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Matchs truqués en Ligue 2 : "Je n'avais pas envie de revivre ce que j'ai vécu", confie Pilou Mokkedel

Pilou Mokkedel a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 8 mois de prison avec sursis lors du procès des matchs dit arrangés de Ligue 2 en 2018. Contrairement à Jean François Fortin, l'ex responsable de la sécurité du SM Caen n'avait pas fait appel de cette décision. Il s'en explique.

Pilou Mokkedel a tourné la page et travaille aujourd'hui dans la restauration
Pilou Mokkedel a tourné la page et travaille aujourd'hui dans la restauration © Radio France - Olivier Duc

La cour d'appel de Paris va rendre sa décision sur les matchs dit arrangés de Ligue 2 ce mardi. Vous aviez été condamné à huit mois de prison avec sursis en première instance. Jean François Fortin a décidé de faire appel. Vous ne l'avez pas fait. Pourquoi?

Tout simplement parce que je crois avoir dit tout ce que j'avais à dire. Cela n'a pas suffit pour ne pas être condamnable donc je ne vois pas ce que j'aurais fait au tribunal et surtout ce que j'aurais ajouté.

J'ai dit la vérité. Cela n'a pas suffit à convaincre les juges et le procureur qui étaient d'une façon ou d'une autre à charge.

Vous pensez que ce qui a été dit auparavant était suffisant, que vous ne pouvez pas apporter d'éléments supplémentaires?

Non. Je sais que je ne pouvais pas en amener d'autres. Je n'ai pas menti. J'ai dit tout ce que je savais. J'ai dit la vérité. Cela n'a pas suffit à convaincre les juges et le procureur qui étaient d'une façon ou d'une autre à charge. Je me suis donc abstenu, je n'avais pas envie de revivre ce que j'avais vécu

Qu'avez-vous vécu, justement?

Ce que j'ai vécu, c'est l'horreur. L'horreur parce que c'est l'injustice.  A partir du moment où vous vivez ça, ça m'a coûté très très cher : physiquement, au niveau de mon travail puisque derrière je me suis fait quand même limogé de mon travail. C'est beaucoup de tristesse et je pense que je ne méritais pas ça.

Ce qui nous a mis dans cette galère-là, c'est d'être au mauvais moment avec la mauvaise personne.

Il y a ces phrases lors des écoutes. "Si on n'est pas trop con","un match nul suffirait". Au final ces phrases vous coûtent cher, à vous et Jean François Fortin.

Oui, alors ça ce ne sont pas mes propos. J'ai juste dit à ce président de Nîmes que j'avais au téléphone que le match nul suffisait aux deux équipes et parce que je pense qu'en face de moi j'avais quelqu'un qui n'était certainement pas aussi sain que les gens du SM Caen. Ce qui nous a mis dans cette galère-là, c'est d'être au mauvais moment avec la mauvaise personne. Et voilà ce qui est arrivé.

Ils ont essayé, je pense, de regarder si financièrement je n'avais pas touché de l'argent ou autre. Ils sont allés regarder dans ma cave. Ils n'ont pas vu de Costière de Nîmes.

En quoi se résume l'affaire selon vous? C'est une banale discussion sans mauvaise intention? Quelle est la raison pour laquelle les juges vous ont condamné selon vous?

Je ne sais pas. Je ne sais pas, parce qu'ils ont été incapable de me dire pourquoi je l'aurais fait. Ils ont été incapable de justifier et de prouver que j'aurais pu éventuellement aller convaincre mon président, convaincre l'entraîneur, convaincre les joueurs qu'il faille faire match nul. 

Je ne vois pas l'intérêt que j'aurais eu à le faire. Ils ont essayé, je pense, de regarder si financièrement je n'avais pas touché de l'argent ou autre. Ils sont allés regarder dans ma cave. Ils n'ont pas vu de Costière de Nîmes. Ils étaient très très embêtés. C'est là où derrière j'étais sûr de moi de n'être jamais condamné.

Malheureusement, la justice qui pour moi est l'injustice l'a fait.

Combien de fois cela nous est arrivé de parler en disant "vas-y, tu es bien placé. Laisse-nous ce point-là. Tu parles, t'en as pas besoin.." mais ce sont des boutades.

Est-ce que vous ne payez pas une imprudence dans le sens où vous auriez dû rembarrer les dirigeants de Nîmes ou ne pas en parler au Staff et à votre président?

Non, non. C'est quelque chose qui est presque dans les mœurs. Entre présidents, entre directeurs de la communication ou de la sécurité, combien de fois cela nous est arrivé de parler en disant "vas-y, tu es bien placé. Laisse-nous ce point-là. Tu parles, t'en as pas besoin.." mais ce sont des boutades, ce sont des discussions.

Jamais à aucun moment que ce soit moi ou Jean François (Fortin) on a pu dire à un président, à un entraîneur ou avec qui vous voulez "Tiens laisse nous les points aujourd'hui."

La preuve en est. On est allé de mémoire à un match capital pour le Stade Malherbe à Istres (en 2005) lors de la dernière journée. Il y avait deux anciens Caennais et on a perdu le match alors qu'on avait gagné pratiquement tous les matchs avant qui nous permettaient de penser qu'on allait rester en Ligue 1. Et puis ça ne s'est pas fait.

Si on avait eu à tricher, je pense que cela aurait été plus ce jour-là puisqu'on connaissait tout le monde.

Je ne peux pas changer les choses parce que ce n'est pas moi qui le décide. Donc je subis et je subis cette injustice.

Aujourd'hui, cette affaire est complètement oubliée? Vous avez complètement tourné la page?

J'essaye de ne plus y penser parce que, la preuve, vous venez me voir et vous me faîtes penser à cette histoire. Maintenant, comme je l'ai dit. Ce qui ne tue pas me rend fort. On ne vit pas avec le passé. J'ai un certain âge et cela fait longtemps que je m'étais dit que vivre c'est vivre tous les jours et maintenant.

Donc ce qui s'est passé dans ma vie, je le regrette. Surtout à ce niveau-là. Je ne peux pas changer les choses parce que ce n'est pas moi qui le décide. Donc je subis et je subis cette injustice.

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