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Retrait de King Street de Bordeaux : pour Bixente Lizarazu, "le coup de hache définitif pour tuer le club"

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Bixente Lizarazu se dit "choqué", parle de "scandale absolu" après le retrait de King Street des Girondins de Bordeaux, annoncé ce jeudi. Pour l'ancien défenseur latéral formé au club, champion du monde 1998, il faut maintenant "analyser la chaîne des responsabilités".

"Le football est devenu fou" déplore Bixente Lizarazu.
"Le football est devenu fou" déplore Bixente Lizarazu. © Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN

Les Girondins de Bordeaux lâchés par leur actionnaire américain King Street. Le club de foot phare de la région est placé sous la protection du tribunal de commerce. Un coup de tonnerre alors que les Girondins jouent leur survie en Ligue 1 dimanche à Lorient. La réaction de Bixente Lizarazu, le champion du monde 98 formé aux Girondins.

France Bleu Gironde : Comment vous vous sentez ce matin après la claque d'hier soir? 

Bixente Lizarazu : Choqué. Choqué. Parce que je m'attendais pas à cette décision. On est à cinq journées de la fin du championnat. La situation des Girondins est grave. Sportivement, déjà, alors que les joueurs ont besoin d'être dans un climat apaisé. Et là, c'est le coup de hache définitif pour tuer le club, de décider de lâcher ses engagements comme King Street a pu le faire. C'est un scandale absolu. Dans l'histoire du foot, j'ai rarement vu un type de situation comme ça. Alors c'est vrai qu'on est dans un football moderne avec des investisseurs étrangers, dont ne sait pas grand chose, mais imaginer qu'ils puissent se désengager en pleine saison, et surtout à cinq journées de la fin, dans une situation aussi critique, c'est inacceptable !

C'est un des premiers clubs victimes de ce football qui a complètement pété un plomb

Le club est en train de couler ? 

Ecoutez, j'en sais rien. Personne ne le sait. Le club est entre les mains du tribunal de commerce. Donc, il y a la possibilité que quelqu'un le reprenne. Mais dans quelles conditions reprendre ce club ? Parce qu'il y a des dettes énormes, colossales. Parce que la gestion a été catastrophique. Ensuite, il faut avoir énormément de moyens, énormément d'argent pour financer un club, le fonctionnement d'un club, acheter des joueurs, les salaires, les transferts. Qui a ça? Il faut être très, très riche. Soit une grosse entreprise, soit un milliardaire. Il faut avoir énormément de moyens. 

Bixente Lizarazu, finaliste de la Coupe de l'UEFA avec les Girondins face au Bayern Munich, en 1996, au parc Lescure.
Bixente Lizarazu, finaliste de la Coupe de l'UEFA avec les Girondins face au Bayern Munich, en 1996, au parc Lescure. © AFP - DERRICK CEYRAC

On ne se rend pas compte à quel point il faut beaucoup d'argent aujourd'hui dans le foot. Le problème, c'est que l'on est rentré dans une surenchère. C'est à dire que des clubs emblématiques comme les Girondins de Bordeaux peuvent se retrouver au tribunal de commerce en l'espace de peu si de temps. C'est de la même façon, ce que ce qu'on a pu voir avec l'histoire de la Super League. C'est un peu dans cette mouvance du football dans la surenchère permanente, qui est un petit peu dans la folie ou ce que l'on a pu voir avec Mediapro sur les droits et les clubs français ; des présidents de clubs qui font tout le temps la surenchère pour avoir plus d'argent. Et au final, il n'y a plus d'équilibre. Je pense qu'il faut qu'on revienne un peu à quelque chose de beaucoup plus raisonnable, équilibré, stable. Les Girondins, en tout cas, c'est une des premières victimes de ce football qui a complètement pété un plomb. 

La crise sanitaire, les difficultés liées à Mediapro, il peut y avoir d'autres situations comme les Girondins de Bordeaux dans le foot français, à l'avenir ? 

Mais c'est sûr. L'histoire de la Super League, pour moi, c'est un peu la même chose. Il y a des clubs qui disent "on n'a pas assez d'argent aujourd'hui pour payer nos joueurs, pour acheter les meilleurs joueurs", mais ils n'ont qu'à réduire leur train de vie plutôt que de toujours vouloir plus d'argent, quitte à déséquilibrer tout le système ! Donc oui, je suis assez inquiet. Il va falloir analyser ce qui s'est passé. La chaîne des responsabilités : de la vente de M6 à l'achat de King Street et GACP. Tous les responsables. Ceux qui ont validé cet achat et notamment les responsables politiques, M6 qui a vendu, ensuite GACP qui a fait n'importe quoi dans la gestion au départ puis King Street qui a démontré son incapacité à gérer un club de foot. Se dire comment on peut vendre un club comme les Girondins de Bordeaux à des gens qui n'ont pas les compétences pour ça ? 

C'est quoi ce cynisme ?

Est-ce qu'on ne peut pas mettre des garde-fous à ça? Est ce qu'on ne peut pas mettre un système qui évite ce genre de catastrophe? Parce qu'aujourd'hui, on ne connaît même pas le visage de King Street. Et King Street, je viens de voir l'information ce matin, apparemment, serait prêteur à l'Inter de Milan de 200 ou 250 millions d'euros. Mais c'est quoi ce cynisme là ? Les mecs, ils lâchent les Girondins à cinq journées de la fin et ils sont prêts à prêter 200 à 250 millions d'euros à l'Inter de Milan. Mais il faut arrêter tout ça ! Parce que, ce qui arrive aux Girondins de Bordeaux, ça peut arriver à n'importe quel club. On a vu à Marseille, ça a été un peu tendu. La situation de Nantes n'est pas bonne. La situation de Saint-Etienne n'est pas bonne. Il y a beaucoup de clubs qui sont en difficulté et ce n'est pas que la faute du Covid. Ce n'est pas que la faute du problème des droits. Pour moi, c'est la faute d'une surenchère qui fait que tous les clubs vivent au dessus de leurs moyens. 

Est-ce que, vous, en tant qu'ancien des Girondins de Bordeaux, vous pouvez vous engager pour le club ? 

Attendez, les Girondins de Bordeaux vont au tribunal de commerce. Moi, je viens de l'apprendre. Donc je ne sais pas, je ne sais pas vous dire comment on fait pour que tout ça n'arrive plus, globalement. Parce qu'il ne faut plus que ça arrive aux Girondins de Bordeaux. Je vous ai dit, il faut déjà analyser la chaîne des responsabilités, et faire en sorte que si un repreneur arrive, il montre qu'il a les capacités, les moyens, le cadre et l'esprit. Qui peut faire ça? Je n'en sais rien. Ensuite, vous vous me dites moi, joueur de foot, ex-joueur de foot ou d'autres joueurs de foot, mais on ne s'appelle pas Bill Gates ! Il faut beaucoup d'argent. 

Utiliser votre image ? 

Oui, oui, ça peut être ça mais c'est complexe. Acheter un club de foot, c'est complexe. Gérer un club de foot, c'est complexe. Moi, j'y suis depuis 20 ans. Le football que j'ai connu, n'a plus rien à voir. Aujourd'hui, le football est devenu fou, violent. Même les supporters sont devenus excessifs. Plein de choses ont changé. Ce qui rend cet environnement pas facile.  

Vous qui avez si souvent chaussé les crampons dimanche à Lorient, vous feriez quoi à leur place ? Vous sortez du vestiaire ou pas ? 

On vient de leur annoncer que le club est au tribunal de commerce, que le propriétaire a tout lâché. Vous pensez que psychologiquement, c'est facile ? C'est très, très difficile. Quand un club est mal géré, quand il y a de l'instabilité, quand il y a un manque de clarté, quand il y a des problèmes, ça se traduit au niveau du sportif, toujours. 

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