Football DOSSIER : Ligue 2 : toute la saison 2016-2017 du HAC

Ligue 2 - Le Havre : le retour en force de l'ancien havrais Harrison Manzala, à Amiens

Par Bertrand Queneutte et France Bleu Picardie, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu Picardie mercredi 12 avril 2017 à 15:27

Harrison Manzala à la lutte avec Thomas Gamiette de Bourg-en-Bresse
Harrison Manzala à la lutte avec Thomas Gamiette de Bourg-en-Bresse © Maxppp - Douchet / Le courrier picard

Parti l'été dernier du HAC, Harrison Manzala renaît sous les couleurs de l'Amiens SC, en Ligue 2. Cette saison, et après une grave blessure, le jeune homme a déjà inscrit trois buts et délivré deux passes décisives.

Certains l'avaient enterré ? Ils ont eu tort. A tout juste 23 ans, Harrison Manzala revit, pour ne pas dire renaît, avec le club picard. Victime d'une grave blessure au tibia l'été dernier, puis transféré dans la foulée du HAC à l'Amiens SC, l'attaquant acquiert peu à peu une place de titulaire, ou sinon de joker de luxe. Apparu à 13 reprises cette saison, dont sept dans le onze de départ, il a déjà inscrit trois buts et délivré deux passes décisives, avec ses nouveaux partenaires, toujours en course pour la montée. Un pied de nez à ses détracteurs, pour le joueur formé au HAC et à qui Bob Bradley ne faisait que trop peu confiance, l'an dernier. A deux jours de Amiens SC - HAC, à l'occasion de la 33ème journée de Ligue 2, entretien avec Harrison Manzala, au micro de Bertrand Queneutte, pour France Bleu Normandie :

Bertrand Queneutte : Peut-on dire qu'avec Amiens, vous vous êtes totalement relancé ?

Harrison Manzala : Totalement ? Non. Mais c'est vrai que j'ai bien rebondi après ma blessure. C'est le retour dont je rêvais. Les choses se passent bien pour le moment. Plus ça avance et plus je retrouve de meilleures sensations et mon meilleur jeu.

Harrison Manzala : "C'est le retour dont je rêvais"

BQ : est-ce une revanche, après une fin compliquée avec le HAC ?

HM : C'est une satisfaction, pas une revanche. Peut-être que certains doutaient, et je leur montre que j'ai le niveau. Mais ceux qui me connaissent vraiment, au Havre, savent que j'étais capable de faire tout ce que je fais. Et quand je parle avec eux, ils ne sont pas surpris, ils sont juste contents. Ils se disent que j'ai enfin compris certaines choses. Et que cela se ressent sur le terrain.

Harrison Manzala : "Ma blessure m'a fait du bien. Voir de nouvelles têtes aussi, car j'étais dans un cocon."

BQ : Le déclic ne réside-t-il pas dans le fait de vous être mis en danger ? D'avoir quitté un club où vous étiez tombé dans un certain "confort" ?

HM : Je pense d'abord que ma blessure m'a fait du bien. Pendant toutes ces semaines, je ne pouvais pas marcher et cela m'a permis de réfléchir. J'ai beaucoup parlé avec des gens du club. Et puis, partir et voir de nouvelles têtes m'a fait énormément de bien. Au Havre, j'étais chez moi, je connaissais tout le monde et j'étais dans un petit cocon, en effet. Et le fait de quitter le club m'a obligé à prouver de nouveau. Cela m'a fait du bien de repartir de zéro, avec une feuille blanche et avec des gens qui ne me connaissaient pas.

BQ : Vous avez retrouvé Guessouma Fofana, que vous connaissiez ?

HM : On s'était juste croisé en fait, car quand je suis arrivé au HAC, lui il partait. Mais on s'était déjà parlé un peu.

BQ : Il parait que vous formez un clan avec lui, Camara et N'Dombele, c'est vrai ?

HM : C'est vrai qu'on est beaucoup ensemble, on a les mêmes délires, on rigole beaucoup, on a beaucoup de points en commun. Et du coup, on se trouve bien sur le terrain.

Harrison Manzala : "Oswald Tanchot ? C'est quelqu'un qui compte pour moi"

BQ : Encore récemment, vous aviez une photo de vous et d'Oswald Tanchot comme photo de profil sur twitter. Vous êtes très proches tous les deux ?

HM : Oui, nous sommes très proches. On s'envoie souvent des textos. Quand j'étais blessé, il prenait souvent de mes nouvelles. Et moi vice versa, pendant la période où ça n'allait pas trop au HAC, je lui écrivais. C'est quelqu'un qui compte pour moi. Quand j'ai vu qu'il avait prolongé, j'étais content pour lui, même si cela ne m'a pas surpris. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup.

Harrison Manzala : "Si Tanchot avait été numéro un..."

BQ : Il a compté dans votre rebond ?

HM : Oui, il a joué un rôle dans mon départ et dans mon arrivé à Amiens. Une fois, il est aussi venu me voir ici. On a discuté et il m'a dit que c'était une bonne chose pour moi, que j'avais bien fait de partir. Après, je suis un peu déçu parce que juste après mon départ il est devenu coach. Mais je n'ai pas de regret, je suis suis content d'être là. Et je suis aussi content de voir qu'il est passé numéro un, parce que quand il était adjoint, avec le travail qu'il faisait, il méritait d'être le numéro un.

Harrison Manzala, auteur de son troisième but de la saison face à Bourg-en-Bresse - Maxppp
Harrison Manzala, auteur de son troisième but de la saison face à Bourg-en-Bresse © Maxppp - Douchet / Le courrier picard

BQ : S'il avait été le numéro un l'été dernier, est-ce que vous seriez resté ?

HM : Je dirais oui, mais je ne peux pas savoir, parce que je me suis blessé au premier entraînement. Je ne sais pas si je me serais blessé ou pas. Tous les deux on en a rigolé, je lui ai dit "dommage", j'aurais été bien sous ses ordres. Peut-être qu'on se reverra dans un autre club, on ne sait jamais.

BQ : Amiens est toujours en course pour la montée, même si l'équipe marque un peu le pas avec deux défaites consécutives et quatre sur les six derniers matchs. Dans ces conditions, la réception du HAC est pour vous capitale ?

HM : Oui. On sait que ça sera serré jusqu'à la fin. Pour moi, tout va se jouer vendredi. Si on fait un résultat négatif, on va se tirer une balle dans le pied. On a perdu les deux derniers matchs assez bêtement, avec un joueur expulsé à chaque match. Vendredi, face au Havre, ce sera un tournant.

Harrison Manzala : "Le match de vendredi face au HAC ? Un tournant."

BQ : Honnêtement, le HAC est-elle selon vous une équipe qui fait peur ?

HM : Moi, je les connais, donc non. Après, c'est un groupe de qualité. Ils ne sont pas à la place où ils devraient être. L'effectif du HAC est un peu plus costaud que celui d'Amiens, mais nous n'aurons pas peur.

BQ : Vous auriez imaginé jouer la montée cette saison, quand vous avez signé au mois d'août ?

HM : Non. Quand les dirigeants d'Amiens m'ont appelé, j'ai suivi leurs matchs et j'ai trouvé qu'ils jouaient bien. Mais je me suis dit qu'ils étaient sur la dynamique de leur montée en Ligue 2. Et en arrivant, j'ai été surpris par la qualité du groupe. D'autant que la plupart des mecs étaient en National, et je ne les connaissais pas.

Harrison Manzala : "La sélection avec la République Démocratique du Congo ? C'est un objectif"

BQ : On sent dans ce groupe une grande force tactique et collective, c'est le cas ?

HM : C'est vrai, il n'y a pas beaucoup d'individualités. Seulement quelques joueurs qui sortent un peu du lot. Mais globalement, on est solide. Et puis, à un moment donné, on était la meilleure attaque et quasiment la meilleure défense. Donc il n'y a pas de hasard.

BQ : Avec ce rebond et la bonne saison que vous faîtes, est-ce que vous pensez parfois au Congo (RDC) et à la sélection ?

HM : Oui. Il 'y a un mois, j'ai été présélectionné, mais je n'ai pas pu y aller à cause d'un problème administratif. Apparemment, le sélectionneur avait regardé mes matchs. Mes prestations sont regardées, et cela me fait plaisir. Après, j'ai passé six mois de galère, donc je me concentre plus sur Amiens. Je retrouve du plaisir à jouer au foot, j'arrive à marquer et à faire marquer. Donc pour le moment, je me concentre sur mon jeu.

BQ : Mais c'est quelque chose qui vous ferait plaisir de rejoindre la sélection.

HM : Oui, bien sûr. C'est quand même un objectif.