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Football

SM Caen - Durel Avounou - "Je finis tous mes matchs de Ligue 1 avec un coup reçu de l'adversaire"

jeudi 31 août 2017 à 10:17 Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin

Durel Avounou découvre la Ligue 1 avec le SM Caen, son club formateur. Avec 3 titularisations et 1 entrées en jeu en 4 journées, le jeune milieu congolais est récompensé pour son travail avec la réserve. Il est également en sélection cette semaine avec le Congo-Brazzaville.

Durel Avounou (ici balle au pied face à St Etienne) : " Tout ça, c'est le travail qui paye"
Durel Avounou (ici balle au pied face à St Etienne) : " Tout ça, c'est le travail qui paye" © Maxppp - Marc Ollivier

Caen, France

C'est votre troisième année au SM Caen?

Je suis venu du Congo-Brazzaville.Je suis venu en France jouer une compétition à Rezé, au tournoi des réserves, où on a fini troisième. C'est là que le Stade Malherbe m'a repéré pour faire mon lycée à Caen. J'ai obtenu mon contrat et voilà, je suis là.

C'est le travail qui paye. En réserve, l'année dernière, j'ai pratiquement joué tous les matchs

Comment avez vous réagi quand le SM Caen vous a proposé d'intégrer son centre de formation?

A la base, je venais déjà en France mais pour les vacances. Ma mère m'avait dit de rester en France chez mon oncle pour trouver une solution et jouer au foot. Je n'étais pas bien, c'était mon oncle et pas mes propres parents. J'ai dit à ma mère que je ne voulais pas rester. J'étais obligé de rentrer quand j'ai obtenu mon contrat. J'ai rappelé ma mère et je lui ai dit que c'était mieux parce que là-bas j'aurai mes propres revenus. J'habiterai tout seul, je gagnerai ma vie. Je pourrai rester tout seul là-bas, il n'y aura pas de soucis. Mais je ne voulais pas rester chez mon oncle sans rien faire, sans travail, tu attends qu'on te donne quelque chose. Voilà pourquoi je ne voulais pas rester en France au début. J'ai mon oncle, ma cousine et mon cousin en France. Ma mère vient souvent en France mais elle ne fait que les allers-retours parce qu'elle travaille au trésor public au Congo-Brazzaville. Elle vient en France juste pour les vacances ou faire des achats.

Makengo n'a pas fait de la magie pour jouer en Pro. Yann (Karamoh) non plus. Alors pourquoi pas nous?

C'est allé très très vite puisque vous êtes rentré dans le groupe en avril dernier. Et cette année vous avez enchaîné sur vos premières titularisations.

Oui mais tout cela, comme on dit, c'est le travail qui paye. En réserve, l'année dernière, j'ai pratiquement joué tous les matchs. Je n'en ai manqué que deux si je ne me trompe pas et le reste des matchs j'ai joué 90 minutes à chaque fois. Il y avait vraiment du jeu en moi et je jouais souvent. Je trouve cela un peu logique parce que j'avais vraiment du temps de jeu en réserve. J'étais vraiment efficace. C'est pour cela que le coach me faisait souvent confiance en réserve. Et après, quand tu montes là-haut, tu gardes ce même rythme. Ça peut aller vite.

En réserve, on n'a pas l'habitude de jouer comme cela : en Ligue 1, il y a des supporters, il y a des médias... il faut être capable de gérer. Ce n'est pas facile mais on va s'accrocher.

Il y a en terme de motivations les exemples de Jean-Victor Makengo, de Yann Karamoh...

Exactement. C'est une grande motivation pour nous, les jeunes, parce qu'on doit prendre leur exemple. Makengo n'a pas fait de la magie pour jouer en Pro. Yann non plus. Alors pourquoi pas nous? Voilà pourquoi quand on monte là-haut, on essaye de se libérer, de jouer au foot et de prendre du plaisir. Je sais que ce n'est pas facile pour les jeunes qui viennent de découvrir le monde professionnel. En réserve, on n'a pas l'habitude de jouer comme cela : il y a des supporters, il y a des médias... il faut être capable de gérer. Ce n'est pas facile mais on va s'accrocher.

Quelle est votre motivation profonde, qui permet de vous surpasser?

Je pense à ma famille. Je ne l'ai pas vraiment ici en France. Quand je suis là, il faut charbonner. Je travaille pour ma famille pour ensuite gagner ma vie.

Au premier match, j'avais un petit peu peur avec la découverte de la Ligue 1 (...) Pour le deuxième match je me suis un peu libéré et j'ai commencé à jouer.

Il y a eu cette première titularisation à Montpellier (0-1) le jour des hommages à Loulou Nicolin et la première à d'Ornano face à St Etienne (0-1). Qu'est ce qui a été le plus fort ou le plus impressionnant?

C'était le premier match. C'était le plus impressionnant parce que le deuxième match je me suis un peu libéré. Il y avait un peu de confiance. Je commençais à prendre un peu mon rythme. Le premier match, ce n'était pas trop ça. J'étais à courir de partout, à défendre, tout ça. Je ne prenais pas de plaisir. Au deuxième match, chez nous, les supporters poussent. Ça m'a fait du bien. dommage qu'on ai perdu. J'étais plus motivé au deuxième match qu'au premier. Au premier match, j'avais un petit peu peur avec la découverte de la Ligue 1. Ce n'était pas facile de gérer tout ça, surtout à l'extérieur.Il n'y a pas de supporters, on ne vous pousse pas. Ce n'était pas facile pour moi. Par contre pour le deuxième match je me suis un peu libéré et j'ai commencé à jouer. Je venais jouer au ballon, je venais le demander, j'organisais le jeu. Je prenais du plaisir en fait.

Vous avez réussir à dormir après votre première titularisation en Ligue 1?

Après un match, c'est trop dur pour moi de dormir. Même en réserve, surtout quand je fais un sale match ou que je rate trop de passes. Je ne pense qu'à ça. Forcément, au premier match, je me rappelle qu'il y avait du déchet. Je n'étais pas bien.

Milieu excentré, ce n'est pas mon truc parce que je n'ai pas les capacités pour percuter, provoquer. Je suis plus à stopper, faire la passe, organiser et trouver les espaces

Vous avez joué en sentinelle devant la défense lors des deux premiers matchs et vous êtes rentré sur le côté face à Lille (2-0) pour remplacer Vincent Bessat, blessé. Vous ne vous êtes pas posé de questions en entrant sur le terrain?

Franchement, vu la situation avant la pause, c'était vraiment difficile. Le coach a regardé le banc de touche. Il n'y avait pas vraiment de milieu excentré. Pendant la préparation, j'avais joué milieu excentré deux matchs. Le coach m'a dit de tout donner. Il sait bien que je n'ai pas les qualités offensivement pour aller percuter, dribbler.... J'en suis moi-même conscient. Je n'ai pas ses qualités-là. Du coup, j'ai gardé mon énergie vu qu'on avait l'avantage plus pour défendre que pour attaquer. Je me suis adapté, j'ai fait ce que je pouvais. Milieu excentré, ce n'est pas mon truc parce que je n'ai pas les capacités pour percuter, provoquer. Je suis plus à stopper, faire la passe, organiser et trouver les espaces mais faire les appels de balle et les efforts-contre efforts sur le côté ce n'est pas trop mon truc. J'ai fais ce que j'ai pu. Ce n'est pas mon poste.

Si le coach me met titulaire et me met ensuite remplaçant, je dois me poser des questions et me remettre en question.

Il n'y a pas eu de frustration de ne pas enchaîner une troisième titularisation?

Non. Pour moi, c'est une motivation parce que je me pose des questions. Si le coach me met titulaire et me met ensuite remplaçant, je dois me poser des questions et me remettre en question. Je suis conscient que j'ai joué des matchs où il y a eu pas mal de déchets. Je dois tout donner pendant les séances pour m'améliorer.

Quels sont vos objectifs pour cette année maintenant que vous avez mis un pied dans le groupe pro?

Jouer le plus de matchs possible. Parce que quand tu joues beaucoup, tu gagnes du temps de jeu et c'est important pour un jeune joueur. Il n'y a pas beaucoup de jeunes joueurs qui reçoivent de leur entraîneur du temps de jeu. Le coach compte sur moi, je ne dois pas le lâcher. Je dois continuer à travailler.

L'adversaire ne fait pas de cadeaux. Tout est permis là-bas

C'est un gros changement de passer de la 5e division avec la réserve du SM Caen à la Ligue 1?

Franchement, il y a une grosse différence en terme d'impact, ça n'a rien à voir avec le CFA 2, et puis ça va à 2000 à l'heure. Ce n'est pas facile. Chaque match que je joue, je finis toujours avec un coup reçu. J'ai toujours un peu mal. Je sais qu'avec le temps, cela va s'améliorer. L'adversaire ne fait pas de cadeaux. Tout est permis là-bas.

La Ligue 1 va à 2000 à l'heure

Vous êtes appelé pendant la trêve internationale avec la sélection du Congo-Brazzaville pour affronter le Ghana, l'une des meilleures équipes d'Afrique. La sélection, c'est aussi une expérience importante?

Il y plus de jeunes joueurs en sélection congolaise, qui jouent en France. Il reste des cadres mais il leur reste deux ou trois ans. On est en train de construire un groupe et voir ce que cela va donner à l'avenir. Cela me permet de vivre une autre expérience. On découvre juste la sélection. Je ne me prends pas trop la tête pour les résultats. Fae à des équipes comme le Ghana, cela nous fait du bien même s'ils sont plus fort que nous. On joue pour gagner plus d'expérience. Jouer avec les grands joueurs, c'est ça qui va nous faire du bien.