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Football

Migouel Alfarela : "Je suis une erreur du Havre AC et je sais que je vais rebondir"

jeudi 14 février 2019 à 10:01 Par Bertrand Queneutte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

A 21 ans, Migouel Alfarela a passé les trois quarts de sa vie au centre de formation du HAC. Un club qui n'a pas cru en lui, en fin de saison dernière. Après le doute, le rebond. L'attaquant évolue désormais à Annecy, persuadé qu'il fera mentir son club formateur. Entretien accordé à France Bleu.

Migouel Alfarela a joué 15 ans pour le HAC, son club formateur
Migouel Alfarela a joué 15 ans pour le HAC, son club formateur © Maxppp - Emmanuel Lelaidier

Le Havre - France

Non conservé par le HAC à l'issue de la saison dernière, Migouel Alfarela a reçu une véritable douche froide. Après quinze ans passé dans le club normand, l'attaquant n'imaginait pas autre chose qu'un contrat professionnel, à la clef. Seulement, ses dirigeants en ont décidé autrement, et il a fallu rebondir. C'est ce que le jeune homme est en train de faire, et de quelle manière ! Après une période de doute, le natif de Montivilliers s'est remonté les manches et s'est engagé avec une formation ambitieuse : le FC Annecy, en Nationale 2. Un club avec lequel il empile les buts : quatre, sur ses trois premières rencontres.

Migouel Alfarela, avec Bertrand Queneutte

BQ : Peut-on parler de débuts fracassants ?

MA : On peut parler d'un bon, et même d'un très bon début. Je ne m'attendais pas à cela. J'essaie d'enchaîner les matchs et de marquer le plus de buts possibles. J'ai un petit objectif : finir la saison en beauté, avec dix buts au minimum. 

BQ : Comment expliquez-vous ces débuts ? La soif de revanche et l’envie de convaincre ? 

MA : C'est pour donner tort à tous ceux qui n'ont pas cru en moi. J'ai l'esprit revanchard. Je n'ai peut-être pas signé mon premier contrat pro avec mon club formateur, mais ce n'est pas parce que je ne le méritais pas. C'est parce que les gens n'avaient pas les bons yeux au bon moment. Je veux prouver à tout le monde que je peux y arriver, et je m'en donne les moyens. 

BQ : Vous avez quitté le HAC l’été dernier, sans contrat professionnel. Quelle explication vous a-t-on donné ? 

MA : Au début de la dernière saison, on m'a dit que je n'étais pas assez décisif. J'avais inscrit quatre buts. Après ça, j'en ai mis huit en cinq matchs. On a alors discuté. Ils m'ont proposé un contrat amateur, que j'ai refusé. Cela ne m'intéressait pas de faire une saison blanche, parce qu'il faut savoir que quand les pros redescendent avec la réserve, ils sont obligés de jouer. Je n'ai pas voulu de ça. J'ai ensuite discuté avec Abasse Ba et Denis Lavagne (ancien directeur du centre de formation), pour un éventuel contrat pro de un an. Je n'ai jamais eu de retour. Je ne peux pas vous dire pourquoi. 

BQ : Tous les clubs font des erreurs : on voit parfois des joueurs qui n’ont pas signé pro chez eux et qui explosent ensuite. Avez-vous le sentiment que le HAC a fait une erreur, avec vous ? 

MA : Oui, je pense que je suis une erreur du HAC. J'ai fait quinze années là bas, ce n'est pas rien. Qu'ils m'aient gardé autant de temps pour me laisser après, alors que j'ai mis douze buts en réserve, je n'ai pas compris. Pour moi, ils ont fait un mauvais choix. Mais ce n'est pas grave. Je suis revanchard et je vais rebondir ailleurs. Je le sais très bien. 

BQ : On se dit quoi quand la porte se referme après tant d'années ? 

MA : Il y a de la tristesse. J'étais déçu, très déçu. Juste après, je suis parti à Sion, en Suisse. Je devais signer un contrat avec ce club. Mais ils sont entrés en contact avec le HAC, et Le Havre demandait des indemnités de formation et un pourcentage à la revente. Du coup, ça ne s'est pas fait, les suisses ont refusé. Je me suis retrouvé sans rien pendant six mois, sans chômage et sans revenu. J'avais un choix à faire et je suis donc allé travailler dans le bâtiment pendant trois mois. Le directeur général du FC Annecy m'a alors appelé, après avoir eu François Rodriguez au téléphone. J'ai dit oui, et pour le moment, tout marche comme sur des roulettes. 

BQ : Entre temps, un court passage à Gonfreville. Pourquoi ? 

MA : C'était pour garder la forme. Moi, je n'y croyais plus. Pour ne rien vous cacher, le foot, c'était fini pour moi. J'allais arrêter et je me disais que j'allais travailler dans le bâtiment toute ma vie. Le HAC m'avait bloqué en Suisse, on m'avait proposé Dunkerque en National, mais j'avais refusé parce que, financièrement, cela ne correspondait pas à ce que j'attendais. J'ai patienté six mois, je me suis entraîné avec un préparateur physique (Marc Mendy), j'ai signé à Gonfreville. Et finalement, il y a eu la bonne étoile : le FC Annecy. 

Avec Annecy, Migouel Alfarela a marqué quatre buts sur ses trois premiers matchs - Aucun(e)
Avec Annecy, Migouel Alfarela a marqué quatre buts sur ses trois premiers matchs - FC Annecy

BQ : Pourquoi Annecy, du coup ? Parce que les conditions y sont bien plus élevées que la moyenne des clubs en Nationale 2 ? 

MA : Le FC ressemble à un club pro., avec de très bonnes conditions. On s'entraîne tous les jours, pas comme dans un club amateur. On fait beaucoup de physique. Je ne m'y attendais pas. En venant ici, je me disais que c'était un petit club amateur. Et en réalité, pas du tout. Ici, il y a vraiment de très bons joueurs. 

BQ : Vous connaissez sans doute le parcours de votre coach : Helder Esteves. Lui aussi a été formé au Havre, en partie, puis à Troyes, sur la fin. Lui non plus n’a pas signé pro avec son club formateur et ça ne l’a pas empêché de faire carrière. L’expérience qu’il pourrait vous apporter, dans une situation similaire, vous a-t-elle convaincu ? 

MA : Quand je suis arrivé, il m'a demandé de lui raconter mon histoire. Il m'a raconté la sienne. C'est vrai que c'est aussi pour ça que j'ai signé au FC Annecy. Je sais qu'il a fait une très belle carrière. Il a  le record de buts en CFA : 42 buts. Franchement, c'est un bon coach. Il m'aide sur mes points forts et mes points faibles, d'autant qu'il était attaquant. Je sens que je suis vraiment en train de progresser. 

BQ : Helder Esteves a été formé à Troyes, il n’y a pas signé pro, mais il est revenu quelques années plus tard : c’est quelque chose que vous imaginez, ça : revenir au Havre un jour ? Ou êtes vous trop en colère vis à vis du HAC ? 

MA : De la colère, non, parce que je suis mature et que je fais la part des choses. Un éventuel retour au Havre, je ne sais pas. J'ai ma famille sur place. Mais pour l'instant, ce n'est pas du tout dans un coin de ma tête. Je me concentre sur le FC Annecy et sur la montée en Nationale. 

BQ : C'est bien parti, non ? 

MA : Ah oui ! Le club est leader, c'est l'une des meilleures équipes du championnat. Plus qu'une équipe, c'est une famille. Tout le monde s'entend bien. La montée, c'est cette année. 

BQ : Vous allez apprendre de Helder Esteves, mais aussi de Nassim Akrour ? 

MA : Je le prends comme un grand frère, un exemple. Je suis hyper content de jouer avec quelqu'un comme lui. Il a fait une très bonne carrière et il est toujours aussi fort et décisif à 44 ans !