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Mickaël Le Bihan : « Cela aurait été plus beau de partir du Havre l’année dernière »

Par Olivier Duc et France Bleu Haute-Normandie, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) mardi 15 septembre 2015 à 7:00

Le Bihan aura inscrit 26 buts en 69 matchs de Ligue 2 avec le HAC
Le Bihan aura inscrit 26 buts en 69 matchs de Ligue 2 avec le HAC © Radio France

INTERVIEW| Meilleur buteur de Ligue 2 la saison dernière avec le Havre, Mickaël Le Bihan a été transféré vers Nice pour 1,5 million d'euros. Après sa première apparition sous le maillot des Aiglons, le jeune attaquant revient sur ce transfert qui a tourné au bras de fer.

Vous attendiez ce moment depuis longtemps : faire vos premiers pas en Ligue 1. C’est fait depuis ce samedi soir et votre entrée face à Guingamp (62e). Quel était votre état d’esprit en rentrant sur le terrain ?

Mickaël Le Bihan : J’étais surtout pressé. J’ai été déjà très bien accueilli pendant l’échauffement. En étant sur le banc, c’est plus stressant de regarder le match. Je n’avais qu’une seule envie, c’était d’aller m’échauffer pour rentrer. On m’a envoyé à l’échauffement, on m’a dit d’accélérer pour entrer. J’ai fait deux-trois accélérations rapides pour rentrer le plus tôt possible et pour avoir le plus de temps de jeu (rire). Sur le banc, on voit l’ambiance du stade, on a envie de jouer. On voit les coéquipiers qui font 0-0 dans un match compliqué. On aimerait les aider. Hier (samedi), le coach m’a fait confiance. Je suis content de ma rentrée malgré la défaite.

Le stade de Nice, cela change vraiment de l’ambiance du stade du Havre ?

Oui, après je ne veux pas critiquer le Havre. J’y ai été très bien mais voilà c’est complètement différent. C’est incroyable, cela chante tout le long du match, ça encourage. Après on connaît aussi la chaleur du public dans le sud, c’est très différent. Ils étaient 15.000, donc forcément cela change aussi du Stade Océane.

Parti sur une défaite et sous les sifflets

Pour arriver à Nice, vous avez dû vous montrer patient. Est-ce qu’à un moment vous vous êtes dit que le transfert ne se ferait pas ? Comment avez-vous ressenti ce mercato très compliqué ?

Ça a été très dur parce que je voulais absolument partir. En même temps, je ne voulais pas donner une mauvaise image de moi au club, surtout aux supporters avec qui je m’entendais très bien avant mon départ. Malheureusement les directeurs ne voulaient pas entendre mon discours. Je savais qu’il n’y avait qu’une seule option, c’était un peu de bouder dans mon coin et de ne pas changer de discours. Je leur en veux…oui et non. Je leur en veux un peu parce que cela aurait été bien sûr plus beau de partir l’année dernière, pour le dernier match. Je terminais meilleur buteur sous les applaudissements en recevant le trophée. Au lieu de cela, je suis parti face à Clermont sur une défaite. Je n’ai pas été très bon et je suis sorti sous les sifflets. Ca a un peu gâché ma fin avec le Havre. Je leur en veux un peu sur ça mais après je les remercie parce qu’au final ils m’ont laissé partir. Ils m’ont laissé réaliser mon rêve. Je les remercie pour cela quand même parce qu’ils auraient pu me garder au Havre et on aurait été tous perdant.

Le club dans un premier temps avait besoin de te transférer pour équilibrer son budget mais avec la reprise du Hac, ce n’était plus une question d’argent mais une question de projet de montée. Les données ont changé en quelques semaines ?

"Je remercie quand même les dirigeants. Ils auraient pu me garder au Havre et on aurait été tous perdant"

C’est ça. Au début c’était « tu es intransférable ». Je l’ai entendu maintes et maintes fois mais j’y ai cru jusqu’au bout et ça a fini par payer. Mais c’est vrai qu’on est passé par plusieurs étapes. On est passé par l’étape où je ne voulais plus jouer. Je voulais jouer avec la réserve pour leur faire comprendre que je ne voulais plus jouer avec la Ligue 2. Après j’ai réintégré le groupe contre le Paris FC, en me promettant d’ouvrir une grande possibilité à un départ. J’ai joué le match face au Paris FC. La semaine d’après, c’était le match contre Clermont. On m’a dit « Voilà, il faut attendre que Duhamel arrive et là on pourra te laisser partir ». Duhamel est arrivé et on m’a dit que je redevenais peut-être intransférable donc je l’ai encore mal pris. Je ne voulais pas jouer Clermont et on m’a dit : « ton dernier match, c’est Clermont » et voilà je l’ai joué. Malheureusement je n’ai pas été bon. J’ai vu quelques commentaires disant que j’avais la tête ailleurs et tout… Forcément oui, je n’avais pas la tête à 100% avec le Havre mais j’ai essayé de faire de mon mieux pour ce match parce que j’avais vraiment envie de partir sur une bonne note. J’avais vraiment envie de marquer ce soir-là malheureusement ça n’a pas réussi. Après ça s’est un peu accéléré la semaine d’après entre le Havre et Nice.

La Ligue 1, à Nice, à 25 ans, C’est le rêve ? Vous êtes encore sur votre nuage ?

ML : Oui et Non. Je redescends encore du rêve parce que c’est vrai, c’est beau. Je me dis que je suis chez moi. J’ai réalisé mon rêve d’être en Ligue 1. Hier soir il y avait toute ma famille dans les tribunes. C’était très beau mais voilà ce n’est que le début. Je ne veux pas que ça s’arrête là. Je vais travailler à 100%, au maximum de moi-même pour que ce ne soit que le début.

Vous avez eu beaucoup de messages de vos anciens coéquipiers havrais hier soir (samedi) ?

J’ai eu quelques messages, j’ai surtout eu des snaps où ils m’ont envoyé la vidéo de mon entrée. Je pense qu’ils ont suivi le match, tout comme moi j’ai suivi leur match vendredi-soir à l’hôtel parce que je suis encore à l’hôtel. Je suis parti en très bon terme avec eux parce qu’ils savaient dès le départ mes envies. Ils savaient qu’avec eux je ne trichais pas. Ils savaient pourquoi je faisais ça parce que j’ai expliqué tout ce qui se passait à certains joueurs. Ils savaient de A à Z ce qui se passait contrairement aux supporters. Donc voilà, eux ne m’en veulent pas du tout. Ils me comprennent à 100% et étaient avec moi à 100%.

"Mon grand regret? Ne pas être remonté avec Le Havre"

Quel est ton meilleur souvenir sportif avec le Havre Athletic Club et à l’inverse quel est ton gros regret sportif ?

Mon meilleur souvenir, je pense, remonte à l’année dernière. J’ai fait une grosse saison. On avait une très bonne ambiance dans l’équipe. C’était vraiment un plaisir d’aller aux entraînements. C’était vraiment un bonheur de se lever le matin et d’aller jouer avec les copains. Je pense surtout à la victoire contre l’AC Ajaccio où on termine à dix. On est mené un à zéro et puis on gagne 2-1 alors qu’on est à dix. On a senti vraiment les supporters derrière nous. On sentait vraiment une ambiance de folie ce soir-là. C’est mon plus gros souvenir, surtout que je marque le 2e but et que ma mère était dans les tribunes. Après mon plus grand regret c’est forcément de ne pas être remonté avec le Havre. On avait l’effectif pour, l’année dernière. On a raté les matchs qu’il fallait gagner. C’est mon grand regret, j’espère vraiment qu’ils vont réussir à remonter cette année.