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Football

OM - Gari Greu sans rancune après le chant des supporters du PSG contre les Marseillais

lundi 25 mars 2019 à 19:51 Par Tony Selliez, France Bleu Provence et France Bleu Vaucluse

Chanteur emblématique du Massilia Sound System, Gari Greu est aussi un passionné de l'OM devant l'éternel. Et il espère garder des tribunes populaires dans les stades de football.

Gari Greu, l'un des MC du Massilia Soud System lors d'un Aïolive de France Bleu Provence
Gari Greu, l'un des MC du Massilia Soud System lors d'un Aïolive de France Bleu Provence © Radio France - Sophie Vernet

Marseille, France

Quelle place pour les supporters dans les stades de football ? La question est débattue ce mardi à Paris, au ministère des Sports. L'INS, l'instance nationale du supportérisme, y tient sa plénière.  Il y sera question de dossiers brûlants pour les supporters, de leur avenir, avec en toile de fond, cette question : quel public veut-on en France dans les stades de foot ?

Sur France Info, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a déclaré ce week-end : "J'étais à PSG-OM. C'était juste inadmissible d'entendre les chants que j'ai entendus. Les supporters du PSG criaient contre Marseille au lieu d'encourager leur équipe. J'ai entendu des choses horribles sur Marseille. (...) Apparemment, c'est historique, mais je n'emmènerais pas mes enfants dans un match comme ça pour qu'ils me demandent 'mais maman, que sont-ils en train de chanter ?'". La ministre des Sports veut des sanctions, et incite la LFP, la Ligue de football professionnel, à s'emparer du sujet.

Gari Greu, chanteur emblématique de Massilia Sound System et de Oai Star, est un fidèle du stade Vélodrome. Et il défend sa culture populaire. Avec ses bons et ses mauvais côtés. Les excès dans les chants ? ils font partie du jeu, selon lui :

"On est là pour déstabiliser l'adversaire, c'est inhérent à tout ça. Maintenant après (le match), il faut que ça s'arrête. Mon père, qui a connu les tribunes dans les années 1950-60, me disait que c'était autrement virulent."

"La ministre n'a pas la culture de la tribune, la culture de l'esprit, même de l'humour généré par les tribunes, explique-t-il. Ça me fait penser aussi aux gens qui n'ont pas la culture du rap, et qui écoutent des images et des postures de rappeurs et qui sont heurtés par ça.  C'est évident que la culture supporters, c'est un monde à part. Le foot, ce n'est pas que le foot business, ce n'est pas qu'une histoire de milliardaires. C'est aussi toute cette frange de gens qui ont la passion. Ils vont au stade parce qu'ils ont la foi. Ils ont un rapport viscéral au truc. Et ça a généré ce mouvement ultra qui a ses codes, qui a ses manières de chambrer. Moi par exemple, en tant que chanteur, fan de foot, qui vient de Marseille, qui aime l'OM et qui va chanter dans toute la France, j'ai souvent ce discours avec les ultras : le chambrage est super deux fois 90 minutes dans l'année, même quand c'est un peu extrême."

Où est la limite ?

"La limite, c'est la décence, la raison. C'est toujours pareil, chacun met les limites où il veut. Après, tu as des choses inqualifiables, les attaques homophobes, raciales. On est là aussi nous, moi en tout cas en tant qu'artiste fan de foot et assez proche des mouvements de supporters marseillais, pour amener cette hauteur. C'est un monde assez spécifique."

Puisqu'on parle des chants et des limites : le chant entonné au Parc des Princes et qui compare les marseillais à des rats, est-ce que la limite est franchie ?

"Pendant 90 minutes, pendant le match, c'est de bonne guerre. Pas de souci. Ils font ça pour nous déstabiliser. Par contre, j'entends un parisien qui me chante ça gare de Lyon ou en dehors du match, il va y avoir problème et bras de fer. C'est un peu la même histoire que quand Thierry Laurey parle du tacle sur Neymar. Tout le monde est outré. Mais quand tu joues au ballon, et que tu as un mec qui te fait 10 roulettes, bah à un moment le mec il est par terre ! Il n'y a que les mecs qui ne jouent pas au foot qui ne peuvent pas comprendre ça. Je pense à ça, parce qu'on est un peu sur le même mode de raisonnement. Le monde du football, ce n'est pas que les joueurs et les sponsors. S'il n'y a pas les supporters dans les tribunes, il n'y a presque plus intérêt. Même Milan AC / Real Madrid, regarde ça à huis-clos, ça ne m'intéresse pas. La variable, l'apport esthétique, artistique des supporters est énorme. S'ils veulent des stades avec des tribunes vides ou des gens assis qui bouffent des cheeseburgers, on deviendra une Ligue américaine et il n'y aura plus de problème."

Le 'Paris, Paris on t'enc..." du Vélodrome est-il-homophobe ?

"Pas du tout ! Mais c'est toujours pareil : à Marseille, ça fait partie du vocabulaire. Bien sûr, ce n'est pas politiquement correct en 2019. Pendant 90 minutes, je dis que c'est de bonne guerre quand on est supporter. On peut parler d'humour de classe, c'est malheureux mais on en est là. Ce n'est pas un discours politiquement correct, mais c'est celui d'un mec qui est dans les tribunes depuis toujours."

Gari, en provençal, ça veut bien dire rat, n'est-ce pas ?

"Le gari, c'est le rat oui. Gari Greu, c'est le rat gris, c'est le loir. Les collègues de Massilia m'ont appelé comme ça parce que j'étais toujours un peu dans la lune. Donc c'est le rat, mais par extension c'est devenu un terme affectif."

Et ça, ça aide à prendre de la hauteur par rapport à ce chant des supporters du PSG par exemple ?

"Mais on la prend immédiatement, nous, la hauteur. C'est de bonne guerre. C'est de la pignolerie, c'est du carnaval de tribune, on exagère le trait. Après, quand ça va à des extrémités comme le Valbuena (septembre 2015) pendu ça ce sont des conneries. Et justement, quand on essaie d'amener un peu de conscience dans les tribunes, c'est aussi pour mettre les limites où il faut qu'elles soient. Mais après, c'est toujours pareil, on est dans des instincts un peu basiques de déstabilisation de l'autre. Ces attitudes des supporters ont fait gagner des matchs à l'OM. Tu vas en Turquie, en Italie... On est allé à Madrid, ils nous pissaient dessus les supporters, ils étaient au-dessus de nous, ils nous faisaient pipi dessus, au Real Madrid ! Moi, tant que c'est deux fois 90 minutes, ça me va, en mettant des limites évidemment. Il faut responsabiliser les gars. Après, on est dans une époque aussi où c'est de bon aloi de s'élever contre ce genre de trucs. Elle a mieux à faire la ministre, franchement. Vu l'état du pays, des minots, des obèses, plus personne ne fait du sport. Les chants de supporters, bon..."