamment. Les gens peuvent penser que le fait d'être "le fils de" rend les choses plus faciles... mais je peux vous dire qu'au contraire, il faut bosser beaucoup plus et se forger un mental. Et puis, l'épisode de Nice m'a aussi forgé.
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Grégoire Puel : Mon père, c'est l'exemple à suivre. A Monaco, Arsène Wenger ne comptait jamais sur lui, mais il a fini par gagner sa place. Il n'a jamais lâché.

Ecoutez - Grégoire Puel, sa famille, son père

BQ : Si vous pouviez revenir en arrière, est-ce que vous iriez ailleurs, dans un autre club que celui que votre père entraine ?

GP : Non, parce que ce qu'il faut savoir, c'est qu'à Nice les choses se sont faites naturellement. Ce n'est pas quelque chose qui a été forcé. Je venais d'être repositionné arrière droit, et il y a eu deux blessés la même semaine à ce poste. Le coach m'a donc fait confiance. J'ai répondu présent. Mais s'il n'y avait pas eu ces blessés à ce moment là, je n'aurais peut-être joué en Ligue 1. Après, il y a eu des matchs où j'étais moins dedans, mais c'était normal pour un jeune joueur.

BQ : Aujourd'hui, quelle relation avez-vous tous les deux, sportivement ? Est-ce que vous parlez des difficultés que vous rencontrez ?

GP : Maintenant qu'il n'est plus mon entraineur, c'est plus facile d'avoir certaines discussions. De toute façon, dans la famille, on est assez unis. J'en discute aussi avec ma mère, mon frère, ma soeur. Mon père, lui, a aussi traversé des moments similaires à Monaco, avec Arsène Wenger. Quand il est arrivé, il ne comptait jamais sur lui. Il a connu ce parcours et ces moments difficiles. Mais au final, il a gagné sa place. Il n'a jamais rien lâché. C'est ce que je dois faire, c'est l'exemple que je dois suivre. C'est le meilleur exemple.

Prochain match : Le Havre - Sochaux (L2 | J10), à suivre en direct sur France Bleu Normandie, avec Bertrand Queneutte et Alexis Bertin.