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OM - Pablo Longoria, nouveau président du club : "j'ai un feeling spécial avec Marseille"

Dans une interview exclusive pour France Bleu Provence, Pablo Longoria, 34 ans, qui vient de succéder à Jacques-Henri Eyraud à la tête du club marseillais, raconte sa passion pour le football, la responsabilité qui pèse désormais sur ses jeunes épaules et sa méthode pour relancer l'OM

Pablo Longoria, nouveau président de l'Olympique de Marseille
Pablo Longoria, nouveau président de l'Olympique de Marseille © Maxppp - Georges Robert

"Pablo Longoria, qui êtes-vous ? D'où vous vient cette passion pour le football ?

Ça ressemble à ma première journée d'école (rires). Je suis d'Oviedo dans le nord des Asturies. Depuis que je suis petit garçon, je suis un passionné de football, j'essaye de ne rien rater de tous les matchs. Ma famille m'avait offert des antennes paraboliques et j'achetais toujours tous les magasins sportifs notamment L'Équipe, France Football toutes les semaines.

Je cherchais à connaître tous les joueurs, toutes les équipes, à analyser. J'avais aussi un site web, au début d'internet, avant tous les blogs de football où j'ai cherché à faire passer toute la passion que j'avais, à analyser des joueurs... c'était vraiment quelque chose de passionnel.

Vous avez débuté comme recruteur avant de gravir les échelons. Est-ce que vous rêviez d'être président d'un club ?

J'ai commencé comme recruteur. J'ai su évoluer au Sporting, puis à la Juventus. Pour moi, c'était comme une sorte d'Université du football : j'y ai tout appris au niveau de l'organisation. Merci à tous les dirigeants qui m'ont aidé à mieux comprendre la façon dont s'organise le football !

Et après, j'ai mis en pratique à Valence, pendant deux saisons, tout ce que j'avais appris à la Juventus comme dirigeant. À Valence, j'ai fait aussi directeur sportif, avec beaucoup de responsabilités à côté d'une des personnes les plus intelligentes dans le football : Mateo Alemany, président et propriétaire aussi de Majorque. Pour moi, à Valence, tous les jours à ses côtés, c'était comme une masterclass

"Merci à tous les dirigeants qui m'ont aidé à mieux comprendre la façon dont s'organise le football."

Après, je suis venu ici à l'OM comme directeur général, avec plus de choses à gérer. Je suis content. Je suis sûr de moi-même après cette évolution naturelle dans le milieu du football. Oui, c'est une grande responsabilité d'être ici à Marseille, mais je n'ai jamais eu peur et je crois que dans tous mes nouveaux postes, j'ai cherché à apprendre le plus vite possible.

Il va falloir vous affirmer en tant que président, quel va être votre style à la tête de l'OM?  

Parler d'un style personnel, c'est toujours difficile parce qu'il faut comprendre les personnes d'abord. Cela va être un style basé sur les choses que je sais faire, sur mon expertise du football.

Il y a quelques critiques autour de votre âge (34 ans). Est-ce que vous les comprenez ou au contraire, vous vous dites, "je m'en moque parce que je suis sûr de moi" ?

Je suis dans le football depuis que j'ai 18 ans et je vois beaucoup de dirigeants dans le monde du football, plus âgés que moi, mais avec la même expérience. Je suis sûr de mes capacités et surtout j'ai toujours cherché à me former autant que possible pour pouvoir avoir toujours plus d'ambition pour le football. 

Marseille, il faut aussi connaître ce club et connaître cette ville. Est-ce que vous avez déjà eu le temps de vous y plonger, de rencontrer les gens ?

J'ai toujours cherché à connaître les villes où j'ai vécu. J'ai bien connu Turin. Je suis tombé amoureux de la ville. J'ai bien connu Valence où j'ai acheté une maison parce que j'étais vraiment amoureux de la ville ; depuis que je suis arrivé à Marseille, c'est fascinant, spécial, une ville magnifique.

J'ai décidé d'habiter en ville pour pouvoir ressentir toutes les choses et toute la magie de la ville. En Espagne, on dit toujours que l'OM, c'est un club spécial : il faut comprendre l'histoire du club, il faut comprendre l'identité du club ; il faut comprendre aussi la ville et ses supporteurs. 

"C'est un club spécial : il faut comprendre l'histoire du club, il faut comprendre l'identité du club ; il faut comprendre aussi la ville et ses supporteurs."

On doit toujours retenir qu'un dirigeant de football doit faire du football pour ses supporteurs. C'est la chose la plus importante que j'ai apprise ces douze derniers mois. Pour comprendre les supporteurs, tu dois comprendre la philosophie de la ville. Pour moi, c'est un avantage d'avoir travaillé à Valence parce que si tu parles avec quelqu'un en Espagne, il te dira que c'est le club le plus difficile. J'y ai vraiment vécu ma meilleure expérience dans le football.

Aujourd'hui, j'ai un feeling spécial avec Marseille, avec la ville, avec tous les gens à côté du club, avec ses supporteurs, c'est quelque chose de magique. Je ne peux pas dire que je comprends bien la ville parce que ce ne serait pas correct, je ne suis ici que depuis six mois. Mais je suis en train de prendre toutes les informations, de chercher à comprendre la culture, de parler avec beaucoup de personnes qui connaissent bien l'entourage du club. Ça, c'est la chose la plus importante. 

On a vraiment l'impression qu'en vous nommant vous à la tête du club, les pensées de Frank McCourt sont claires : vous savez très bien découvrir les pépites et pratiquer le trading (acheter de jeunes joueurs). Est-ce qu'on se trompe ou est-ce que c'est ça, et vous le dites clairement aux supporteurs ?

Faire du football à l'OM avec des garçons de 20 ans, c'est impossible. Il faut toujours travailler dans l'équilibre. Il faut trouver des joueurs avec de l'expérience, avec la personnalité pour jouer avec l'exigence, la pression qui va avec le fait de porter le maillot de l'OM. Il faut avoir des joueurs performants, mais aussi des valeurs en phase avec le patrimoine du club. Le foot moderne, dans tous les clubs en Europe, c'est une passion, mais c'est aussi un business économique où tu dois trouver le meilleur moyen pour faire la meilleure équipe possible.

Est-ce que ça veut dire aussi que pour l'instant, il n'y a pas de nouvel investissement financier de la part du propriétaire dans le club ? City, PSG... ont tous énormément injecté d'argent avec des fonds très puissants. Est-ce que Monsieur McCourt va aussi investir à nouveau ?

Ça, c'est une bonne question. C'est une personne ambitieuse. Je crois que nous devons le convaincre du projet. Les trois derniers jours qu'il a passé ici, il est tombé amoureux de la ville, du club. Il a vu que c'était un club avec beaucoup de potentiel, de passion, de possibilités pour faire quelque chose de solide pour le futur. C'est normal de poser la question de plus d'investissements ou pas d'investissements.

Je crois qu'on doit sortir de cette perspective de vouloir toujours mettre de l'argent. On doit trouver à l'intérieur d'un club tous les moyens pour le faire grandir, pour faire changer les choses. Je vous donne un exemple pratique : à Valence, on a augmenté le budget de 87 millions à pratiquement 200 millions d'euros. Cela veut dire que la performance sportive est supportée par un projet. 

Les supporteurs se posent la question : ils se disent Frank McCourt, il n'a plus de sous aujourd'hui et quelque part, il ne pourra plus développer le club. Vous répondez oui Pablo Longoria, il a encore les reins solides ?

Je ne suis pas monsieur McCourt pour dire s'il va investir ou non. Mon obligation comme président du club, c'est toujours de lui montrer le meilleur projet possible avec des équilibres financiers parce que je crois qu'un club de football doit générer de l'argent. Les possibilités que j'ai vues à l'OM depuis que je suis arrivé ici sont incroyablement grandes. 

Sur les supporteurs, c'est un dialogue qui a été amplifié, on l'a bien compris avec la venue de Monsieur McCourt ces derniers jours. Vous souhaitez mettre un nouveau mode de fonctionnement avec les supporteurs ?

Je crois que le fonctionnement avec les supporteurs doit être basé sur le respect mutuel. On doit montrer beaucoup de respect pour tes supporteurs. Tu dois écouter les supporteurs. De la même façon, ils ont montré un très grand respect dans nos rendez-vous avec les différents groupes de supporteurs et avec Monsieur McCourt.

C'était vraiment incroyable. Vraiment incroyable aussi l'humanité de Frank McCourt face à ces supporteurs, on a ouvert la porte pour bien stabiliser nos relations. L'OM doit travailler avec les supporteurs et on doit avoir la symbiose parfaite entre eux et le club.

Vous étiez présent le 30 janvier quand il y a eu cette attaque de la Commanderie. Vous étiez au cœur de tout ça. C'est pardonné ? Vous repartez sur le bon pied ?

Ce qu'on a vécu ici le 30 janvier, c'est impardonnable et on doit éviter de se trouver dans la même situation. Cette image, ce n'est pas l'image des supporteurs de l'OM. Ce n'est pas l'image de l'OM et surtout, je crois que ce ne sont pas des vrais supporteurs de l'OM."

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