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Football

Oumar Sissoko, gardien de but : "Deux années très difficiles au Havre AC"

A 31 ans, Oumar Sissoko va quitter le HAC cet été, après deux saisons très difficiles. Arrivé d'Orléans en juillet 2017, le portier malien n'est jamais rentré dans les plans de son entraîneur et n'est jamais apparu avec le maillot du HAC, en Ligue 2.

Oumar Sissoko n'a pas eu la chance de disputer le moindre match avec l'équipe première du HAC
Oumar Sissoko n'a pas eu la chance de disputer le moindre match avec l'équipe première du HAC © Maxppp - Emmanuel Lelaidier

Le Havre - France

Ancien gardien du FC Metz, de l'AC Ajaccio et de l'US Orléans, c'est avec ambition que Oumar Sissoko a débarqué au Havre, durant le mercato estival, en 2017. A l'époque, l'international malien pense pouvoir concurrencer Yohann Thuram pour le poste de titulaire en équipe première. Seulement, deux ans plus tard et au crépuscule de son aventure normande, c'est avec beaucoup de regrets que le gardien de but s'apprête à quitter le club. En effet, alors que les deux gardiens étaient blessés en janvier 2018, le HAC avait fait le choix de recruter un nouveau gardien (Arnaud Balijon), plutôt que de donner sa chance à Yahia Fofana. Résultat : trois gardiens pro, à ce moment là. Oumar Sissoko a ainsi été propulsé en troisième position, puis en quatrième, après la signature de Fofana. 

A l'arrivée, Oumar Sissoko affirme que son entraîneur ne lui a jamais donné sa chance et qu'il l'a très vite mis de côté. Il lui en veut, mais il espère rebondir, en Ligue 2 ou en même en National. 

Entretien : Oumar Sissoko, au micro de Bertrand Queneutte 

BQ : Comment qualifier ces deux dernières années, Oumar ? 

OS : J'ai beaucoup de regrets. J'ai été très déçu. Je m'étais fixé des objectifs en venant au Havre, je n'ai pas pu les mettre en pratique. Je viens de passer deux années très difficiles, pour ma carrière. J'ai su avaler la chose et je me consacre désormais à la saison prochaine. 

"Beaucoup de regrets, très déçu"

BQ : Que s'est-il passé ? 

OS : Pour ma part, je pense avoir eu le comportement qu'il fallait. J'ai toujours été pro, dans mon travail et dans l'attitude. Après, j'étais venu avec un certain but, mais quelques mois après mon arrivée et une discussion avec le coach, le discours n'était plus du tout de même. C'est ce qui fait que ma situation s'est dégradée au sein du club. J'ai fait comprendre au coach que si j'étais venu, c'était pour être compétiteur, pour jouer, et pour donner une ligne supplémentaire à mon CV. Lui, il m'a fait comprendre que quoi qu'il arrivait je venais en tant que numéro deux, et que ça ne bougerait pas. Qu'il ne voulait pas de concurrence et qu'il ne voulait pas mettre son gardien sous pression. Je lui ai répondu que ce n'était pas du tout le discours que j'avais eu en venant, et que ce n'était pas mon objectif d'être cantonné à un poste de doublure. Parce que j'estime que j'ai encore la possibilité de jouer en Ligue 2. La saison avant de venir, j'étais à Orléans, j'ai fait toute la saison et j'ai participé à la Coupe d'Afrique des Nations. J'estimais donc que ma place était d'avantage sur le terrain que sur un banc. 

"Le discours n'était plus le même. Le coach m'a dit que quoi qu'il arrive, je serais numéro deux. Que ça ne bougerait pas." 

Oumar Sissoko a partagé le poste de gardien de but à Ajaccio avec Memo Ochoa - Maxppp
Oumar Sissoko a partagé le poste de gardien de but à Ajaccio avec Memo Ochoa © Maxppp - Michel Luccioni

"Cette année m'a poussé à me remettre en question"

BQ : On voit pourtant qu'il y a de la concurrence, puisque Arnaud Balijon a parfois remplacé Yohann Thuram. 

OS : C'est sur. Quand on regarder cette saison, on voit qu'il y a eu un turn-over au niveau des gardiens. Et si on regarde la saison dernière, après ma blessure et celle de Yohann, il y a eu l'arrivée de Arnaud Balijon, qui a effectué une bonne partie de la saison. Et peu de temps après la reprise de Yohann, Arnaud a été amené à être de nouveau sur le banc. 

"Je n'ai pas eu ma chance. Dans la tête du coach, tout était scellé, sans que j'ai l'opportunité de m'exprimer". 

BQ : Votre blessure a-t-elle changé quelque chose dans la tête de l'entraîneur ? 

OS : Je ne crois pas. C'est plutôt mon tempérament, la personne que je suis. J'ai été très clair avec le coach quand on a discuté. Je lui ai fait comprendre que si j'étais amené à être sur le banc et à participer à très peu de match, et que j'avais la possibilité d'aller en national et être numéro un, j'opterais pour ça. J'ai fait pas mal de sacrifices pour devenir footballeur, et ce n'est pas pour être sur le banc. Honnêtement, si j'ai un gardien largement plus fort et au top comme avec Memo Ochoa (ex AC AJaccio), il n'y a pas de soucis. A ce niveau là, tu te tais, tu bosses, tu travailles pour progresser. La saison dernière, c'est vrai que Yohann a été très bon, donc je ne pouvais pas réclamer grand chose. Mais je pense que à aucun moment je n'ai eu ma chance et que le coach, dans sa tête, dès les premiers jours, tout été scellé. Sans que j'ai l'opportunité de m'exprimer. 

"Le coach m'a finalement dit qu'il ne voulait pas de concurrence, qu'il ne voulait pas mettre son gardien sous pression"

BQ : Un bilan a-t-il été fait ? Avez-vous rencontré les dirigeants ? 

OS : Non, pas vraiment. En fin de saison dernière, j'ai eu une petite réunion avec le coach, l'entraîneur des gardiens et Christophe Revault. Ils m'ont fait comprendre qu'ils étaient ouverts à un éventuel départ. Cela ne s'est pas fait parce qu'on n'a pas trouvé d'entente sur ma dernière année de contrat. En début de saison, j'ai donc repris avec le groupe N2. C'est une première pour moi depuis des années, et ça m'a poussé à me remettre en question. Je me suis entraîné toute la saison avec ce groupe, heureusement d'ailleurs que je me suis bien intégré. J'ai joué mon rôle de footballeur pro vis à vis de la réserve. La saison s'est bien passée sur le plan mental, même si cela a été dur par moment. Mais avec le groupe pro, il n'y a eu aucun échange. 

Oumar Sissoko (à droite) avec Jean-Philippe Mateta (à gauche) la saison dernière à l'entraînement - Maxppp
Oumar Sissoko (à droite) avec Jean-Philippe Mateta (à gauche) la saison dernière à l'entraînement © Maxppp - Emmanuel Lelaidier

"J'ai la chance d'avoir un CV qui parle pour moi"

BQ : Avez-vous des contacts ailleurs, aujourd'hui ? Même si on imagine que ce n'est pas simple après une année blanche en terme de compétition. 

OS : J'ai la chance d'avoir un CV qui parle pour moi, et qui montre que ce que j'ai fait avant d'arriver ici n'est pas minime. J'ai quelques agents ou de clubs, en Ligue 2 et en National. Mais je ne me voile pas la face et je suis réaliste. Avec les deux saisons ici au Havre, je ne m'attends pas, dans un premier temps, à avoir un club de Ligue 2 en tant que numéro un. Mais des clubs de Ligue 2 sont tout de même intéressés, sur un poste de doublure mais peut-être avec une réelle concurrence. Des clubs de National sont fortement intéressés. Des clubs de N2, aussi, qui sont en course pour la montée. J'ai aussi quelques touches à l'étranger. Cependant, on connaît le football, tant qu'il n'y a rien de concret à 100%, je ne peux pas vraiment me projeter. Je travaille à côté pour être performant et apte si un club m'appelle, et je me prépare sérieusement. 

"J'en veux au coach, j'aurais préféré que son discours soit clair avant que je signe"

BQ : En voulez-vous au coach ou au club, au moment de partir ? 

OS : Le club, non. Je ne peux pas lui en vouloir. En revanche, j'en veux à certaines personnes, car cette situation a mis un frein à ma carrière, m'a fermé des portes par rapport à la sélection et m'a bloqué sur certaines choses du domaine de l'extra sportif. J'en veux au coach, car j'aurais préféré que son discours soit clair avant ma signature. Si j'avais eu ce discours avant de m'engager, je ne me serais pas engagé avec Le Havre. Ce n'est pas du tout ce que j'envisageais. Et aujourd'hui, quand je vois, sans prétention et sans vouloir dénigrer les gardiens qui jouent, j'estime que j'ai largement ma place dans l'une des vingt équipes. 

Entretien à écouter ici : 

Oumar Sissoko interrogé par Bertrand Queneutte