Football

Matchs truqués de Ligue 2 : Olivier Dall'Oglio va faire appel

Par Philippe Renaud, France Bleu Bourgogne jeudi 19 mars 2015 à 16:06

Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur du DFCO.
Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur du DFCO. © Maxppp

En début de semaine, la commission d'enquête de la Ligue de Football Professionnelle (LFP) se penchait sur l'affaire des matchs truqués en Ligue 2 la saison passée. Olivier Dall'Oglio, le coach de DFCO, a reçu un rappel à l'ordre de la part de la LFP.

Lors de la conférence de presse d'avant-match, Olivier Dall'Oglio a confirmé qu'il allait faire appel de la décision de la LFP qui lui a infligé un rappel à l'ordre. Le coach dijonnais avait déjà passé 32 heures en garde à vue le 18 novembre dernier, et était ressorti sans qu'aucune charge ne pèse contre lui.

France Bleu Bourgogne: Vous avez été sanctionné par la ligue, vous avez eu un rappel à l'ordre, concrètement qu'est-ce que cela signifie ?

*Olivier Dall'Oglio : "J'aurais dû prévenir la ligue que j'ai reçu un coup de fil. Moi, j'ai reçu cette explication, la ligue a fait part de ses sanctions, et je fais partie des sanctionnés. On m'a expliqué gentiment que c'était la plus basse des sanctions, que ce n'était d'ailleurs pas une sanction pour eux, mais un acte pédagogique . Je ne l'ai pas pris comme ça du tout, je n'ai pas de rappel à l'ordre à recevoir, je ne vais pas faire part de tous mes appels téléphoniques et je ne vois pas ce que je leur aurais dit. J'ai observé une justice à plusieurs vitesse là-bas . Certaines personnes ont reçu des coups de fil et n'ont rien eu du tout, et moi, j'ai eu un rappel à l'ordre que je n'accepte pas du tout. J'ai effectivement reçu un coup de téléphone d'une personne que je connais depuis longtemps et qui tournait autour des présidents et des responsables nîmois. On a parlé de football, il n'y a pas l'ombre d'un doute sur quoi que ce soit, et je n'accepte aucune sanction là-dessus. Je compte bien faire appel. Ils doivent penser que je protège quelqu'un, mais je ne protège personne du tout . Au bout d'un moment, c'est pénible. J'aurais même pu attendre un peu de soutien de ma ligue par rapport à cet événement et au contraire, ils me sanctionnent, c'est dur à avaler. Que mon nom et le club soient mêlés à cette affaire n'a ni queue ni tête"* .  **

FBB : Cela va-t-il changer votre manière de fonctionner ? 

O. D : "De toute façon, il faut faire attention à tout ce qui est internet et téléphone, on va revenir à l'écriture, c'est très bien (rires). Aujourd'hui, je réponds moins au téléphone, d'autant plus si je ne connais pas le numéro. C'est malheureux, mais aujourd'hui, on est obligé de se méfier de tout" .

"Il fallait qu'il y ait des sanctions, que ça fasse du bruit, que ce soit médiatique", Olivier Dall'Oglio, entraîneur du DFCO

FBB : Le président de la Ligue Frédéric Thiriez veut mettre en place un système pour que les personnes qui reçoivent des coups de fil préviennent la ligue, qu'en pensez vous ? 

*O. D : "Il faut arrêter. On essaie de nous faire avaler des choses qui sont incroyables, on est sur une autre planète. Je leur ai dit en commission, je vais vous appeler toutes les semaines parce que j'ai eu un collègue ou un confrère qui m'a téléphoné pour parler de football... On est un peu tombé dans le ridicule. Il fallait qu'il y ait des sanctions, que ça fasse du bruit, que ce soit médiatique . La seule chose qui compte aujourd'hui, c'est l'image. Les conséquences et les dommages collatéraux, ça, ils s'en fichent. C'est un match qu'on aurait pu perdre, j'aurais pu faire des essais en vue de la saison suivante, et les conséquences auraient été énormes... Certainement que ma carrière, ma vie auraient été changées, l'image du club froissée, c'est pour ça que ces sanctions-là, ils ne faut pas les laisser passer, ce n'est pas possible* . Aujourd'hui je reste « taché », et j'ai un peu de mal avec ça".  **

FBB : Avez-vous l'impression que les personnes qui siègent dans les commissions sont sur une autre planète ?

O. D : "J'ai vraiment senti qu'il y avait un décalage. On a écouté des témoignages de personnes qui racontaient tout et n'importe quoi, et qui déclarent après ne pas être sûrs d'avoir bien entendu. Le problème, c'est que tout ça est dans le rapport. Je suis vraiment déçu de l'ampleur que ça prend et des décisions . C'est normal que des personnes soient sanctionnées, mais on sait d'où ça vient. Pas besoin de rester 6 ans là-dessus".