Football DOSSIER : Qualifications pour le Mondial 2018 de football

Qualifications Mondial 2018 : Bulgarie-France, les fantômes de l'élimination des Bleus en 1993 refont surface

Par Tanguy Bocconi et Germain Arrigoni, France Bleu vendredi 6 octobre 2017 à 3:00

Le 17 novembre 1993 au Parc des Princes, la Bulgarie l'avait emporté et privé la France du Mondial 1994
Le 17 novembre 1993 au Parc des Princes, la Bulgarie l'avait emporté et privé la France du Mondial 1994 © AFP -

Tenue en échec par le Luxembourg, l'équipe de France de football n'a plus qu'un point d'avance sur la Suède et devra jouer un match capital en Bulgarie ce samedi pour espérer une qualification au Mondial 2018 en Russie. Une situation qui rappelle étrangement le parcours des Bleus, éliminés, en 1993.

"L'Histoire ne se répète pas, mais elle bégaie"... une maxime qui pourrait bien s'appliquer à l'équipe de France tant le contexte actuel des Bleus évoque celui de la sélection 1993 à deux matchs de la fin du parcours de qualifications pour le Mondial 2018. Pour s'en convaincre, il suffit de se replonger 24 ans en arrière.

"Ce reste une page bien triste et bien noire. Il y en a eu d'autres, plus joyeuses derrière", a témoigné Deschamps lundi, en pointant aussi "un autre contexte". Lui qui était en larmes sur la pelouse du Parc des Princes ce soir-là où les Bleus ont été privés de disputer la "World Cup" 1994 aux Etats-Unis. Car 11 ans après le traumatisme de Séville et la demi-finale perdue aux tirs au but face à la RFA au Mondial 1982, 17 ans avant le fiasco de Knysna et la grève d'entraînement au Mondial sud-africain, ce 17 novembre 1993 a marqué à jamais, et au fer rouge vif, la mémoire du foot français.

Les mêmes adversaires

En 1993, l'équipe de France du sélectionneur Gérard Houllier comptait déjà dans son groupe de qualification à six équipes la Bulgarie et la Suède, tout comme aujourd'hui. Mais la comparaison ne s'arrête pas là : au même stade de la compétition, les Bleus de 1993 était eux aussi en tête de leur groupe, avec un seul point d'avance sur leur dauphins suédois. Le parcours de l'équipe de Papin et Cantona était pourtant meilleur que celui des Bleus actuels : en 1993 la France avait remporté 6 matchs, concédé un nul et une défaite, contre 5 victoires, deux nuls et une défaite pour Griezmann, Giroud et consorts. Une victoire de moins qui fait forcément penser très fort au dernier match nul concédé face au Luxembourg début septembre (0-0).

Un contexte similaire ?

En 1993, la France n'avait besoin que d'une victoire contre Israël, équipe la plus faible de son groupe, ou d'un match nul contre la Bulgarie pour se qualifier au cours des deux dernières journées, mais la règle de la victoire à 2 points était alors encore en vigueur. Avec une victoire de moins, la sélection 2017 compte donc plus de points d'avance sur les Pays-Bas et la Bulgarie, respectivement 3e et 4e du groupe à 4 et 5 points des français, mais qui peuvent encore espérer revenir dans la course, sans oublier évidemment la Suède, en embuscade à un point derrière la France. Rappelons que les premiers de chaque groupe seront qualifiés pour la Coupe du monde 2018, les huit meilleurs deuxièmes de l'ensemble des poules devant passer aux matches de barrage des qualifications, tandis que les autres équipes seront éliminées.

Comme il y a 24 ans rien n'est encore joué avant les deux derniers matchs. En 1993, les Bleus s'étaient fait battre 3 buts à 2 face à Israël dans le dernier quart d'heure de l'avant dernier-match de qualification, avant le fatidique France Bulgarie du 17 novembre 1993le doublé cinglant d'Emil Kostadinov enterrait le rêve de mondial américain et tournait la page de toute une génération de joueurs.

Sur un centre trop long de David Ginola alors que le score est de 1-1 dans les ultimes secondes de jeu, la contre-attaque bulgare est fulgurante et achevée par une frappe puissante de Kostadinov qui percute la barre et vient mourir dans les filets de Bernard Lama (1-2).

La suite vire au psychodrame : le sélectionneur Gérard Houllier accuse Ginola d'avoir commis "un crime contre la cohésion et l'esprit d'équipe".

Autre coïncidence qui ne manquera pas de faire des parallèles: la Bulgarie compte dans son équipe actuelle un autre Kostadinov, Georgi Kostadinov. Homonyme, il n'a aucun lien de parenté avec Emil mais reste un atout de cette équipe bulgare.

Gageons que le sélectionneur Didier Deschamps, qui a vécu ce traumatisme sur la pelouse en 1993, ne manquera pas de mettre en garde ses protégés contre tout excès de confiance avant d'affronter sur leur terrain le 7 octobre prochain des Bulgares qui ont jusqu'ici remporté tous leurs matchs à domicile.

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