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[Partie 2/2] Ligue des Champions. Mikaël Silvestre : "A mon époque, Zizou était injouable !"

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Par , France Bleu Armorique

Mardi prochain, le Stade Rennais va disputer le premier match de Ligue des Champions de son histoire face à Krasnodar. Cette semaine, nous revenons sur cette compétition spéciale avec d'anciens rennais l'ayant disputée voir gagnée. Voici la deuxième partie de notre entretien avec Mikaël Silvestre.

Mikael Silvestre et Zinédine Zidane, coéquipiers sous le maillot des Bleus, et adversaires en Ligue des Champions.
Mikael Silvestre et Zinédine Zidane, coéquipiers sous le maillot des Bleus, et adversaires en Ligue des Champions. © Maxppp - Laurent Gillieron/EPA

En 1998, il quittait Rennes sans signer professionnel pour rejoindre l'Inter Milan. Puis Mikaël Silvestre a conquis l'Europe, avec le grand Manchester de Sir Alex Ferguson, et avec l'étiquette de joueur formé au Stade Rennais. Jusqu'au Graal, en 2008, lorsqu'il soulève la première Ligue des Champions du club mancunien depuis 1999 à Moscou, à l'issue d'une mémorable séance de penaltys face au Chelsea de Petr Cech. Après sa retraite sportive, Mikaël Silvestre reviendra en Bretagne, comme chargé de mission auprès de René Ruello entre 2015 et 2016, le temps d'aider à l'éclosion d'un certain Ousmane Dembélé. Il occupe désormais une poste de direction au sein de la société d'agents Sports Invest UK. Entretien.

France Bleu Armorique : Mikaël quel est votre souvenir le plus mémorable en Ligue des Champions ?

Mikaël Silvestre : Je l'ai remportée lors de ma 10e participation avec Manchester United donc c'est évidemment ce qui m'a le plus marqué. Au bout de dix ans, après plus de 80 matchs de Ligue des Champions dans ma carrière, ça devenait vraiment important de remporter ce trophée avec mon club de Manchester. Et battre Chelsea en finale c'était exceptionnel, la récompense de dix années d'efforts et de déceptions. 

FBA : Parce qu'il faut le rappeler Mikaël vous arrivez dans le grand Manchester qui vient de réaliser le triplé et de gagner la Ligue des Champions en 1999 avec cette finale complètement folle face au Bayern Munich...

Mikaël Silvestre : C'est ça, j'arrive de l'Inter Milan, on venait de perdre en 1/4 de finale de Ligue des Champions contre Manchester, j'étais opposé à David Beckham. J'étais blessé à l'aller à Old Trafford, et au retour on aurait pu passer, mais ça ne nous a pas souri. Après ils ont battu la Juventus puis le Bayern avec cette finale exceptionnelle et les deux buts dans les arrêts de jeu*... Cette équipe marchait sur l'Europe et l'Angleterre en gagnant également la Cup et la Premier League, ils ont eu besoin de se renforcer et ils ont pensé à moi (rires) !

FBA : Parlez-nous de cette campagne de Ligue des Champions 2008, quels souvenirs en gardez-vous ?

Mikaël Silvestre : C'est une saison très particulière parce que je me blesse en septembre 2007, je me fais les croisés. Patrice Evra commence à s'installer sur le côté gauche, je reviens pour les quarts de finale de Ligue des Champions, mon retour à la compétition c'est contre la Roma à domicile, merci Sir Alex Ferguson pour le cadeau ! Mais ça s'est bien passé, puis en demi-finale on bat Barcelone, le grand Barça de Messi, un Everest pour nous parce qu'on était rarement favoris en Champions League. Avec notre jeu direct basé sur l'énergie, alors que la Champions League convenait mieux aux équipes qui pratiquaient le jeu de possession, on éprouvait des difficultés comme la plupart des clubs anglais. Battre Barcelone c'était une super performance, on avait bien quadrillé le terrain, on avait eu un peu de chance mais on avait mérité notre qualification pour la finale. A Old Trafford je suis rentré dans les dernières minutes du match pour faire une prise à deux sur Messi avec Evra et ça s'était très bien passé !

FBA : Vous avez affronté des grands joueurs, vous en avez également eu comme partenaires, Cristiano Ronaldo, Rooney, Ferdinand... Qui vous a le plus marqué dans ces matchs de Ligue des Champions ? Est-ce que c'est un adversaire, est-ce que c'est un partenaire ?

Mikaël Silvestre : J'ai eu des partenaires fantastiques : Van Nistelrooy, Ryan Giggs, Roy Keane ou encore Ronaldo le brésilien et Roberto Baggio à l'Inter... Des Ballons d'Or dans les équipes ça fait du bien, c'est pratique, on récupère le ballon, on fait une passe et le job est presque fini (rires) ! Mais l'adversaire le plus fort c'est Zidane quand il était à Madrid. Il y avait Ronaldo, Zidane, Raùl, Roberto Carlos dans la même équipe, c'était les Galactiques... Quand je jouais Zidane à Bernabeu, j'étais content de le retrouver en sélection après pour être dans le même camp que lui (les deux joueurs ont plusieurs années en commun en Bleu, Silvestre était dans les 23 lors de la Coupe du Monde 2006, NDLR) ! A mon époque, Zizou était injouable !

Mikaël Silvestre lors de sa deuxième saison à Manchester. Ici avant un quart de finale de Ligue des Champions contre le Bayern, aux côtés de Keane, Giggs, Staam, Barthez, Scholes, Neville, Yorke...
Mikaël Silvestre lors de sa deuxième saison à Manchester. Ici avant un quart de finale de Ligue des Champions contre le Bayern, aux côtés de Keane, Giggs, Staam, Barthez, Scholes, Neville, Yorke... © Maxppp - MATTHIAS SCHRADER/EPA/Newscom

France Bleu Armorique : Puisqu'on parle de légende, vous avez eu pendant de longues années l'un des coachs les plus légendaires de l'histoire du football, Sir Alex Ferguson. Quels conseils de Sir Alex Ferguson pourriez-vous donner à Julien Stéphan avant d'aborder sa première campagne de Ligue des Champions ?

Mikaël Silvestre : Il faut qu'il garde son identité, c'est ce qui fait la force des grands coachs. Ils ont une philosophie, une façon de jouer, et je ne parle pas de système parce qu'il faut être capable de s'adapter à son effectif et à l'adversaire. Mais en terme de philosophie globale, il faut être entreprenant. Même face à Séville et Chelsea, il faut garder l'allant offensif que démontre le Stade Rennais, je pense que c'est sa volonté et j'espère qu'il va garder ça. 

FBA : Quels écueils peuvent rencontrer les Rennais ? Est-ce que la marche peut être trop haute, est-ce qu'il y a des choses auxquelles les joueurs ne s'attendent pas ?

Mikaël Silvestre : D'un côté je suis très peiné que les supporters ne puissent pas se rendre au Roazhon Park, ou du moins dans un nombre très limité. Et d'un autre côté je pense que c'est un avantage pour les joueurs, parce qu'à part la musique de Champions League, il n'y aura pas grand chose qui pourrait intimider les joueurs, comme la ferveur et le 12e homme.

FBA : Donc vous le voyez comme un avantage ? On pourrait également imaginer l'inverse...

Mikaël Silvestre : Oui, je le vois plutôt comme ça.

FBA : On a évoqué vos bons souvenirs à Manchester, est-ce que vous en avez aussi avec Rennes ? Même si l'on sait que votre départ s'est effectué dans des circonstances compliquées**... 

Mikaël Silvestre : Il y a eu de très bons moments, déjà mon arrivée à l'académie, puis mon premier match professionnel en 1995/1996.. Mais avant tout le meilleur souvenir c'est d'avoir contribué au maintien du club en D1 en 1998. Il y a peu de clubs en Ligue 1 qui ont plus de 25 saisons consécutives au plus haut niveau, moi j'ai fait partie de cette génération qui a souffert cette saison là avec le regretté Guy David. A 19 ans, même si je quitte le club derrière pour moi je reste sur une bonne note parce qu'on sauve le Stade Rennais à la dernière journée contre Toulouse, et c'est moi qui fait la passe décisive pour Kaba Diawara qui libère le Stade la Route de Lorient à l'époque ! On avait fait un tour d'honneur, certains pourraient se dire "mais qu'est-ce qu'ils font ils se sont juste maintenus" (rires), mais quel soulagement, c'était fantastique ! 

FBA : Ce n'est pas innocent que vous disiez "Stade la Route de Lorient à l'époque" Mikaël puisque l'on sait que vous avez participé à l'inauguration de ce qui est aujourd'hui le "Roazhon Park". Qu'est ce qui a motivé ce changement de nom lors de votre passage au club ?

Mikaël Silvestre : Quand je suis arrivé au club, les décisions étaient déjà enclenchées. Mais on ne voulait plus avoir le nom d'un autre club pour le stade. Le FC Lorient a son club, son identité, et pour affirmer la notre il fallait un nom qui nous appartienne et le Roazhon park lui va très bien !

Mikaël Silvestre et René Ruello lors du changement de nom du stade en 2015
Mikaël Silvestre et René Ruello lors du changement de nom du stade en 2015 © Maxppp - Philippe Renault/PHOTOPQR/OUESTFRANCE

* Menés 1-0, les Mancuniens vont renverser le match dans le temps additionnel grâce à Sheringham (90+1') et Solskjaer (90+3')

** Comme Ousmane Dabo, il avait rejoint l'Inter Milan en 1998 sans signer de contrat professionnel au Stade Rennais, alors que les règlements de l'époque l'y obligeait. L'affaire avait terminé devant le tribunal, et Rennes avait obtenu une simple compensation financière pour le départ de ses deux espoirs.

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