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Football

SM Caen - Retraite de Rémy Vercoutre : "un cheminement mené depuis longtemps"

jeudi 24 mai 2018 à 8:57 Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin

Rémy Vercoutre a terminé sa carrière en civil sur un dernier tour d'honneur au stade d'Ornano. Après quatre saisons au SM Caen, il restera le gardien le plus capé en Ligue 1 de l'Histoire du club. Retour avec lui sur sa dernière saison professionnelle et sur ses aspirations.

Rémy Vercoutre (ici contre St Etienne) aura gardé les buts caennais pendant quatre saisons
Rémy Vercoutre (ici contre St Etienne) aura gardé les buts caennais pendant quatre saisons © Maxppp - Marc Ollivier

Caen, France

Votre retraite sportive est actée depuis le match contre le PSG (0-0). Elle est également actée dans la tête?

Oui, c'est terminé effectivement depuis samedi soir mais c'est un cheminement que j'ai mené depuis très longtemps. Alors je tiens à m'excuser auprès de vous et de vos confrères qui cette année avez suivi le Stade Malherbe de Caen et m'avez posé régulièrement la question de savoir si j'avais envie de prolonger mon contrat, de continuer à jouer. 

Ma décision est prise depuis presque un an, c'est à dire depuis fin juin-début juillet 2017 avec ma compagne et ma famille. Il était clair que j'allais au bout de mon contrat et que j'allais devenir un ex-footballeur à partir de fin mai 2018. Pour ne pas spécialement qu'on rentre dans le détail et faire une année où tout le monde me disait "Alors c'est votre dernière année", j'ai préféré ne pas l'évoquer tout au long de la saison. Je tiens à rétablir cette vérité parce que je n'ai jamais attendu quoique ce soit de la part du club pour prolonger mon contrat. Je n'ai jamais attendu ça. J'ai un petit peu menti à tout le monde mais c'était pour me préserver et faire en sorte qu'on n'en parle pas toute la saison.

C'était pour éviter un décompte?

C'est exactement ça.  Je ne voulais pas de décompte et je ne voulais pas qu'on me dise "Alors c'est la dernière fois que vous allez à Nice, c'est la dernière fois que vous allez à St Etienne..." Je ne voulais pas de tout ça. Je voulais être dans mon projet et puis qu'on réfléchisse à d'autres problématiques plus collectives et d'équipes. Il y a des questions autres à se poser que qu'est ce qui se passe dans la tête de Rémy Vercoutre. En l’occurrence, on avait déjà pas mal de problèmes à gérer sur le terrain. Il ne fallait pas en rajouter.

Les gens ont été un peu surpris de votre officialisation juste après le match de Monaco (1-2) alors que le maintien n'était pas fait....

(il coupe) Non, je ne suis pas d'accord. Tout le monde a été surpris parce que le coach a repris derrière que ce n'était peut-être pas le moment. A quelle moment faut-il le faire? Le coach à un moment aussi a dit que chacun est maître de sa communication. Et bien si je suis maître de ma communication, ce que je suis et ce que tous les joueurs ont, je peux le dire quand je veux.

Comme j'ai refusé de le dire très tôt dans la saison, je me suis permis de le dire à ce moment-là. Pourquoi l'ai-je dis? Tout simplement parce que c'est Hervé Mathoux de Canal Football Club qui m'a posé la question, qui est quelqu'un que j'apprécie, dans une émission phare dans le football français. Et je n'avais pas envie de le dire à chaque personne. Le dire par son intermédiaire à son antenne, c'était avoir une certain caisse de résonance pour ne pas avoir à en parler à cinquante personnes derrière. Voilà pourquoi je l'ai fait. Pourquoi à ce moment-là? Tout bêtement parce que j'avais envie de le faire à ce moment-là. Il n'y avait aucune réflexion particulière par rapport à ça.

On s'est posé la question de savoir ma blessure, pas ma blessure.... on a vu que j'étais blessé quand même. Je n'ai jamais triché. Quand il a fallu aller il y a un an au Parc des Princes pour sauver notre peau, je ne me suis pas débiné. Il était hors de question pour moi de me débiner mais en l’occurrence j'avais mal à l'épaule. Je ne pouvais pas jouer. Donc je n'ai pas jouer. Je vais même vous mettre dans la confidence. Je me suis fait infiltrer il y'a maintenant trois jours pour éventuellement me préparer à jouer les barrages mercredi ou dimanche prochain si on devait y passer. J'avais malheureusement mal, cette blessure est passée malheureusement à un mauvais moment et surtout au moment de l'annonce, je ne savais pas que j'allais être blessé derrière. Je savais que mon épaule me faisait souffrir mais pas au point de ne pas pouvoir jouer derrière contre Nice et le PSG. Je remet tout cela dans son contexte parce que j'ai entendu tout et n'importe quoi. J'ai des amis qui sont Caennais et qui m'ont clairement posé la question "mais est-ce une blessure diplomatique?" Non, il n'y a rien de diplomatique là-dedans. J'avais mal, je ne pouvais pas jouer et derrière il y a avait une saison à sauver et c'est ce qui a été bien fait par les collègues.

Dans votre malheur, vous avez quand même pu faire vos adieux au Stade d'Ornano et être célébré par le public, ce que beaucoup de joueurs en fin de contrat n'ont pas pu faire par exemple l'année dernière.

Cela aurait été un crève-cœur de ne pas saluer le MNK notamment, les supporters parce que j'ai passé quatre belles années ici. Je me suis vraiment éclaté tous les quinze jours à rentrer sur le terrain et à défendre les couleurs à d'Ornano et puis à l'extérieur aussi mais ce n'est pas forcément toujours la même saveur quand on est pas devant notre public. Je ne savais pas vraiment d'ailleurs si j'allais pouvoir le faire parce que le contexte était un peu difficile. C'est super, on se sauve. J'ai pu aller sur la pelouse avec mes enfants pour saluer le public. Cela me tenait énormément à cœur. Et puis je suis un petit peu chanceux d'avoir pu faire ça parce qu'à l'image de ce que Nicolas Seube a subi l'an dernier, il n'a pas pu le faire. Je sais que cela a été difficile à vivre pour lui, pour nous aussi ses collègues. J'irai un peu plus loin. Il y a des personnes qui auraient mérité aussi cet hommage samedi soir au même titre que moi. Je pense à un mec comme Damien Da Silva, Julien Féret... Même le coach. Je pense que cela aurait été quelque chose de bien de saluer toutes ces personnes qui quittent le club ou vont le quitter parce que dans la difficulté, tout le monde a fait front. Aujourd'hui, le club est en Ligue 1. Même si tout n'a pas été rose cela doit être une fierté pour tout le monde. L'aventure pour le club continue, c'est une grande chose. Les joueurs sont de passage, les supporters ne le sont pas. Ce sont des gens qui font partie intégrante de l'institution et nous quand on est de passage il faut transmettre le relais de la meilleure manière. C'est ce qui a été fait par pas mal de joueurs. Moi j'en suis fier et heureux parce que j'ai aimé jouer pour le Stade Malherbe et pour les supporters.

Le club tourne une sacrée page avec votre départ, le départ de joueurs emblématiques, le départ du président Fortin et de Patrice Garande

Oui il y a beaucoup de remue-ménage. On peut d'ailleurs regretter le timing. Alors j'ai bien entendu que ce n'était pas quelque chose de choisi. Je pense qu'il y avait peut-être d'autres moyens que de faire autant de tapage autour de tout ça. Je pense aussi réellement que ça a pu jouer sur les performances des joueurs à un moment donné. C'est très dommageable. Je ne connais pas les personnes qui vont prendre les rênes. Par contre je connais la personne qui va s'en aller : le président Fortin. C'est quelqu'un pour qui je suis venu parce que son discours était clair, prenant et quand il m'a fait venir ici avec Xavier Gravelaine et Alain Cavéglia et le coach aussi, on a matché tout de suite.

On avait discuté au coin d'une table. Il m'avait convaincu de venir et je ne le regrette pas aujourd'hui. Je sais qu'il est très triste et malheureux et je le suis aussi parce que c'est un grand président, une très bonne personne. Je pense que les gens ne savent pas à quel point il a tenu à bout de bras le club dans certains moments difficiles. Je trouve presque injuste de partir de cette manière. Voilà maintenant je ne suis pas là pour juger. Je ne suis et je n'étais qu'un simple joueur du Stade Malherbe donc toutes ces pérégrinations administratives me dépassaient mais je veux juste lui tirer un coup de chapeau parce que j'ai aimé être un des joueurs de Jean François Fortin.

Vous êtes natif du Nord mais vous êtes considéré comme Lyonnais et vous avez travaillé en Normandie pendant quatre saisons. Où passerez-vous votre retraite?

Dans les mois qui viennent, je vais quitter la Normandie et rallier Lyon parce que j'ai un cercle d'amis là-bas et surtout j'ai mes trois grands enfants qui y habitent. Je vais rapprocher ma cellule familiale de celle de mes enfants pour pouvoir les voir grandir un peu plus, de me rapprocher d'eux. Ils ont beaucoup besoin de moi. Pendant quatre ans on a été éloigné, on a été en difficulté parfois de vivre des moments sympas. On a tous fait beaucoup de sacrifices pour ma carrière. Aujourd'hui il est temps et il est l'heure de tous se rejoindre et se rallier notamment sur Lyon. On verra pour quoi, je ne sais pas encore pour le moment. en tout cas d'un point de vue vie, ce sera là-bas.

Comment voyez-vous votre reconversion? Comme un Brahim Thiam à la télé ou comme un Nicolas Seube à coacher?

Je n'ai pas envie pour le moment repartir sur le terrain. Je n'ai pas envie de repartir dans un projet où je serais sur le banc de touche par exemple. Ce n'est pas quelque chose qui me titille. Il ne faut jamais dire jamais.. or je ne dis pas jamais (rires). On verra mais pour l'instant ce n'est pas ce qui me branche le plus. J'ai bien sûr été contacté pour certains poste ou par certaines entreprises. On verra ce qui va se passer. Je n'ai pas encore bien tranché. Cela se discute. J'ai surtout envie maintenant de prendre un peu de temps pour moi. Cela va être la première fois depuis quinze ans que je peux partir en vacances avec mes enfants aux mois de juillet-août parce que ce n'est pas possible pour un footballeur de faire ça. Donc je vais profiter d'eux et puis après on verra bien vers quelle aventure je vais me diriger.

Même si vous faîtes un métier qui fait rêver et que vous avez vécu cette carrière, il y'a toujours à un moment une usure par rapport aux obligations que cela peut entraîner en terme d'entretien, de charges de travail....?

Oui, on a des vies assez sympa pour ne pas dire très sympa mais avec beaucoup de contraintes. Aujourd'hui, ces contraintes je vais m'en libérer et profiter un petit peu notamment je vous le disais par rapport aux côtés familiales. Je vais pouvoir manger un petit peu ce que je veux, boire un petit coup de temps en temps. Ça va faire du bien parce que quand on est un vieux footballeur, il faut faire attention à tout. J'ai essayé un maximum de gérer tout ça. Là, certains plaisirs de la vie qui m'était un petit peu refusé, je vais pouvoir en profiter.

S'il y avait un match, un souvenir ou un événement à retenir pour vous, ce serait lequel?

Il y en a plusieurs mais j'ai aimé gagner contre Lyon la première année où j'étais ici. On avait gagné trois à zéro. Je trouve que c'était assez symbolique. J'avais fait un bon match. C'était assez symbolique de voir que j'étais impliqué à 100% pour le Stade Malherbe. Lyon à l'époque jouait le titre. Nous, on essayait de se sauver et je n'avais pas fait de cadeaux aux Lyonnais. Je pense que cela a un petit peu aidé à rentrer dans le cœur des supporters et j'en suis fier. 

Le match l'an dernier pour se sauver à Paris a été très important. J'en garde un grand souvenir. Il y avait une grande pression. On a réussi à faire quelque chose de bien. Les victoires à Marseille aussi étaient sympas. Il y'a beaucoup de souvenir et surtout de liens d'amitiés et d'affection qui se sont tissés tout au long de ces années avec l'encadrement, les administratifs du club, les intendants, les kinés, les docteurs.... Je ne réussi à m'épanouir que quand je suis avec des gens avec qui je m'entends et que j'aime. Et j'ai eu de la chance pendant quatre ans d'avoir ça autour de moi. C'était épanouissant et assez jouissif. J'en profite pour remercier les supporters de leur soutien. J'ai adoré porter leurs couleurs. J'espère qu'ils ont été aussi fier de moi de ce qu'on a pu faire. Alors oui il y a eux de la difficulté. Je sais que je ne suis pas le meilleur et le plus doué des gardiens mais j'y ai mis tout mon cœur et je reviendrai ici avec grand plaisir parce que le stade Malherbe et la ville de Caen ont marqué ma vie.