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Football

Rachat de l'OGC Nice : c'est "très long", mais c'est "normal" assure un spécialiste

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Par , France Bleu Azur

Un comité d'entreprise extraordinaire est prévu ce mardi matin pour présenter l'offre de rachat de Jim Ratcliffe aux salariés de l'OGC Nice. Cette étape fait partie du processus de rachat, qui semble bien long aux supporters du Gym. "Délai normal" nous assure un spécialiste du droit du sport.

L'entraîneur de l'OGC Nice Patrick Vieira
L'entraîneur de l'OGC Nice Patrick Vieira - Maxppp

Nice, France

Le président de l'OGC Nice Gauthier Ganaye convoque ce mardi matin à 10h un comité d'entreprise extraordinaire pour présenter l'offre de reprise de Jim Ratcliffe et obtenir un avis consultatif des membres du CE. 

Une nouvelle étape obligatoire avant l'officialisation du rachat, qui devrait prendre encore plusieurs semaines. Un délai très long, mais normal selon Didier Primault, spécialiste de l'économie des clubs de football au CDES (Centre de Droit et d'Economie du Sport) de Limoges. Pour France Bleu Azur, il explique les différentes étapes qu'il reste à valider avant l'officialisation et les contours de ce projet qui va battre des records en Ligue 1.

On parle d’un rachat à plus de 100 millions d’euros, un record pour un club français. Pourquoi un tel montant ? 

Didier Primault : "Les clubs français ont été pendant longtemps à la recherche d’investisseurs étrangers et ont été en difficulté pour en trouver, le cas particulier du PSG mis à part. Depuis cette époque, les clubs français et leurs potentiels ont été mieux repérés à l’étranger. Pour de bonnes et de mauvaises raisons. Il y a aujourd’hui deux options possible : l’option de Lille et de Bordeaux où on est sur une logique de s’appuyer sur la capacité des clubs français à former des joueurs et donc baser le modèle sur du « trading ». Et puis l’option sur la durée, comme l’investissement de McCourt à l’OM. Nice me parait être dans cette deuxième situation et je dirai que c’est une bonne nouvelle pour le club."

On peut donc s’attendre à des investissements rapides du côté du Gym ?

D.P : "Potentiellement l’investisseur en a la capacité, après ce sera une question de stratégie de sa part. Il semblerait que ce soit une possibilité mais le mercato est déjà bien avancé et ça paraît compliqué de recruter cet été."

C'est une démarche prudente d'embarquer avec soi les principaux partenaires du club

Un comité d’entreprise extraordinaire est prévu ce mardi matin avec les membres du CE. Que va-t-il se passer ? 

D.P : "Il y a une obligation d’information des salariés pour des choix stratégiques comme celui-là. Mais c’est aussi une démarche prudente qui consiste à embarquer avec soi les principaux partenaires du club, pour pouvoir développer un projet cohérent. Il est bon d’avoir l’adhésion d’un maximum de parties prenantes dans le projet."

Quelles étapes restent-ils avant l’officialisation ?

D.P : "Il y a forcément une mise en contact avec les instances, en particulier avec la Ligue de football et la DNCG (Direction Nationale de Contrôle et de Gestion) puisque le nouveau propriétaire sera celui qui devra assumer les obligations de l’OGC Nice par rapport à ses différents engagements. Les clubs doivent présenter des budgets prévisionnels qui doivent être approuvés par la DNCG. Même si la Ligue n’a pas de capacité de décision dans de tels dossiers, il y a des contraintes qu’il faut satisfaire."

Ce lien fort avec les collectivités locales, ça fait partie des inconvénients quand on veut investir en France

La DNCG peut-elle s’opposer à ce rachat ?

D.P : "Non ça ne peut pas se passer comme ça. La DNCG demande que les budgets soient garantis pour l’année à venir mais elle ne peut pas décider si tel ou tel propriétaire est légitime pour racheter le club. Mais pour être autorisé à recruter le club doit satisfaire aux obligations de la DNCG et présenter un budget réaliste. Si tel n’était pas le cas, il pourrait y avoir des mesures d’interdiction de recrutement, en attendant que les choses se mettent en place et qu’un nouveau budget soit présenté. Cela pourrait être une décision temporaire."

Combien de temps cela va prendre avant l’officialisation ?

D.P : "On voit que dans les différents rachats observés en France, c’est à chaque fois très long, parce qu’il y a beaucoup de parties prenantes qu’il faut informer et mettre dans la boucle. Notamment les collectivités locales, qui ne peuvent pas s’opposer concrètement, mais qui doivent adhérer au projet pour éviter tout problème. Donc effectivement, c’est long et ça fait partie des inconvénients quand on veut investir en France notamment ce lien fort avec les collectivités locales, qu’on ne retrouvera pas forcément dans tous les pays."

Le fairplay financier va limiter de fait l'investissement

Avec le fair-play financier, est-ce plus compliqué d’investir beaucoup tout de suite pour les nouveaux propriétaires ?

D.P : "C’est évident qu’il y a une contrainte supplémentaire pour ces nouveaux propriétaires, mais elle pèse d’abord sur les clubs qualifiés en Europe, puisque le fairplay financier est un outil de l’UEFA. Effectivement pour tous les clubs qui ont une ambition européenne, comme l'OGC Nice, il faut veiller à rester dans les clous par rapport à l’écart qui est autorisé sur trois années entre les recettes et les dépenses, et donc ça limite de fait l’investissement des propriétaires."

Avec ce rachat, l’OGC Nice atteint-il déjà la puissance financière de Lyon et de Marseille ?

D.P : "Potentiellement oui, et pas seulement grâce au propriétaire. Il faut aussi se poser la question du potentiel économique autour du club. Nice, la Côte d’Azur, c’est un support attractif, pour des partenaires de façon générale, notamment internationaux. Au regard de la taille de la ville, de la région, de l’histoire du club aussi, on peut considérer qu’à terme Nice peut s’inscrire dans une compétition durable avec Lyon, Marseille, Lille et peut-être Saint-Etienne."