Football

EXCLU FRANCE BLEU | Romain Peugeot : « J’ai proposé un projet de reprise pour le FCSM »

Par Jérémie Pignard, France Bleu Belfort-Montbéliard mardi 8 septembre 2015 à 19:10

Romain Peugeot (à gauche) avec Roland et Eric Peugeot, son père.
Romain Peugeot (à gauche) avec Roland et Eric Peugeot, son père. © Max PPP

Invité exceptionnel du Club Sochaux ce lundi 7 septembre, Romain Peugeot, arrière petit-fils du fondateur du club Jean-Pierre Peugeot, a confié avoir présenté un projet de reprise lors de la mise en vente du FCSM. Malgré l’échec, le jeune homme de 25 ans reste passionné et attentif au sort du club.

Samedi 17 mai 2014. Il est un peu plus de 23h et Bonal pleure. Sochaux vient de se faire gifler par Evian et se retrouve condamné à la Ligue 2. Dans les couloirs de Bonal, un garçon de 24 ans file au vestiaire et retrouve des joueurs sochaliens abasourdis. Son discours est saisissant et se veut porteur d’espoir. Romain Peugeot (à gauche sur la photo) dévoile toute la passion qu’il entretient pour ce club fondé par son arrière grand-père 86 ans plus tôt.

Quelques jours plus tard PSA, actionnaire et propriétaire historique du FCSM annonce la vente du club. S’en suit un long silence de la famille Peugeot. « Christian Peugeot ne s’est pas exprimé sur le sujet car il pilotait la reprise du club. Du côté de la branche fondatrice, mon père (ndlr Eric Peugeot, au commande du club durant de nombreuses années) a préféré se retirer de la scène footballistique. Mais il était évidemment déçu, comme moi », explique Romain Peugeot. Pour cet amoureux du club depuis le plus jeune âge, l’annonce de la mise en vente du bien familial est un coup dur. _« Je ne vous cache pas que de la part d’une société comme PSA qui fait quand même des chiffres mirobolants, je n’aurai jamais imaginé que l’on puisse se détacher du football et du FCSM. Pour la simple et bonne raison que l’attache qui nous lie avec ce club, et je ne parle pas au passé, est beaucoup plus forte que celle que l’on a pu avoir dans d’autres secteurs. Donc on ne s’est jamais dit que c’est quelque chose qui allait vraiment arriver. _»

"On m'a dit que c'était trop tard"

Mais comme en témoigne son intervention dans les vestiaires après le match contre Evian, le jeune homme est plein de fougue et n’a pas froid aux yeux. Travaillant pour un fond d’investissement anglais, il n’est pas lié à l’entreprise PSA. Grâce à ses contacts dans le football et la finance, l’arrière petit-fils de Jean-Pierre Peugeot, fondateur du club, s’empresse de bâtir un projet de reprise. « L’idée était de pouvoir faire venir des investisseurs. J’avais l’accord de sociétés américaines qui avaient des franchises dans plusieurs sports aux Etats-Unis. C’étaient des gens extrêmement fiable d’un point de vue sportif et financier et qui auraient accepté de laisser à ma famille l’actionnariat du club. J’ai cherché le maximum de solutions possible pour que ma famille reste dans cette histoire transgénérationnelle ». Il dépose alors ses dossiers sur les bureaux des personnes concernés à PSA, avenue de la Grande Armée à Paris. La réponse fuse : « trop tard ». PSA a alors déjà entamé les discussions avec les chinois de Ledus. « Ça s’est arrêté là assez vite », lâche Romain Peugeot, la voix teintée de regrets. « Ça n’a pas fonctionné, ça ne veut pas dire que l’histoire est terminée », poursuit le jeune homme.

"Nous serons toujours au tournant"

Il reste évidemment supporter du FCSM et tout n’est pas à jeter dans la révolution instaurée par le changement d’actionnaire. Romain Peugeot trouve par exemple le nouveau logo « absolument superbe ». Ledus ? Dans les intentions qu’il lit ça et là, il constate que les nouveaux propriétaires n’ont pas l’intention de n’être que de passage. « Mon arrière-grand père a créé ce club, qu’il appartienne à Ledus ou à PSA, ça ne change absolument rien à ce que je ressens pour ce club et cette région. Ça coule dans mes veines. C’est quelque chose sur lequel nous aurons toujours un œil, nous serons toujours au tournant… »

La branche Jean-Pierre Peugeot ne lâchera pas et n’entend pas succomber à la résignation Son projet de reprise n’aura pas été un coup d’épée dans l’eau. Il marque peut-être tout simplement la naissance d’un projet futur et d’une ambition. « Je suis la dernière génération de la famille qui a créé ce club, j’ai 25 ans et le temps devant moi… et chacun a ses rêves… »

L'entretien exclusif complet de Romain Peugeot avec Jérémie Pignard